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1861 : Gabriel Read déclenche la ruée vers l’or kiwi



Thomas Gabriel Read fut le personnage clé de la première ruée vers l’or en Nouvelle-Zélande, grâce à sa découverte de métal précieux dans l’Otago.
Thomas Gabriel Read fut le personnage clé de la première ruée vers l’or en Nouvelle-Zélande, grâce à sa découverte de métal précieux dans l’Otago.
TAHITI, le 27 décembre 2019 - La Californie d’abord (en 1848), l’Australie ensuite (en 1851) ont été le théâtre de formidables ruées vers l’or. Mais dans le triangle polynésien, la Nouvelle-Zélande connut elle aussi son époque dorée qui démarra le 23 mai 1861 lorsque Thomas Gabriel Read dénicha au fond d’une ravine de l’Otago et au bout de sa pioche, les premières belles pépites de métal précieux. Le secret ne fut pas gardé longtemps et une ruée se déclencha immédiatement...
 
Aotearoa, nom maori de la Nouvelle-Zélande, était réputée pour la qualité de son jade, une néphrite principalement récoltée sur la côte ouest de l’île du Sud. En revanche, si l’or était sans doute connu des Maoris, il ne fut jamais exploité par ces derniers qui lui préféraient la pierre verte, la pounamu. Pourtant, de l’or, il y en avait, beaucoup, dans les rivières descendant des Alpes du Sud et c’est à un Indien originaire de Bombay que les premières occurrences furent mises au jour dès 1857. Malheureusement, l’histoire n’a pas véritablement reconnu l’apport de cette première découverte, car elle était le fait d’un homme de couleur, Edward Peters, surnommé Black Peters eu égard à son teint de peau. Il est vrai aussi que ses trouvailles ne rapportèrent  -à lui et à ses associés- que quelques onces d’or ; mais du moins eut-il le mérite de mettre en évidence que dans la région de l’Otago, on pouvait trouver de l’or.

Echec en Californie, en Australie et en mer !

Après l’exploitation artisanale des alluvions de rivière vint le temps de la prospection souterraine dans les montagnes de l’Otago. Il fallait alors de gros moyens et les compagnies engagées dans cette nouvelle aventure devaient investir des sommes conséquentes.
Après l’exploitation artisanale des alluvions de rivière vint le temps de la prospection souterraine dans les montagnes de l’Otago. Il fallait alors de gros moyens et les compagnies engagées dans cette nouvelle aventure devaient investir des sommes conséquentes.
Thomas Gabriel Read reste, aujourd’hui encore, l’homme qui déclencha la première grande ruée vers l’or en Nouvelle-Zélande. Et pour cause, ce qu’il trouva, même s’il tenta de garder le secret, avait de quoi attirer bien des convoitises.
Gabriel Read était né en Tasmanie (aucune certitude à ce sujet), entre 1824 et 1826. Aîné d’une fratrie de dix membres, son père était commerçant et banquier. A ce titre, le petit Gabriel reçut une stricte et riche éducation (littérature, latin-grec, etc.). Qui plus est, il était un fervent croyant. On le décrivit, à l’époque, comme un jeune homme agité, ayant la bougeotte ; il partit tenter sa chance en Californie lors du déclenchement de la grande ruée vers l’or, mais la fortune ne lui souriant pas, il revint dans le Pacifique pour y faire du commerce en sillonnant la région avec une goélette. Manque de chance, il fit naufrage à Hawaii et décida alors de revenir à ses premières amours, l’or, en se rendant en Australie dans l’Etat du Victoria où sévissait une forte « fièvre jaune ». Là encore, à partir de 1854, la chance ne lui sourit guère mais en revanche, la violence extrême du site minier d’Euréka où il peinait l’incita à prendre le large. Il était de retour à Hobart, en Tasmanie, en 1860. A trente-cinq ans, il n’était guère plus avancé qu’au moment de son départ pour la Californie.

« Comme les étoiles d’Orion »

Edward Peters, d’origine indienne, surnommé Black Peters à cause de la couleur de sa peau, fut en réalité le premier découvreur d’or dans l’Otago, mais il mit au jour des quantités insuffisantes pour être exploitées.
Edward Peters, d’origine indienne, surnommé Black Peters à cause de la couleur de sa peau, fut en réalité le premier découvreur d’or dans l’Otago, mais il mit au jour des quantités insuffisantes pour être exploitées.
La fièvre de l’or le rongeait toujours. En 1860, après les découvertes décevantes de Black Peter en 1857 et 1958, il entendit parler d’une nouvelle découverte sur la rivière Mataura. En janvier 1861, il quittait l’Australie pour débarquer à Port Chalmers le 8 février 1861 à bord du Don Pedro II. Mais une fois de plus, les échos des prospecteurs de la Mataura River étant mauvais, il mit fin très vite à son expédition dans l’Otago. En mars 1861, il effectua une courte visite à un cousin mais une nouvelle découverte aurifère le ramena dans l’Otago dès le mois d’avril. Il se rendit sur un placer dans le district de Tuapeka (où avait prospecté Black Peter. Gabriel en était sûr, cette fois-ci serait la bonne et de fait, le 23 mai 1861 dans une étroite gorge, le métal précieux brilla au bout de sa pioche ; il décrivit ainsi sa trouvaille : « À un endroit où une sorte de chemin passait sur un fond peu profond, j'ai pelleté environ deux mètres et demi de graviers, je suis arrivé à une belle ardoise douce et j'ai vu l'or briller comme les étoiles d'Orion dans une nuit sombre et glacée ».
 

