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​Un guide de restauration des maite


Trois fosses pilotes ont été réhabilitées à Nukutavake dans le cadre du projet Komo Maite (Crédit : Vai Natura).
Trois fosses pilotes ont été réhabilitées à Nukutavake dans le cadre du projet Komo Maite (Crédit : Vai Natura).
Tahiti, le 24 avril 2026 - Remettre au goût du jour les maite, ces fosses de culture ancestrales qui ont nourri la population des Tuamotu pendant des siècles, c’est l’objectif d’un guide pratique accessible en ligne. Fruit de plusieurs mois d’expérimentation menés par la société Vai Natura et l’association Pu Tahi Haga No Ganaa avec le soutien de la commune de Nukutavake et de l’Union européenne, ce projet vise à “redonner vie à ces systèmes agricoles uniques, adaptés aux atolls et aux défis contemporains”.

 
Nommées maite dans les Tuamotu de l’ouest, kauvai à Reao et Pukarua, māroma à Tatakoto, les fosses de culture sont des aménagements horticoles propres aux atolls du Pacifique qui permettent aux plantes d’atteindre l’eau douce par capillarité. Recouvertes d’un mélange de sable et de compost, elles permettent de cultiver des tubercules comme le taro dans le fond, ainsi que des patates douces, des ignames, des bananes ou des ‘autī sur les flancs. Cette pratique agraire ancestrale et communautaire aurait été utilisée dès le peuplement des atolls autour de 1120 après J.-C., en complément des parcs à poissons. Elle s’est perdue suite à la réorganisation sociétale imposée par les missionnaires et l’administration coloniale à partir du XIXe siècle, au profit des produits importés et de la monoculture du cocotier.
 

​“Une solution ancestrale ingénieuse”


Voici un aperçu de l’histoire millénaire des maite présentée dans un guide pratique dédié à leur restauration selon les savoirs ancestraux pa’umotu. Cet ouvrage d’une vingtaine de pages a été réalisé dans le cadre du projet Komo Maite qui a permis de réhabiliter trois fosses pilotes à Nukutavake sous l’impulsion de la commune et ses habitants, de la société Vai Natura, représentée par l’hydrologue Matthieu Aureau, et de l’association Pu Tahi Haga No Ganaa, présidée par Maxime Hauata. “C’est un retour aux sources, mais avec des techniques adaptées à aujourd’hui”, souligne Axel Matai, coordinateur local du projet qui a bénéficié du soutien de l’Union européenne au titre du programme BestLife2030.
 
Il faut dire que cette “solution ancestrale ingénieuse” reste d’actualité, avec de nombreux atouts : “À l’heure où les changements globaux (dérèglement climatique, crises sanitaires, augmentation du prix du pétrole, etc.) rendent les communautés des îles éloignées particulièrement vulnérables, la question de la sécurité alimentaire se pose avec acuité. Les maite permettent de cultiver des tubercules et des plantes vivrières sans intrants chimiques et sans irrigation (...). La plantation de plantes indigènes ‘support’ autour du maite permet de regénérer les sols, de créer de l’ombrage, de produire de la matière organique pour le paillage et le compost, et de faire revenir la biodiversité, comme les insectes polinisateurs ou les oiseaux, dont le guano fertilise le sol.”  
 
Choix du site, remise en état, création du compost, sélection des productions, plantation, entretien, récole et rotation des cultures : ce guide propose une méthode complète, illustrée et détaillée “pas à pas”.
 


Lien et contacts

Télécharger le guide : https://vai-natura.com/documents/2026-guide-pratique-fosse-maite.pdf
Contacter Vai Natura ou Pu Tahi Haga No Ganaa par mail : [email protected] ou [email protected]

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Vendredi 24 Avril 2026 à 12:46 | Lu 605 fois