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Assises : 150 jeunes rêvent leur avenir


Tahiti, le 2 décembre 2023 – Ils étaient environ 150 jeunes de 14 à 28 ans et de tous horizons à avoir répondu présents ce samedi 2 décembre sous le chapiteau de la présidence pour les Assises de la jeunesse organisées par le ministère de Nahema Temarii. Ils ont pris part à différents ateliers pour construire leur avenir rêvé et aider ainsi à l'élaboration d'un schéma directeur pour les dix ans à venir. 
 
 
Qu'ils soient étudiants, internes, en décrochage scolaire, issus de quartiers prioritaires, de confessions religieuses, en situation de handicap, mais aussi des jeunes porteurs de projets, des agriculteurs, des artisans, ou même des jeunes parents, le ministère de la Jeunesse et des Sports a souhaité convier un panel très diversifié et très large pour prendre le pouls de la jeunesse polynésienne.
L'idée étant de mettre en adéquation leurs réalités et leurs besoins avec le schéma directeur que le ministère veut mettre en place pour les dix prochaines années. Et c'est sous le chapiteau de la présidence qu'environ 150 jeunes âgés de 14 à 28 ans ont pu échanger, ce samedi 2 décembre, pendant cette journée des Assises de la jeunesse organisée sous forme d'ateliers et de jeux.

“C'est une journée construite autour d'un voyage. Ce matin, ils ont travaillé sur un futur désiré, un futur rêvé en 2033, leur jeunesse idéale dans dix ans… Ensuite ils vont travailler sur les forces et les talents pour y arriver, mais aussi sur les freins qui les en empêchent ; leurs besoins aussi”, explique Nanihi Masson, conseillère technique auprès de la ministre Nahema Temarii.
 
Fixer un cap pour les dix prochaines années
 
À la mi-journée, une première restitution avait déjà été faite avec notamment des fresques illustrant la vision de cette jeunesse sur leur futur idéal pour les dix ans à venir. La violence ou plutôt comment y mettre un terme, mais aussi le soutien familial, la culture, l'envie de voyager, l'argent, le bannissement de la drogue... énormément d'idées sont ressorties.
Ces Assises serviront de point de départ au canevas que veut tisser le ministère pour mener à bien sa future politique publique de la jeunesse.

“C'est le début de la démarche consultative que l'on veut mener dans tous les archipels, puisque les besoins ne sont pas forcément les mêmes pour les jeunes de Tahiti et ceux des îles, afin de collecter des préconisations d'actions”, a précisé Nanihi. Cela ne se fera pas forcément sous le même format mais l'objectif est le même : fixer un cap pour les dix années à venir et parvenir à l'élaboration d'un schéma directeur de la Jeunesse pour qu'il soit adopté par les élus de l'assemblée d'ici le deuxième semestre 2024.

Heimanu Manutahi, étudiant en langues polynésiennes
 
“Je représente l'université de Polynésie française aujourd'hui où j'étudie les langues polynésiennes. Par rapport à l'atelier de ce matin, mon avenir c'est déjà de trouver un travail. Au sein de ma filière je vise les métiers de l'enseignement ou du journalisme... Je verrai après où je me sens le mieux. Et ensuite, construire sa vie petit à petit, c'est-à-dire un terrain, une maison, de quoi vivre…”
 
Comment tu vois la Polynésie dans dix ans et comment tu te vois dans cette Polynésie ?
 
“Une Polynésie submergée, il faut le dire. Chaque année on observe cette tendance : il n'y a presque plus de terres, surtout ici à Tahiti où on accueille beaucoup de personnes qui se plaisent. Des personnes venues de l'extérieur qui s'installent et en même temps, on a des personnes qui habitent dans des logements réduits dans des lotissements. Voilà, donc je vois une Polynésie vraiment compliquée dans dix ans, surtout au niveau du foncier qui coûte déjà très cher aujourd'hui. Donc il faut se préparer maintenant. On est en train d'identifier les freins justement et ce qui revient le plus souvent c'est le problème financier. Tu ne peux pas continuer tes études sans avoir de bourse parce qu'il va falloir financer le logement, de quoi survivre le mois, et aussi les procédures administratives qui prennent du temps.”

Hoani Pouguet, photographe patentée 
 
“J'ai 25 ans, je suis originaire de Moorea et j'ai répondu à l'invitation de Nanihi Masson pour assister à cette journée pour découvrir les différents ateliers, échanger avec d'autres jeunes, et voir comment ça se passe.”
 
Quel est ton avenir rêvé ? Comment tu te vois dans dix ans ?
 
“Moi ce que je veux surtout dans le futur c'est qu'il n'y ait plus de violence. Il y en a trop en ce moment. Les moqueries, les jugements sur le physique ou le mental. Tout ce qui touche la personne. Il y a beaucoup de méchanceté aujourd'hui, et beaucoup problèmes de famille aussi. Et puis, il y a l'envie de voyager, mais c'est difficile parce que beaucoup sont dans la pauvreté. Personnellement dans dix ans, je me pose aussi la question. Mais je sais que sans la confiance en soi et la communication, on ne pourra pas avancer dans la vie. C'est très important.”

Rédigé par Stéphanie Delorme le Lundi 4 Décembre 2023 à 08:23 | Lu 585 fois