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Assemblée : Marcel Tuihani porte plainte contre les "enfants gâtés"



PAPEETE, 12 février 2018 - Mis en cause par une lettre ouverte aux représentants de l’Assemblée, cosignée vendredi par une soixantaine d’agents de l’institution, et publiée le jour même, le président de l’Assemblée a annoncé lundi son intention de déposer dans la journée plainte pour diffamation.

"Vous êtes des nuls, incompétents, sales nantis ! ; Au prix où vous êtes payés, vous ne savez rien faire ! ; Tu gagnes trop pour ce que tu fais : ton travail au Pays ne relèverait même pas d’un agent de catégorie C ! ; Qu’est-ce que tu fous toute la journée ? Vous êtes des fainéants !" : tels sont les propos que prête au président de l’institution la lettre ouverte aux représentants cosignée vendredi par 56 des 119 agents de l’Assemblée de la Polynésie française et publiée le jour-même par nos confrères de Radio 1.

En toile de fond, une réforme du fonctionnement des services de l’Assemblée initiée en 2015 par Marcel Tuihani et qui, visiblement, crée d’importantes tensions à Tarahoi. L’accusation aussi faite au président de l’institution de privilégier les intérêts d’un cercle de proches, de "petites magouilles organisationnelle sous couvert de nécessité de service", ce qu'il dément catégoriquement.

Une première riposte s’est organisée durant le week-end : la publication d’une note de présentation d’août 2017 faisant état d’un absentéisme record de 25 jours en moyenne par agent sur l’année (hors congés maternité) en 2016, après une année 2015 du même goût. Surtout, le record de 2955 jours d’arrêt était atteint en 2016 après la restauration d’une prime de législature suspendue en 2012 pour lutter contre l’absentéisme.

Lundi, c’est lors d’une conférence de presse que Marcel Tuihani a revêtu son costume le plus vertueux afin d'évoquer l’injustice des accusations qui sont portées contre lui et la nécessité de la réorganisation des services de l’Assemblée qu’il a initiée depuis 2014. "Je dis merci aux auteurs de la lettre ouverte d'avoir rendu tout ceci public et de permettre aux Polynésiens de voir la réalité". Pour lui, la réalité c'est le fait de certains agents qui veulent "conserver des avantages personnels, c’est-à-dire ne pas être obligés de travailler peut-être ; conserver un certain confort sans avoir à rendre des comptes à l’autorité, à l’opinion publique, au citoyen polynésien… Je le confirme et je le répète : ce sont des comportements d’enfants gâtés".

Pour ce qui est des accusations qui lui sont faites dans la lettre ouverte, le président de l’Assemblée a annoncé qu’il entendait sans attendre déposer plainte pour diffamation. "Parler de harcèlement, me faire porter des propos que j’aurais tenus, les considérant comme des chiens… A aucun moment ! Et d’ailleurs, depuis ma prise de fonction, j’ai toujours privilégié le contact, la transparence, le dialogue et non pas la précipitation dans les décisions", a-t-il démenti.

Concernant le chantier pour la réorganisation du fonctionnement de l’institution : "Je mènerai à bien cette réorganisation", a-t-il garanti lundi. "Ne pas le faire serait donner raison à la malhonnêteté et à l’hypocrisie".

C’est le chantier de sa mandature : mettre en œuvre les préconisations du cabinet d’audit Alvéa consulting, qui s’est intéressé courant 2014 au fonctionnement des services de la troisième institution de la Polynésie française. L'observation avait été conduite à la demande de son prédécesseur, Edouard Fritch. Cet audit préconise plusieurs pistes de perfectionnement à effectif égal. Marcel Tuihani a insisté sur ce point, lundi : "La Chambre territoriale des comptes a rendu un rapport le 22 juillet 2012 (…). Il est très précis et pointe du doigt des faiblesses, des gabegies (…). La réorganisation en cours n’est que la traduction du constat fait par l’audit et des recommandations du rapport de la CTC. C’est ma responsabilité de les mettre en œuvre".

En 2017, l’Assemblée de la Polynésie française comptait 119 agents administratifs. Elle a consacré 884 millions Fcfp de dépenses liées à leur rémunération, soit 38 % de son budget de fonctionnement (2,3 milliards).

Marcel Tuihani : "ce sont des comportements d’enfants gâtés"

Plus de la moitié des agents de l’Assemblée signent une lettre ouverte critiquant vos méthodes. Qu’allez-vous faire face à ce malaise ?
Vue la démarche de ces agents et la violence des mots que j’ai pu lire dans ce courrier rendu public, ma seule réponse est malheureusement de saisir la justice, afin que la vérité soit rétablie. On me prête des propos que je n’ai jamais tenus ; on me fait passer pour quelqu’un qui exerce de la pression sur l’ensemble des agents : je ne suis pas d’accord. Depuis ma prise de fonction, j’ai privilégié le dialogue avec l’ensemble du personnel ; j’ai privilégié la transparence… Les décisions (…) ont toujours été prises en concertation (…), jamais dans le dos des agents. (…) Cette réorganisation, je l’ai initiée dès ma prise de fonctions avec un dialogue au sein du personnel. (…) J’ai une responsabilité en tant que président de l’Assemblée.

Vous vous flattez d’avoir remis les gens au travail. Ça ne travaille pas assez à l’Assemblée ?
L’audit a fait apparaitre qu’il y a un problème de volumétrie sur les tâches réalisées par l’ensemble du personnel. La réorganisation est venue équilibrer le travail exercé. (…) J’ai souhaité répartir les tâches, de manière à assouplir les choses. Oui, il y avait une partie des agents qui n’avaient pas une volumétrie suffisante, contrairement à d’autres.

Ce travail de rationalisation du fonctionnement de l’Assemblée face auquel s’expriment aujourd’hui des réticences, vous estimez qu’il était nécessaire de le faire ?
Oui, inévitablement. N’oublions pas que l’administration au sens large du terme bénéficie de la contribution de l’ensemble des citoyens grâce aux deniers publics. Il était essentiel pour moi de mettre en adéquation les moyens desquels nous bénéficions, au travers de l’effort de tous les Polynésiens, avec les missions qui sont les nôtres. De ce point de vue, la réorganisation était indispensable.

Les réticences d’une partie du personnel de l’institution, les jugez-vous fondées malgré tout ?
Non, pas du tout. Parler de harcèlement ; me faire porter des propos que j’aurais tenus, les considérant comme des chiens… A aucun moment ! Et d’ailleurs, depuis ma prise de fonction, j’ai toujours privilégié le contact, la transparence, le dialogue et non pas la précipitation dans les décisions. Je laisse à votre disposition les procès-verbaux des comités techniques paritaires qui reflètent, je l’espère, ma volonté d’engager cette réorganisation en ayant le soutien de tout le monde. Malheureusement, ce courrier vient porter la démonstration contraire : on voudrait me faire porter la responsabilité de situations que je n’ai jamais eues à mener au sein de l’institution.

De votre point de vue, sur le compte de quoi faudrait-il mettre cette réaction d’une partie des agents de l’Assemblée ?
Conserver des avantages personnels, c’est-à-dire ne pas être obligé de travailler peut-être ; conserver un certain confort sans avoir à rendre des comptes à l’autorité, à l’opinion publique, au citoyen polynésien… Je le confirme et je le répète : ce sont des comportements d’enfants gâtés.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Lundi 12 Février 2018 à 13:27 | Lu 3943 fois





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