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Arue fermement opposée au projet du Group City au Tahara'a


Tahiti, le 24 juin 2022 – La maire de Arue, Teura Iriti, et sa majorité ont tenu une conférence de presse vendredi matin pour dire leur opposition formelle au projet d'aménagement du Groupe City sur la pointe du Tahara'a. "Nous allons tout faire pour que ce projet ne se fasse pas", martèle l'élue.
 
Les grands projets immobiliers du Groupe City n'ont décidément pas la cote. Après la levée de boucliers à Punaauia contre l'aménagement résidentiel sur le site de l'ancien Tahiti Village, c'est au tour du projet du "New Tahara'a" à Arue de faire face à une fronde de la commune. Vendredi matin, la tāvana de Arue, Teura Iriti, son troisième adjoint et leader de Heiura-Les Verts, Jacky Bryant, ainsi qu'une dizaine d'élus de la majorité ont organisé une conférence de presse à la mairie pour afficher un refus très ferme du projet de complexe hôtelier, immobilier et de services prévu sur le site de la pointe du Tahara'a.
 
Non, c'est non
 
Une conférence de presse destinée tout d'abord à lancer un "appel à la population", dixit Teura Iriti, pour venir consulter et surtout commenter l'étude d'impact environnemental dudit projet, disponible à compter du lundi 27 juin et jusqu'au vendredi 29 juillet aux services techniques communaux situés derrière la Laiterie Sachet à Arue. "Bien sûr nous souhaitons que les habitants de Arue se manifestent", explique Jacky Bryant. "Mais ça reste une enquête publique. Donc ça va bien au-delà de la zone de Arue. C'est ouvert à l'ensemble des publics qui veulent se positionner sur le projet qui es en cours." La même enquête est d'ailleurs consultable en mairie de Mahina, limitrophe du projet du Groupe City au Tahara'a. "Chaque fois qu'il y a une enquête commodo-incommodo, les gens ne viennent pas. Ils commencent à se manifester lorsque les premiers travaux commencent à être réalisés. Et vous avez cette espèce de hurlement au loup en disant : 'Comment ça se fait qu'on ne nous a pas informés, que la commune n'a rien fait…' (…) L'idée c'est d'anticiper pour que l'on puisse comprendre au plus juste pourquoi est-ce que les gens sont favorables ou défavorables."
 
Deuxième objectif de la conférence de presse, celui d'annoncer haut et fort la position de la majorité à la mairie de Arue sur ce projet. Et le moins que l'on puisse dire est que l'avis est tranché. "Nous allons tout faire pour que ce projet ne se fasse pas", résume la tāvana Teura Iriti. L'élue détaille trois arguments principaux. Premièrement, elle estime que ce site -aujourd'hui privé- a une "vocation de bien commun" et souhaite "que son usage demeure intégralement public, au bénéfice premier des habitants de Arue". Deuxièmement, elle estime -dans un avis éminemment partagé avec son troisième adjoint- que les conséquences de ce projet sur les ressources naturelles et hydrauliques "sont disproportionnée", énumérant un projet de défrichage une consommation d'eau de 900 mètres cubes par jour. Troisièmement, la tāvana craint pour la production de déchets ménagers, l'évacuation des eaux usées traitées en mer et l'absence d'information sur la gestion des eaux pluviales. Teura Iriti a donc prévenu. La commune rendra des avis défavorables aux demandes de permis de construire, d'autorisation de défrichage et sur l'étude d'impact environnementale.
 
Faire racheter par le Pays
 
Pour récupérer cet espace, les élus de Arue entendent en appeler au Pays. Ils lui demandent de racheter le Tahara'a -pour la bagatelle de 2 milliards de Fcfp, sans les travaux de désamiantage et de déconstruction- et d'en faire un espace d'accueil gratuit du public, à l'instar du site de la Pointe Vénus à l'Est de Arue et du parc Aorai Tini Hau à l'Ouest de la commune. Pour Jacky Bryant, c'est même à la banque Socredo, banque de développement du Pays, qu'il doit revenir de financer cette opération. Problème, pour l'heure les ministres rencontrés n'ont pas donné suite. Teura Iriti, désormais membre du Tapura, dit espérer réussir à convaincre ses alliés du bienfondé de sa démarche.
 
Rappelons que le projet du Groupe City au Tahara'a prévoit un programme mixte de commerces et restaurants. Un hôtel 5 étoiles de 141 chambres, exploité par Accor et la marque Pullman, ainsi qu'une offre variée de logements "de haut standing" nichés dans différents secteurs du site.
 
Antoine Samoyeau


Rédigé par Antoine Samoyeau le Vendredi 24 Juin 2022 à 14:53 | Lu 3876 fois