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Aldo Raveino : "La justice veut fermer Radio Tefana"



Aldo Raveino : "La justice veut fermer Radio Tefana"
Tahiti, le 10 juin 2020 – Les onze employés de Radio Tefana se sont joints mercredi matin à la manifestation du leader indépendantiste et maire de Faa'a, Oscar Temaru, devant le palais de justice pour dénoncer la condamnation de leur radio par le tribunal correctionnel et le montant de leur amende. "100 millions, on les a pas, que les choses soient claires", a lancé le directeur de Radio Tefana, Aldo Raveino, "cela veut dire tout simplement que la justice veut fermer la radio".
 
Nouvelle matinée de mobilisation devant les grilles du palais de justice, mercredi matin, où les onze employés de la radio communale de Faa'a, Radio Tefana, se sont joints à la protestation initiée depuis lundi par le leader indépendantiste, Oscar Temaru, et plusieurs dizaines de sympathisants et militants. "Nous allons continuer à travailler", a annoncé le directeur de Radio Tefana, Aldo Raveino, rappelant que la radio communale restait l'une des deux radios les plus écoutées de Polynésie ces trois dernières années. "La justice a décidé que Radio Tefana était une radio de propagande politique, mais la justice n'a jamais prouvé cela." Pour les employés de la radio communale, l'amende de 100 millions de Fcfp prononcée par le tribunal correctionnel en septembre 2019 n'est qu'un moyen de "faire taire la radio". "100 millions, on les a pas, que les choses soient claires. Cela veut dire tout simplement que la justice veut fermer la radio et avoir la tête d'Oscar Temaru", a martelé Aldo Raveino.
 
Egalement présent, le président du conseil d'administration de Radio Tefana, Heinui Le Caill, condamné dans la même affaire à un mois de prison avec sursis et 500 000 Fcfp d'amende, a dénoncé l'inégalité de traitement avec d'autres radios communales subventionnées, comme Radio Bora Bora ou Hiti FM à Punaauia. "Je connais une autre radio dans une autre île qui est beaucoup plus subventionnée, et ça monsieur Leroy (le procureur, NDLR) ne va pas aller regarder là bas. Je connais une autre radio beaucoup plus subventionnée par une commune juste à côté de Radio Tefana, et ça monsieur Leroy ne va pas aller regarder non plus." Radio Tefana est actuellement subventionnée par la mairie à hauteur de 20 millions de Fcfp par an, avec autant de recettes publicitaires selon Heinui Le Caill.
 
"C'est la seule radio aussi ouverte aux auditeurs. Et on tient à cette liberté d'expression. Aujourd'hui, on a l'impression qu'on veut nous interdire cette liberté d'expression. Je rappelle que pendant les essais nucléaires, c'était la seule radio qui donnait la liberté aux Polynésiens. Les autres médias étaient contrôlés dans le silence. Ils ont tous joué le jeu (du pouvoir politique, NDLR) sauf Radio Tefana", a également déclaré Heinui Le Caill.
 

Recours devant le CSM

En marge de ces annonces, le président du Tavini, Oscar Temaru, a également signé une plainte auprès du conseil supérieur de la magistrature (CSM) à la suite de la saisie pénale opérée sur son compte la semaine dernière, dans le cadre de l'autre affaire en cours le concernant. Celle des frais d'avocat de l'affaire Radio Tefana, payés par le biais de la protection fonctionnelle par la mairie de Faa'a. "C'est une plainte auprès du CSM qu'Oscar Temaru va signer et que Me David Koubbi déposera auprès du CSM. On estime qu'il faut le faire", a expliqué le député Tavini, Moetai Brotherson. "En marge de cette plainte, nous avons également saisir le défenseur des droits, Jacques Toubon, que j'irai rencontrer directement lors de mon prochain déplacement à Paris, pour lui dire ce qui se passe dans notre belle colonie."
 
Enfin, le leader indépendantiste a réaffirmé qu'il comptait se rendre tous les matins devant le tribunal dans le cadre de sa grève de la faim. Mais il s'est refusé à indiquer ce qu'il attendait des autorités judiciaires pour mettre fin à son action. "J'aime la vie comme tout le monde, mais quand on fait une rétrospective de tout ce qui s'est passé depuis le 2 octobre 2018, il n'y a pas besoin d'être agrégé pour comprendre ce que je dis depuis le début. C'est un règlement de compte."
 
Interrogé enfin sur le fait que nombre de personnalités politiques locales poursuivies pour des atteintes à la probité se défendent en évoquant un "acharnement judiciaire", Oscar Temaru a estimé, sans surprise, que son cas était tout à fait différent. "Il faut comparer ce qui est comparable. Concernant les autres leaders politiques, les médias ont rapporté ce qui s'est passé, la justice a fait son travail. Mais là, ce n'est pas possible, c'est inacceptable, c'est du harcèlement. Il faut assassiner une personne à cause de la réinscription de notre pays".

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun et Antoine Samoyeau le Mercredi 10 Juin 2020 à 12:06 | Lu 3521 fois





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