Tahiti, le 13 mars 2026 - Deuxième année et troisième stage pour le projet Héritage lancé par la Fédération française de surf en collaboration avec la Fédération tahitienne de surf. Un projet qui permet de rassembler les meilleurs espoirs du surf métropolitain, polynésien et ultramarin. Objectif : faire progresser ces futurs champions, mais surtout créer un collectif qui performera dans un futur proche dans les compétitions internationales. À en voir les sourires et les yeux humides après ces quatre semaines, le tāhō’ē est né.
Observer, comprendre et construire. Tels étaient les mots d’ordre de ce troisième stage du projet Héritage. Lancé l’année dernière par la Fédération française de surf (FFS) et la Fédération tahitienne de surf (FTS), ce projet avait pour but de détecter les talents issus de la nouvelle génération. Après avoir travaillé ensemble sur l’éclosion de Vahine Fierro et Kauli Vaast, les deux fédérations ont décidé de mettre en place un programme de détection des jeunes talents de moins de 18 ans et de les réunir sur des stages pour les faire progresser et les emmener vers le haut niveau, mais aussi créer un esprit d’équipe décisif lors des compétitions internationales. “Nous sommes dans la construction avec ce groupe, avec l’objectif de préparer ces jeunes aux grandes échéances à venir”, explique Jérémy Florès, le directeur de l’équipe de France olympique et moteur de ce projet.
Après deux stages l’année dernière, un en début d’année à Tahiti, où les premiers contacts entre les jeunes surfeurs mais aussi avec leurs coaches avaient été les prémices d’une réussite, le deuxième stage en métropole avait été celui de la confirmation. Des surfeurs très motivés et très impliqués dans les contenus que leurs coaches leur donnaient. Des entraîneurs issus du circuit professionnel, dont l’expérience et l’analyse étaient des atouts. Un mélange de cultures et de compétences, et surtout une écoute commune qui a créé une véritable synergie au sein du staff, qui s’est répercutée sur le groupe. Après cette première année test, la deuxième année commençait par un stage de quatre semaines en Polynésie avec seize jeunes (huit filles et garçons venant de métropole ou des territoires ultramarins, et huit Polynésiens) et une compétition sur la vague d’Avatoru en guise de bienvenue. Après une semaine de ride intense, tout le groupe est venu s’installer à Papara, lieu central de trois semaines intenses.
Monter le curseur
Entre entraînements collectifs, analyses personnalisées et études, la nouvelle vague du surf français et tahitien a pris encore une autre dimension. “C’était un mois de gros travail. On est montés en intensité sur tous les facteurs de la performance : stratégie, mental et technique. Ce n’est pas simple car le groupe est très hétérogène. Il y a bien sûr des filles et des garçons, mais il y a aussi beaucoup d’écart d’âge entre certains. On a eu des hauts et des bas, mais c’est normal, ça reste des enfants. Mais le plus important, c’est ce qui reste à la fin. Déjà une cohésion incroyable entre eux, car tout ce qu’ils ont vécu les a soudés. Et au niveau de leur surf, on a vu sur cette compétition des attitudes incroyables sur l’eau. Ils ont bien enregistré tout ce qui avait été dit par leurs coaches tout le long du stage et ça s’est vu aujourd’hui”, poursuit Jérémy Florès.
Un stage qui s’achevait donc ce vendredi 13 mars avec une compétition en interne pour valider les acquis travaillés durant ces quatre semaines. “Les objectifs ont été atteints. La progression de chacun mais aussi du groupe en faisait partie. L’année dernière, on avait identifié des axes de travail et, sur ce stage, on a vraiment pu appuyer dessus. Et quand on voit leur prestation sur ces derniers rides, on ne peut être que satisfaits”, confie Kevin Bourez, cadre technique de la FTS et coordonnateur du stage.
Un travail quotidien et un investissement de tous les instants appréciés par les jeunes stagiaires, qui leur ont permis de franchir un cap. “On a surtout travaillé la qualité des grosses manœuvres, mais aussi la stratégie à mettre en place en compétition. C’est bien tombé car on en a eu deux durant ce stage, donc ça nous a permis de voir ce qu’il nous manquait, de le travailler et de le mettre en place sur cette dernière épreuve. Maintenant c’est fini et ça va être dur d’être séparés, mais on va tout donner pour faire partie du prochain stage”, explique Miliani Simon, jeune surfeuse polynésienne.
Du côté des invités, même son de cloche. Pour Hugo Flori, le Guadeloupéen, qui termine sur une bonne note puisqu’il remporte la finale, ces moments passés au Fenua resteront à jamais dans sa mémoire. “C’est incroyable ce que l’on a vécu. Je suis vraiment content d’avoir pu vivre cette aventure. On a progressé dans notre surf grâce aux coaches. On a une chance énorme d’être entraînés par de tels surfeurs. Et il y a aussi le côté affectif car on a tissé des liens tellement forts qu’on les gardera longtemps, j’espère.”
À voir les sourires sur leurs visages et l'émotion dans leurs yeux au moment de vivre ces derniers moments ensemble, on n’en doute pas.
Sélection FFSurf
Naia Monte (Hossegor Surf Club, 14 ans)
Rose Calvez (Pirates Surf Club, 14 ans)
Cheyenne Patino Ubeda (Poyo Surf Club, 14 ans)
Hugo Flori (Poyo Surf Club, 16 ans)
Zachary Pommier (Oléron Surf Club, 14 ans)
Marley Benesenes Masse (Lou Surfou Surf Club, 14 ans)
Malone Vieuge (Bidarteko Surf Club, 15 ans)
Matthew Maurin Lignieres (Pirates Surf Club, 14 ans)
Sélection FTS
Liam Sham Koua (FTS, 12 ans)
Kavei Pierson (FTS, 11 ans)
Tauirai Henriou (FTS, 12 ans)
Anuaiterai Gatien (FTS, 12 ans)
Raipoe Chapelier (FTS, 15 ans)
Miliani Simon (FTS, 14 ans)
Takihei Ellacott (FTS, 15 ans)
Kelia Gallina (FTS, 12 ans)