Victime de sa bougeotte

1861 : Gabriel Read déclenche la ruée vers l’or kiwi
Désireux d’empocher une prime offerte par les pouvoirs publics à qui trouverait de l’or en quantité commercialement exploitable, Read fit part de sa découverte au surintendant de l’époque, Richardson, et, bien entendu, le 28 juin, le conseil provincial d’Otago était publiquement informé des trouvailles de Read, ce qui déclencha quasi instantanément  la première grande ruée vers l’or en Nouvelle-Zélande : des centaines, puis des milliers de mineurs n’ayant pas réussi en Californie ou en Australie affluèrent en quelques mois. Le conseil provincial d’Otago reconnut la valeur de la découverte de Read et lui attribua la prime de cinq cents livres le 6 novembre 1861 (qui fut d’ailleurs doublée). Le lendemain, Read, qui s’était mis au service du gouvernement provincial pour trouver d’autres filons, annonça sa démission ; il ne se jugeait pas capable de continuer ses prospections, après avoir fait chou blanc sur le site de Waitahuna et dans les districts de Waipori, Pomahaka et Mataura. Au lieu de demeurer sur le site de ses premières trouvailles, site baptisé Gabriels Gully (où il aurait pu faire fortune), le Tasmanien, victime de sa bougeotte, avait quitté ce site pourtant prometteur dès le mois de juillet 1861.

Retour à la terre en Tasmanie

Sans doute amer de n’avoir pas su tirer partie de sa découverte à Gabriels Gully, Read demeura trois années encore dans l’Otago et reprit ses prospections à titre privé dans les rivières de Wararapa et sur les champs aurifères de Wakatipu et de Dunstan, mais jamais il ne trouva le filon qui aurait fait de lui l’homme riche qu’il désirait devenir.
En 1864, Read rentra en Tasmanie pour se faire agriculteur. Le 2 janvier 1869, il épousait sa cousine Amelia Mitchell, veuve du révérend James Mitchell ; le couple n’eut pas d’enfants. Le 20 avril 1887, Read était hospitalisé à l’asile de New Norfolk, car sa santé mentale s’était dégradée fortement. Depuis une chute lors d’une partie de chasse dans sa jeunesse, Gabriel souffrait de troubles divers, dont des crises de violences et des périodes d’excentricité exacerbée. Devenu maniaco-dépressif  à soixante ans passés, il resta enfermé jusqu’à sa mort, le 31 octobre 1894. Il ne laissa en héritage que quatre-vingt seize livres à sa veuve qui le suivit dans la tombe en 1897.

Aimé des mineurs et des politiques

Au moment de sa découverte à Gabriels Gully, Read était certes un peu excentrique mais parfaitement sain d’esprit. Conscient de l’importance de sa prospection, qui fit à l’époque de Dunedin la plus grande ville de Nouvelle-Zélande (et la plus riche), il sut se faire apprécier des mineurs comme des politiques de la région de l’Otago. Il était volontiers décrit comme généreux, franc, honnête et jamais il ne rechigna à bénévolement prospecter la région pour le compte de ses collègues et pour l’intérêt général. Il avait un sens aigu du devoir et ne songea peut-être pas assez à son propre intérêt, au moins sur le plan financier, dans sa recherche du métal précieux. Ce n’est en effet pas lui, il s’en faut de beaucoup, qui retira le plus d’or de Gabriels Gully. En revanche, il était très à cheval sur la reconnaissance qu’il méritait et la prime initiale de cinq cents livres sterling prévue par l’Otago pour la première découverte de gisements aurifères fut doublée à sa demande ; il encaissa donc mille livres. Malheureusement pour lui, deux autres prospecteurs, Horatio Hartley et Christopher Reilly mirent eux aussi au jour, en 1862, des gisements à la Clutha River et se virent remettre pour cela des primes supérieures à celle de Read qui ne cessa de contester la valeur de la découverte des deux hommes (Black Peters n’avait reçu pour sa part que cinquante livres...).

40 kilos d’or pur !

