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Après trois mois de grève à La Dépêche le piquet compte sur la solidarité et le système D



Le piquet de grève est maintenant occupé en permanence avec une rotation de trois équipes de grévistes. Il faut être créatif pour maintenir un mouvement pendant plus de trois mois...
Le piquet de grève est maintenant occupé en permanence avec une rotation de trois équipes de grévistes. Il faut être créatif pour maintenir un mouvement pendant plus de trois mois...
PAPEETE, le 31 mai 2018 - La grève dans le groupe La Dépêche a débuté il y a trois mois et une semaine. Un mouvement qui perdure encore, malgré la mise en liquidation judiciaire de la rotative du journal. Pour tenir, les grévistes comptent sur la solidarité et le système D. Une vente de poulets sera même organisée auprès du public souhaitant soutenir leur cause.

Des salariés du groupe La Dépêche sont en grève depuis le 22 février 2018 et le mouvement ne faiblit pas. Le piquet de grève installé devant les locaux du groupe de presse à Titioro reste occupé par une vingtaine de salariés déterminés à mener leur combat jusqu'au bout.

Parmi eux se trouvent encore une dizaine de grévistes de toutes les entreprises du groupe, qui sont la maison-mère nommée Société d’information et de communication (S.I.C.), la Régie polynésienne de publicité (R.P.P.) et la Centrale tahitienne de distribution (C.T.D.) qui assure l'acheminement du journal aux revendeurs et aux abonnés. De plus, les 12 salariés de la rotative du quotidien mise en liquidation judiciaire le 26 mars dernier ne sont toujours pas résignés et restent actifs dans le conflit. Depuis le coup de tonnerre de cette mise en liquidation, plus d'un mois a passé. Aucune nouvelle rencontre n'a eu lieu entre les grévistes et la direction, et la grève a été maintenue.

Pour les grévistes, ces trois mois sans salaires sont un coup dur, d'autant qu'ils ont presque tous des familles à charge. "Nous sommes soutenus par nos familles, par la solidarité… Pour certains c'est limite. Il y a des gens qui nous apportent des dons comme des fruits, des plats, des matériaux" nous explique un gréviste. Il continue : "nous allons organiser une vente de poulets le samedi 9 février pour soutenir les grévistes. Pour en commander, vous pouvez passer nous voir sur le piquet de grève, ou nous contacter sur la page Facebook Tamarii Dépêche. "

Le même gréviste, toujours aussi motivé, lance un appel "à tous ceux qui sont dans la même situation que nous, dont les salaires sont payés un, deux mois en retard ; dont les cotisations à la CPS ont été prélevées, mais pas versées ; dont la société les fait travailler dans des conditions dégradantes, notamment ceux qui travaillent pour la même personne que nous… Je leur dit d'arrêter de se laisser piétiner et de réagir ! Prenez vos bâtons de pèlerins et venez manifester votre mécontentement en public ! Il ne peut pas traiter les gens comme ça, aussi riche qu'il soit."

Prochain rendez-vous au tribunal le 11 juin

Le piquet de grève s'est aussi agrémenté de nouveaux panneaux. L'un dénonce les dettes du groupe envers la CPS, alors que, comme l'explique un gréviste, "les cotisations ont été prélevées sur nos salaires mas pas reversées à la CPS, alors elles sont passées où ? Il n'y a pas un nom pour ça ?" Un autre panneau dénonce le fait qu'aucun loyer n'aurait été payé à la propriétaire des locaux du journal "depuis quatre ans et l'arrivée du nouveau propriétaire". Un autre panneau dénonce encore le fait que le décès de leur collègue Agnès de la rotative, après un malaise dans sa voiture sur le parking de la société, n'ait pas été reconnu comme accident du travail. "Depuis, la famille doit courir partout pour essayer de payer les frais des pompes funèbres, alors que la direction s'était engagée à les payer. Il aurait même suffit qu'ils signent un papier reconnaissant l'accident du travail pour que la CPS le prenne en charge. C'est vraiment ça le problème, on ne peut jamais croire un seul mot dit par cette direction" s'énerve un autre gréviste (la direction répond dans l'interview ci-dessous).

La prochaine échéance judiciaire du conflit social aura lieu le 11 juin au tribunal de commerce de Papeete. Cette fois c'est la CPS qui attaque l'entreprise en difficulté. Le groupe La Dépêche doit effectivement près de 90 millions de francs de dette à la Caisse de Prévoyance Sociale… En plus des 22 millions de francs des dettes sociales de la rotative qui seront réglés lors de la liquidation de cette entreprise spécifique. Une tentative de conciliation entre la direction du groupe La Dépêche et la CPS aurait, selon nos sources, abouti sur un échec. C'est donc encore une fois la justice qui devra trancher.

Michel Yonker, directeur général du groupe La Dépêche

Où en est le groupe ?
"On espère que les grévistes reviendront un jour, la porte leur est grande ouverte. Il y a déjà des grévistes qui ont repris le travail et que l'on a reçu normalement dans nos locaux. Ce n'est pas un problème, d'autant qu'ils ne sont plus très nombreux, de mémoire ils sont une dizaine. Pour le reste, tout est en action en moment pour avoir un plan d'apuration des dettes, on a conscience des éléments qu'il faut pour y remédier. Je ne peux pas rentrer trop dans les détails, mais nous sommes bien conscients de la situation. Pour la CPS, nous devons effectivement près de 90 millions de francs, mais la CPS n'hésite pas quand il y a des impayés à demander des redressements judiciaires au tribunal de commerce pour assurer le remboursement des dettes. Pour nous une mise en redressement c'est une piste, mais pas la seule."

La fermeture de la rotative a-t-elle rétabli les comptes du groupe ?
"La liquidation de la rotative est une des choses qui pourra aider à redresser le groupe. Mais l'imprimerie a été liquidée avant tout parce qu'ils n'ont pas voulu reprendre le travail, nous, on avait un plan pour ajuster leurs coûts et maintenir leur activité. Mais c'est évident que de réduire fortement les coûts d'impression va aider à rétablir l'équilibre financier."

Pourrez-vous assurer le reclassement des salariés de la rotative ?
"Pour la liquidation ce n'est pas moi qu'ils doivent rencontrer, mais le mandataire de la liquidation, maître Baud. A l'époque, on avait réussi à reclasser pratiquement tout le monde, mais ils ont refusé nos offres. Donc ce n'est pas avec moi qu'ils doivent voir ça."

Que répondez-vous aux panneaux installés par les grévistes, dénonçant le non-paiement des loyers du siège ou encore la déclaration en accident du travail d'une de vos salariées décédées en février ?
"Pour les loyers, nous sommes en litige avec le propriétaire, mais pas depuis quatre ans comme ils l'affirment. Ce dossier est aussi devant le tribunal. Mais on a vu le propriétaire l'autre jour, et il n'y a pas d'animosité particulière, c'est un dossier qui va se régler.

Concernant la mort d'Agnès, l'inspection du travail et une enquête de la DSP ont eu lieu, et ce n'est pas à moi de décider si c'est un accident du travail ou non. Il y a même un inspecteur de la CPS qui s'est déplacé, c'est à eux de juger… Elle a fait un malaise lors d'une de ses pause, alors est-ce que c'est un accident du travail, c'est aux spécialistes de le décider."

Les panneaux des grévistes sont devenus plus revendicatifs
Les panneaux des grévistes sont devenus plus revendicatifs


Rédigé par Jacques Franc de Ferrière le Jeudi 31 Mai 2018 à 17:27 | Lu 2358 fois






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