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A’a, le deuilleur, le Maro’ura : les trois trésors revisités


Tahiti, le 23 mars 2022 - La galerie Winkler, avec sa nouvelle exposition intitulée Heimoe, une nuit au musée, fait écho à sa manière à l’arrivée de pièces exceptionnelles au musée de Tahiti et des îles. Elle a invité des artistes à réinterpréter l’une des trois pièces emblématiques que sont : le ti’i A’a de Rurutu, le costume du deuilleur ou le Maro‘ura.

La nouvelle exposition de la galerie Winkler fait écho à la réouverture du Musée de Tahiti et des îles et à l’accueil du ti’i A’a, du costume du deuilleur et du Maro’ura ; trois pièces emblématiques et exceptionnelles. “Cela fait longtemps qu’elle est dans les rails, nous attendions le bon moment”, explique Vaiana Drollet de la galerie. Elle a convié des artistes qui travaillent régulièrement avec elle. Le groupe est allé visiter le musée le mardi 7 mars. Ce jour-là, il a décidé, en plus des œuvres personnels que chacun avait envisagé, de créer une œuvre collective. Il s’agit d’une reconstitution fictive du Maro‘ura. Cette œuvre collective, née en dix jours à peine, a été dévoilée lors du vernissage organisé jeudi 23 mars en soirée.

Concrètement, chaque artiste –ils sont 18– a imaginé un morceau de 35 centimètres de haut sur 18 centimètres de large. Ce sont les mensurations officielles du Maro‘ura. Pour rappel, le Maro‘ura est une ceinture de plumes rouges portée par les ari’i rahi en des temps anciens. Composée d’éléments de 18x15 cm, elle devait mesurer 4,5 m. “Les spécialistes restent mitigées sur la question de l’orientation de chaque élément, nous avons fait le choix, pour permettre à tous les artistes de s’exprimer, de les placer à la verticale.” Chacun a composé un ou plusieurs éléments qu’il a remis à la galerie. “Il n’avait pour seules contraintes qu’à respecter le format et les tons de couleurs.” La galerie a assemblé les 24 éléments qui forment la pièce maîtresse de l’exposition.

Chaque artiste fait partie d’un tout

L’œuvre collective de l’exposition, tout comme les œuvres individuelles, participent à une réflexion qui va au-delà de la seule création. La galerie a souhaité, à sa manière, accueillir les pièces emblématiques sur le territoire. L’exposition a été baptisée Heimeo, ce qui signifie littéralement “couronne de songes”, mais aussi “veille technologique” et “accueil”. Ce terme évoque donc la notion de temps et de transmission. “Que signifie le retour de ces pièces exceptionnelles de notre patrimoine pour les artistes d’aujourd’hui ? Que reste-t-il de leur impact sur la société polynésienne ?”, interroge Vaiana Drollet. “Symboliquement, nous montrons que les artistes font partie d’un tout culturel.”

La galeriste revient sur le sous-titre de l’exposition : une nuit au Musée. Elle explique que la nuit, “une autre réalité surgit, moins définissable, plus intuitive… ce qui paraît certain le jour ne l'est plus la nuit”. Le jour serait "l'œuvre originale présente au Musée dans un temps immuable posé là pour l'éternité”, la nuit “l’interprétation des artistes qui prend vie à la galerie.”

Plasticiens et créateurs

Pour cette exposition, Vaiana Drollet n’a pas invité que des artistes plasticiens. Elle a également fait appel à Orama Nigou par exemple qui a proposé une œuvre à base de plumes ou bien encore Jennyfer Faremiro qui travaille notamment la nacre pour donner plus de sens à la réflexion menée. Les deux femmes sont issues du Centre des métiers d’art.

Pratique

Jusqu’au 04 avril à la galerie Winkler. Horaires : du lundi au vendredi de 9 heures à 12h30 et de 13h30 à 17 heures, le samedi de 8h30 à midi.
Entrée libre.


Rédigé par Delphine Barrais le Jeudi 23 Mars 2023 à 19:12 | Lu 1569 fois