Tahiti le 19 janvier 2026. Il faut croire qu’en 15 ans, les leçons n’ont toujours pas été retenues. En revanche, les constats restent les mêmes concernant la compagnie au tiare.
Lancée en 1996, ATN n’a jamais dégagé de comptes à l’équilibre sans un coup de pouce financier du Pays. “Le développement économique par le tourisme est ainsi devenu une quasi mission de service public, justifiant qu’on puisse s’écarter des paramètres de viabilité d’une compagnie aérienne. Celle-ci intervient pourtant sur un marché très concurrentiel dans un secteur où les marges sont très réduites”, était-il écrit dans le rapport Bolliet en 2010. Et à l’époque, pas de French bee, pas de United Airlines et un espoir de 350 000 touristes en 2005, toujours pas d’actualité 20 ans plus tard.
Ce même rapport mettait en garde le Pays face à plusieurs risques : l’ouverture de lignes sans réflexion poussée, la double gouvernance DG/PCA et l’interventionnisme politique. Exactement l’inverse de ce qui est pratiqué aujourd’hui. Les risques sur les garanties d’emprunts, la prise en charge des déficits et, au pire, la prise en charge du plan social si la compagnie devait cesser son activité étaient aussi évoqués.
C’est ce même rapport Bolliet qui suggérait aussi de fermer la ligne Los Angeles/Paris pour recentrer l’activité de la compagnie exclusivement sur Papeete/Los Angeles.
Lancée en 1996, ATN n’a jamais dégagé de comptes à l’équilibre sans un coup de pouce financier du Pays. “Le développement économique par le tourisme est ainsi devenu une quasi mission de service public, justifiant qu’on puisse s’écarter des paramètres de viabilité d’une compagnie aérienne. Celle-ci intervient pourtant sur un marché très concurrentiel dans un secteur où les marges sont très réduites”, était-il écrit dans le rapport Bolliet en 2010. Et à l’époque, pas de French bee, pas de United Airlines et un espoir de 350 000 touristes en 2005, toujours pas d’actualité 20 ans plus tard.
Ce même rapport mettait en garde le Pays face à plusieurs risques : l’ouverture de lignes sans réflexion poussée, la double gouvernance DG/PCA et l’interventionnisme politique. Exactement l’inverse de ce qui est pratiqué aujourd’hui. Les risques sur les garanties d’emprunts, la prise en charge des déficits et, au pire, la prise en charge du plan social si la compagnie devait cesser son activité étaient aussi évoqués.
C’est ce même rapport Bolliet qui suggérait aussi de fermer la ligne Los Angeles/Paris pour recentrer l’activité de la compagnie exclusivement sur Papeete/Los Angeles.
La crainte d’un vol de données
Toujours au rayon des décisions prises par le président du conseil d’administration (PCA) et contestées par le collectif, le choix de prendre attache auprès de la société de conseil Aérogestion. “Pour beaucoup d’employés, le choix de cette société par le PCA a été un véritable choc”, écrivent les salariés.
En cause, la société elle-même, créée par Marc Rochet, qui est aussi le directeur de French bee, concurrent sérieux d’ATN sur la ligne Papeete-Paris. Le collectif y voit “une contradiction flagrante” dans ce choix qui ouvrirait les livres de comptes et les petits secrets industriels de la compagnie à une société dirigée par un de ses concurrents.
“Ce qui est à la fois surprenant et préoccupant, c’est que l’ensemble des demandes formulées par les collaborateurs d’Aérogestion semblent se concentrer sur les données de la route CDG-PPT-CDG. Avec insistance, ils demandent accès de façon très détaillée à des informations confidentielles de la compagnie, notamment l'accès à la structure tarifaire, aux accords interligne et au système de revenue management (une stratégie visant à maximiser les revenus en ajustant les prix des billets en fonction de la demande, de la saisonnalité, de l'occupation des vols et d’autres facteurs), demandant même à avoir accès direct à des fichiers et à notre outil de gestion des plannings de vol, des outils et des données stratégiques essentielles à la viabilité de la compagnie”, dénoncent les salariés qui crient au vol de données sensibles. “On sait qu’un NDA (accord de non-divulgation, NDLR) a bien été signé pour une durée de trois ans, mais cela reste clairement insuffisant pour garantir que ces données ne soient pas récupérées et utilisées à d’autres fins que celles initialement prévues lorsque le dirigeant de la société est lui-même impliqué dans une société concurrente”, exprime la lettre ouverte.
HT
Des études, encore des études
Pour les rédacteurs de la lettre ouverte, les études concernant l’avenir de la compagnie et ses choix stratégiques s’amoncèlent sur les bureaux. “Toutes ont abouti aux mêmes conclusions au regard de la position géographique de la Polynésie et de la réalité des besoins en transports aériens mondiaux”, souligne le collectif. Et ces dernières ne proposent que rarement des angles différents. “On tourne les données dans tous les sens, on ouvre et on ferme de nouvelles routes (New York, Sydney, Seattle)... On tente de nouvelles réouvertures (Sydney). On peut manipuler les données comme bon nous semble, la réalité géographique et les coûts d’un voyage en Polynésie sont une réalité que semblent occulter les décideurs”, analysent-ils. “Ces études, au-delà d’engraisser des sociétés de conseil, ne changeront pas grand-chose à cette réalité.”
Las de ces études, ce que demandent les salariés désormais, ce sont des objectifs. C’est déjà ce que préconisait le rapport Bolliet en 2010 parlant d’une compagnie qui “jusqu’à présent a collectionné les déficits”.
La seule décision prise récemment issue d’une de ces études, c’est la fermeture de la liaison avec Seattle. “Ironie du sort, une semaine après cette décision précipitée, Alaska Airlines annonçait l’ouverture de ses lignes Seattle vers plusieurs villes d’Europe. Des ouvertures dont ATN aurait pu bénéficier pour acheminer des clients européens”, soupire le collectif qui n’a pu que constater que “moins de 48 heures après l’annonce de notre départ définitif de Seattle, Fidji Airways s’est positionnée pour récupérer nos deux créneaux (slots) à compter de début 2026.”


























