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Alcooliques anonymes : "Le plus dur est d'y aller la 1ère fois, car on a honte"



L'association des Alcooliques anonymes de Tahiti se réunit tous les mercredis à 18h30.
L'association des Alcooliques anonymes de Tahiti se réunit tous les mercredis à 18h30.
Papeete, le 22 juin 2018- L'association des Alcooliques anonymes existe à Tahiti depuis 1985. C'est dans l'anonymat le plus complet que les membres de l'association accueillent tous les mercredis soirs les personnes qui se retrouvent confrontées à des problèmes d'alcool. Ecoute, compréhension, soutien, suggestion et surtout fraternité sont les leitmotivs de l'association.

"La porte de la salle était ouverte et la lumière allumée. L'association des Alcooliques anonymes m'a accueilli et je me suis aperçu que je n'étais pas le seul à souffrir de l'alcool", exprime Pierrot, qui dans un demi-sourire se définit comme "Pierrot, l'ancien alcoolo". Et cette porte des alcooliques anonymes (AA), cela fait presque 33 ans que Pierrot l'a franchie la première fois et depuis il ne l'a jamais refermée ! Car s'il est sobre depuis des années, Pierrot n'oublie pas ce que l'association a fait pour lui, et il continue, "de rendre aux autres, ce qu'elle lui a donné" à un moment de sa vie où l'alcool était devenu son meilleur ennemi. "Je prenais 3 ou 4 bières, chez le chinois dès le matin très tôt, les deux premières, je les vomissais, la 3e passait et ensuite je continuais toute la journée."

"UN JOUR, J'AI EU UN DECLIC : ARRETE, SINON T'ES FOUTU, TU VAS MOURIR"

Cette guerre contre l'alcool n'a pas été facile et si Pierrot l'a remportée, il a parfois eu des revers et les batailles ont laissé des traces. "Ma femme a demandé six fois le divorce, mon fils m'en a voulu pendant des années. Un jour, j'ai eu un déclic, et je me suis dit : 'arrête, sinon t'es foutu, tu vas mourir'", confie Pierrot avec un brin d'émotion dans la voix, heureux d'être marié depuis 52 ans. Et pour gagner ce combat, Pierrot s'est entouré d'alliés, les membres des alcooliques anonymes. "Il y a une vraie fraternité, une vraie entraide. On se reconnaît dans ce que disent les autres. On se dit 'moi aussi, moi aussi'". L'association, qui se réunit tous les mercredis, accueille de façon anonyme des femmes, des hommes, des personnes de tout âge, de tout milieu social, qui se trouvent confrontés à l'alcoolisme. Pendant les réunions, les participants sont libres de parler ou seulement d'écouter. Mais "le problème est souvent l'orgueil, car souvent on ne veut pas reconnaître qu'on est alcoolo", précise Pierrot. "Le plus dur est d'y aller la première fois, car on a honte d'y aller", avoue Chantal, membre de l'association des alcooliques anonymes (AA), qui n'a pas bu une goutte d'alcool depuis 29 ans.

"JE SOUFFRAIS TELLEMENT"

"L'alcool est une vraie prison, c'est lui qui décidait et plus moi. Je me sentais coupable vis-à-vis de mes enfants, de mon mari, car je devenais méchante et désagréable. Il fallait m'éviter quand je buvais. Je souffrais tellement. L'association m'a beaucoup soutenue. Outre les réunions, j'avais les numéros de téléphone des membres, tous les soirs, je les appelais, je leur parlais. Ils m'ont donné énormément. Maintenant, j'essaye d'aider les autres à s'en sortir, je leur propose des suggestions, des changements de vie, etc. car l'alcool est une vraie prison, une réelle douleur. Mais on peut s'en sortir !".

David : " Personne ne me voyait, ne le savait et je finissais allongé par terre "

"Je me suis saoulé la première fois le soir de mon bac vers 17 ans. J'ai bu jusqu'à plus soif et je suis tombé… mais le lendemain, j'ai recommencé et cela a duré 20 ans. Je buvais quotidiennement six grandes canettes de bière et ensuite j'enchaînais sur une bouteille de whisky où je ne laissais qu'un tout petit fond. Le soir, j'allais au magasin m'acheter les bouteilles puis j'allais chez moi et je buvais. Personne ne me voyait, ne le savait et je finissais allongé par terre. Je ne pouvais pas aller travailler, si je n'avais pas bu, si je n'avais pas mis la pompe en route, j'avais besoin de carburant. Un jour, j'ai voulu arrêter, j'ai tout essayé acupuncteur, médecins… mais je n'ai pas réussi à arrêter. Je suis resté un mois à l'hôpital de Vaiami, le jour de la sortie, je suis retourné acheter à boire.

UNE CUITE QUI A DURE 18 MOIS

Un jour, mon père m'a amené chez les Alcooliques anonymes, pour moi, je n'étais pas alcoolique, je n'étais pas comme eux… Et pourtant, je me suis reconnu dans leurs histoires. Je baissais la tête, j'avais honte, je n'arrivais pas à m'arrêter, mais je me sentais bien avec eux, il n'y avait pas de jugement. J'ai réussi à m'arrêter une première fois et puis un jour, j'ai acheté un coffret avec deux beaux verres et une bouteille de champagne, je me disais que j'achetais le coffret pour les verres… tout en surveillant que la bouteille au frigo devienne bien fraîche. Je l'ai bue d'un trait et je suis ensuite reparti pour une cuite qui a duré 18 mois.

J'AI EU PEUR DE TUER QUELQU'UN DE NOUVEAU

Un jour, j'ai eu un accident, j'ai tué mon copain qui était sur le siège passager. La culpabilité est énorme. J'ai rechuté, j'ai repassé le permis, le premier soir où j'ai pu reconduire je me suis saoulé (…). Je ne me souviens de rien de la soirée… Le lendemain, quand on m'a raconté tous les trajets que j'avais faits en voiture, je suis descendu en caleçon pour inspecter la voiture, le pare-choc, pour voir si je n'avais pas écrasé quelqu'un. J'ai repensé tout ce que j'avais vécu 5 ans auparavant avec la mort de mon ami. J'étais très mal, j'ai eu peur de tuer quelqu'un de nouveau. Je suis retourné aux AA, on m'a accueilli, écouté. Et il y a des solutions. Cela fait 14 ans que je n'ai pas bu une goutte.
Je suis alcoolique, un seul verre et je retombe, seulement maintenant j'ai pris la voie sans alcool. Je m'occupe de mes petites nièces, mon plus grand bonheur est qu'elles ne m'ont jamais vu ivre."


Infos pratiques :
Tél : 40 43 21 63
Alcooliquesanonymes@gmail.com
www.alcooliques-anonymes.fr
www.aa.org
Facebook : Alcooliques anonymes Tahiti
Réunion : L'association des Alcooliques anonymes propose une réunion hebdomadaire tous les mercredis de 18h30 à 19h30 au 1er étage du presbytère de la cathédrale à Papeete.
L'association est à la recherche d'un local.

Rédigé par Pauline Stasi le Vendredi 22 Juin 2018 à 16:12 | Lu 24772 fois






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