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Allgower Maruae et son rêve paralympique


Allgower Maruae à Szeged, en Hongrie, lors des championnats du monde de paracanoe en 2019.
Allgower Maruae à Szeged, en Hongrie, lors des championnats du monde de paracanoe en 2019.
Tahiti, le 27 novembre 2020 - Allgower Maruae, 32 ans, est l'une des nouvelles figures du handisport au fenua. Ce dernier a découvert le va'a sur le tard en 2018 en se préparant pour les championnats du monde de vitesse organisés à Taaone. Après deux ans de pratique intensive, l'athlète souhaite désormais participer aux Jeux paralympiques de Tokyo en 2021.  

Patrick Viriamu, multiple champion du monde de parava'a, a été pendant de longues années la figure de proue du handisport au fenua. Si le 'aito originaire des Australes est toujours en pleine forme à 51 ans, Allgower Maruae, de vingt ans son cadet, est actuellement en pleine ascension. Né avec une malformation à la main droite et à la jambe gauche, et amputé de cette dernière alors qu'il est encore nourrisson, le jeune homme a donné ses premiers coups de rame à l'âge de 30 ans. "Avant je ne savais pas que je pouvais en faire", indique l'intéressé. "Il y a deux ans c'est la fédération handisport qui m'a poussé et qui m'a encouragé à participer aux championnats du monde de va'a vitesse qui se sont tenus en 2018 à Taaone. J'ai intégré à l'époque le club de Tetia Tehei où j'ai suivi mes premiers entrainement de va'a." 

Déjà deux championnats du monde

Evidemment avec une expérience encore minime de la rame, Allgower Maruae ne brillera pas à l'occasion de ces mondiaux de va'a vitesse. "Pendant ma série je n'arrivais pas à aller tout droit avec ma pirogue et je voyais les autres filer dans leur couloir", sourit l'athlète. 

Malgré cette petite déconvenue, il en faudra plus pour le décourager. Ce dernier va continuer à s'entrainer et à peaufiner sa technique. "Je me suis fait faire une rame spéciale avec un "T" plus large. Cela me permet de mieux tenir la rame avec ma main handicapée", explique l'athlète. Et en août 2019, l'athlète participe aux championnats du monde de paracanoé, organisés à Szeged, en Hongrie, par la fédération internationale de canoé (ICF). 

Sur 200 mètres la performance n'est pas encore au rendez-vous puisque le Tahitien terminera dernier de sa série à huit secondes du vainqueur. "J'ai pu mesurer le chemin qui me reste à parcourir pour être au niveau des meilleurs", a relativisé l'athlète qui vise désormais les Jeux paralympiques de Tokyo en 2021 où le va'a sera au programme. 

Objectif 50 secondes sur 200 mètres

Evidemment avec une expérience encore minime de la rame, Allgower Maruae ne brillera pas à l'occasion de ces mondiaux de va'a vitesse. "Pendant ma série je n'arrivais pas à aller tout droit avec ma pirogue et je voyais les autres filer dans leur couloir", sourit l'athlète. 

Malgré cette petite déconvenue, il en faudra plus pour le décourager. Ce dernier va continuer à s'entrainer et à peaufiner sa technique. "Je me suis fait faire une rame spéciale avec un "T" plus large. Cela me permet de mieux tenir la rame avec ma main handicapée", explique l'athlète. Et en août 2019, l'athlète participe aux championnats du monde de paracanoé, organisés à Szeged, en Hongrie, par la fédération internationale de canoé (ICF). 

Sur 200 mètres la performance n'est pas encore au rendez-vous puisque le Tahitien terminera dernier de sa série à huit secondes du vainqueur. "J'ai pu mesurer le chemin qui me reste à parcourir pour être au niveau des meilleurs", a relativisé l'athlète qui vise désormais les Jeux paralympiques de Tokyo en 2021 où le va'a sera au programme. 

Objectif 50 secondes sur 200 mètres

Au cours des derniers mois, Allgower s'est donné les moyens de ses ambitions. Musculation en salle aux aurores avant de se rendre au travail, séances de rames quotidiennes en fin de journée dans son nouveau club de Tahiti Toa à Arue avec Tamatoa Perez pour peaufiner sa technique et son coup, le 'aito s'acharne à l'entrainement pour espérer rentrer en équipe de France. 

"A l'Open de France, prévu en mars 2021, il faudra au moins faire un chrono qui se rapproche des 50 secondes sur 200 mètres pour espérer rentrer dans l'équipe", confie le champion.  "Je m'entraine tous les jours avec des rameurs valides et eux aussi me poussent dans mes retranchements. Quand on sort en V1 j'essaye d'aller les chercher et j'ai vu ma progression. Et dès qu'il y a une course aussi le week-end je m'aligne, même s'il n'y a pas tout le temps de parcours pour les parava'a, ce que je trouve très dommage. Je fais le parcours des valides et j'essaye de rester au contact des meilleurs."

Sur les courses qui ont proposé un parcours parava'a, Allgower l'a à chaque fois emporté. C'était au Te 'Aito Manihi et à la Ihilani Va'a. La preuve qu'il est en effet en pleine progression.  

Médaillé de bronze aux Jeux du Pacifique en tennis de table

En plus du va'a, Allgower Maruae est également très à l'aise avec une raquette à la main. En 2019 ce dernier a en effet participé aux Jeux du Pacifique aux Samoa. Plus que de la figuration, il avait ramené une médaille de bronze de Apia dans ses bagages. "J'ai commencé à y jouer au collège. J'arrivais à bien me débrouiller dans ce sport, même avec mon handicap. Et puis j'ai laissé tomber quand j'étais au lycée et à l'université. J'ai repris le tennis de table en 2018. C'est également la fédération handisport qui m'a contacté. L'idée c'était de participer d'abord aux championnats de Polynésie. Ca m'a surpris parce que ça faisait un moment que je n'avais plus pratiqué, mais j'ai tenté le truc. J'ai repris les entrainements et puis j'ai remporté le titre en catégorie debout, ce qui m'a qualifié pour les Jeux du Pacifique aux Samoa l'année dernière. J'ai entamé ensuite une préparation avec Alizé Belrose, cadre technique à la fédé de tennis de table en vue des Jeux. Le début de compétition n'a pas été simple pour moi. J'ai perdu mon premier match, mais Alizé a su me remettre en confiance. J'ai réussi dans la foulée à aller jusqu'en demi-finale où j'ai été battu par le futur champion. A partir de ce moment, l'objectif c'était au moins de ramener la médaille de bronze. Ce que j'ai réussi à faire."

En parallèle de sa carrière de sportif, Allgower travaille depuis une dizaine d'année pour une entreprise qui fabrique des prothèses médicales.  

Rédigé par Désiré Teivao le Vendredi 27 Novembre 2020 à 07:44 | Lu 1255 fois