
Crédit PATRICK MEINHARDT / AFP
Labattoir, France | AFP | mardi 21/01/2025 - L'odeur du pain chaud réveille à nouveau les résidents du quartier Moya, en Petite-Terre. Si la boulangerie vient de "récupérer l'électricité" comme 95% du territoire de Mayotte, des zones sont toujours plongées dans le noir et des habitants restent privés d'eau plus d'un mois après le passage du cyclone Chido.
"On vient juste de rouvrir", lance Zenabou Houmadi, un large sourire derrière le comptoir qui présente ses petites baguettes. "On a récupéré l'électricité hier. Ça faisait un mois que la boulangerie était fermée et que je ne pouvais pas travailler", ajoute la jeune employée en salouva (tenue traditionnelle) orangé, assorti au foulard qui lui maintient les cheveux.
Une période difficile sur le plan professionnel comme sur le plan personnel: "On a mangé des sardines, du thon en boîte et du riz pendant un mois", confie l'habitante du quartier qui s'éclairait à la bougie et grâce à des lampes solaires. "Mais surtout, il faisait extrêmement chaud la nuit, sans climatisation", retrace-t-elle.
Une situation vécue comme une injustice par celle qui voyait de la lumière dans toutes les maisons à la sortie de son quartier.
Selon la préfecture, le pourcentage de clients alimentés en électricité est désormais de 95% sur l'archipel, cinq semaines après le passage dévastateur du cyclone Chido.
Mais à quelques centaines de mètres de la boulangerie où travaille Zenabou Houmadi, certains ne sont toujours pas raccordés.
En haut d'une ruelle étroite, dans un quartier mêlant maisons en tôle et en béton, Abdou Tadjoudine n'a toujours pas de courant. "Il fait trop chaud la nuit et il y a les moustiques. On ne peut rien conserver à manger, il faut acheter les aliments au jour le jour. Et à côté de chez nous, tout le monde a récupéré l'électricité", s'agace l'homme de 43 ans, qui assure que "tous ses voisins sont en colère".
Dans ce quartier, l'exaspération a d'ailleurs poussé plusieurs habitants à bloquer la circulation le 15 janvier. Au milieu du carrefour qui dessert leurs maisons, des rondins de bois, des barrières de chantier et des panneaux de circulation empêchaient les véhicules de passer.
- "Aucun confort" -
Mais le manque d'électricité n'est pas le seul élément qui prive les habitants de confort. Certains souffrent également du manque d'eau.
Le territoire - dont les infrastructures ne permettent plus de couvrir les besoins depuis plus d'un an - privait déjà ses habitants d'eau courante pendant trente heures, tous les deux jours. Depuis le passage du cyclone, qui a gravement endommagé le réseau, certains attendent encore le rétablissement de la distribution.
"J'habite près du quartier de la Vigie à Labattoir et je n'ai pas d'eau depuis plus d'un mois", dit en soupirant un médecin du centre hospitalier de Mayotte qui vit sur l'île depuis deux ans. "J'ai un ami qui habite près de chez moi, je vais me doucher chez lui".
Une situation compliquée à gérer pour le soignant. "J'ai de grosses journées à l'hôpital, et quand je rentre je n'ai aucun confort. J'ai récupéré l'électricité il y a seulement quatre jours, je ne pouvais même pas cuisiner parce que j'ai des plaques électriques. Psychologiquement, c'est compliqué. J'ai même pensé à quitter le territoire", déclare-t-il.
Pour d'autres habitants de Petite-Terre, les coupures - qui suivaient jusque-là un planning - sont désormais aléatoires. "Il n'y a plus de règles", regrette Juliette, une habitante de Labattoir. "Ces derniers temps, l'eau revenait pendant trois heures ou quatre heures chaque matin mais depuis deux jours, je n'ai plus rien", constate celle qui s'inquiète de voir ses réserves diminuer.
Lucas n'a lui pas eu le temps de faire de réserves depuis plusieurs jours. "Chez moi, l'eau revient quand je suis déjà parti au travail. Et quand je rentre, il n'y a plus rien", déplore-t-il.