En août 1862, par une fraîche matinée d’hiver, l’employé siégeant derrière le comptoir du Trésor, dans la petite ville de Dunedin, songeait plus à éviter d’attraper froid qu’à s’occuper de ses rares clients. Et pourtant, lorsque deux hommes entrèrent, l’Américain Horatio Hartley et l’Irlandais Christopher Reilly, l’employé sentit qu’il allait avoir du travail car les visiteurs portaient apparemment un sac bien lourd. Stupeur quand celui-ci fut ouvert sur le comptoir, il contenait de l’or, la bagatelle de quarante kilos d’or pur ! Ce fut le début de la ruée vers Dunstan Creek, non loin de la ville de Cromwell, des centaines de prospecteurs se bousculant sur les berges des rivières Clutha, Shotover et Kawarau. Premiers arrivés, premiers servis, ceux qui parvinrent très vite sur place firent de très belles moissons tandis que les autres remontaient de plus en plus haut sur les petits affluents de ces rivières ; on était en plein hiver austral, il faisait très froid, il neigeait et même l’eau qui lavait les graviers des sluices gelait. En prime, à cette époque, il n’existait aucun moyen de se ravitailler, les prospecteurs s’étant enfoncés dans les montagnes avec pour toute nourriture un peu de farine et de thé. Autant dire qu’en quelques semaines de travail de forçat, avec une nourriture aussi pauvre, les cas de scorbut se multiplièrent. Beaucoup de ces malheureux perdirent la vie, mourant à la fois de carences en vitamines et de froid, vite ensevelis par les chutes de neige abondantes cet hiver-là. En 1863, dans ce Dunstan glacé, en plein cœur de l’île du Sud, on estima qu’ils furent plus de vingt quatre mille à venir tenter leur chance, bien peu ayant fait fortune...

Le temps des compagnies

Après les faciles récoltes d’or alluvial qui marquèrent la ruée vers l’or kiwi, le métal précieux demanda de plus gros efforts pour être mis au jour. Dans un premier temps, aux alentours des années 1870, ce furent des compagnies plus importantes qui exploitèrent en profondeur les alluvions des rivières de l’île du Sud. Il fallait pour cela des capitaux, des associés et des mineurs devenus de simples salariés. Ces alluvions exploitées, les compagnies se tournèrent alors vers les roches dures de la région qui n’avaient pas été laminées par les glaciers. Dans ces gisements techniquement très difficiles à exploiter, les mineurs devaient attaquer à la pioche et aux explosifs des massifs montagneux dans lesquels des filons d’or enserrés dans des veines de quartz avait été repérés par des géologues. Les mines devinrent souterraines. Il fallait encore plus de capitaux et les mineurs individuels avaient alors quasiment disparu du paysage... Des villes champignons sortirent de terre ici et là, mais elles disparurent aussi vite que les filons étaient vidés devenant des villes fantômes. La petite bourgade d’Arrowtown, près de Queenstown, est une des rarissimes villes rescapées, devenue une attraction touristique de premier plan.

Les premiers grammes d’or...

Si l’on date de 1861 la première grande ruée vers l’or en terre kiwie, il faut rendre à César ce qui est à César et rappeler que les toutes premières trouvailles de métal précieux se firent dans la péninsule de Coromandel et près de Nelson dès 1842 ; ce furent des baleiniers qui signalèrent la présence d’or dans ces deux sites. A cette époque, le pays  avait bien du mal à trouver des colons et les ruées vers l’or de Californie puis plus tard d’Australie eurent pour effet de vider la colonie britannique  d’une partie de sa main d’œuvre. Dès lors, les autorités locales décidèrent d’encourager la prospection en offrant une récompense de cinq cents livres à qui trouverait des gisements exploitables. En septembre 1852, un marchand de bois, Charles Ring, réclama la prime arguant qu’il y avait de l’or dans la presqu’île de Coromandel. Une petite ruée eut lieu qui aboutit à la découverte de seulement 1 500 livres d’or ; le métal était bien là, mais dans des veines de quartz rendant son extraction à l’époque non rentable. En deux mois à peine, l’affaire fut classée.
En 1856  une trouvaille plus encourageante fut faite puisque dans la vallée Aorere, près de Collingwood, près de quinze cents mineurs réussirent à extraire l’équivalent de cent cinquante mille livres d’or, mais le gisement fut très vite épuisé. On savait à cette époque qu’il y avait du métal précieux dans l’Otago et sur la côte ouest de l’île du Sud, mais en quantités non exploitables. En octobre 1851, fut décelée la présence d’or près de Palmerson, mais en quantité négligeable. D’autres petites occurrences furent découvertes en 1856 dans les alluvions de la rivière Mataura et dans la chaîne de Dunstan en 1858. En 1861, de l’or fut récolté près du col de Lindis, laissant clairement entendre que l’île du Sud avait potentiellement des sites plus riches. Le 23 mai 1861, la pioche de Gabriel Read faisait le reste...

Rédigé par Daniel Pardon le Vendredi 27 Décembre 2019 à 14:33 | Lu 1537 fois





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