La société gestionnaire de l'eau, la SMAE, continue toutefois à diffuser des plannings de coupures et va de nouveau prolonger les périodes sans eau, passant de 30 heures à 36 heures.
"On vient juste de rouvrir", lance Zenabou Houmadi, un large sourire derrière le comptoir qui présente ses petites baguettes. "On a récupéré l'électricité hier. Ça faisait un mois que la boulangerie était fermée et que je ne pouvais pas travailler", ajoute la jeune employée en salouva (tenue traditionnelle) orangé, assorti au foulard qui lui maintient les cheveux.
Une période difficile sur le plan professionnel comme sur le plan personnel: "On a mangé des sardines, du thon en boîte et du riz pendant un mois", confie l'habitante du quartier qui s'éclairait à la bougie et grâce à des lampes solaires. "Mais surtout, il faisait extrêmement chaud la nuit, sans climatisation", retrace-t-elle.
Une situation vécue comme une injustice par celle qui voyait de la lumière dans toutes les maisons à la sortie de son quartier.
Selon la préfecture, le pourcentage de clients alimentés en électricité est désormais de 95% sur l'archipel, cinq semaines après le passage dévastateur du cyclone Chido.
Mais à quelques centaines de mètres de la boulangerie où travaille Zenabou Houmadi, certains ne sont toujours pas raccordés.
En haut d'une ruelle étroite, dans un quartier mêlant maisons en tôle et en béton, Abdou Tadjoudine n'a toujours pas de courant. "Il fait trop chaud la nuit et il y a les moustiques. On ne peut rien conserver à manger, il faut acheter les aliments au jour le jour. Et à côté de chez nous, tout le monde a récupéré l'électricité", s'agace l'homme de 43 ans, qui assure que "tous ses voisins sont en colère".
Dans ce quartier, l'exaspération a d'ailleurs poussé plusieurs habitants à bloquer la circulation le 15 janvier. Au milieu du carrefour qui dessert leurs maisons, des rondins de bois, des barrières de chantier et des panneaux de circulation empêchaient les véhicules de passer.
- "Aucun confort" -
Mais le manque d'électricité n'est pas le seul élément qui prive les habitants de confort. Certains souffrent également du manque d'eau.
Le territoire - dont les infrastructures ne permettent plus de couvrir les besoins depuis plus d'un an - privait déjà ses habitants d'eau courante pendant trente heures, tous les deux jours. Depuis le passage du cyclone, qui a gravement endommagé le réseau, certains attendent encore le rétablissement de la distribution.
"J'habite près du quartier de la Vigie à Labattoir et je n'ai pas d'eau depuis plus d'un mois", dit en soupirant un médecin du centre hospitalier de Mayotte qui vit sur l'île depuis deux ans. "J'ai un ami qui habite près de chez moi, je vais me doucher chez lui".
Une situation compliquée à gérer pour le soignant. "J'ai de grosses journées à l'hôpital, et quand je rentre je n'ai aucun confort. J'ai récupéré l'électricité il y a seulement quatre jours, je ne pouvais même pas cuisiner parce que j'ai des plaques électriques. Psychologiquement, c'est compliqué. J'ai même pensé à quitter le territoire", déclare-t-il.
Pour d'autres habitants de Petite-Terre, les coupures - qui suivaient jusque-là un planning - sont désormais aléatoires. "Il n'y a plus de règles", regrette Juliette, une habitante de Labattoir. "Ces derniers temps, l'eau revenait pendant trois heures ou quatre heures chaque matin mais depuis deux jours, je n'ai plus rien", constate celle qui s'inquiète de voir ses réserves diminuer.
Lucas n'a lui pas eu le temps de faire de réserves depuis plusieurs jours. "Chez moi, l'eau revient quand je suis déjà parti au travail. Et quand je rentre, il n'y a plus rien", déplore-t-il.
La société gestionnaire de l'eau, la SMAE, continue toutefois à diffuser des plannings de coupures et va de nouveau prolonger les périodes sans eau, passant de 30 heures à 36 heures.