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​Teriipaia fait sa rentrée, avant les élèves


Tahiti, le 10 août 2023 - Le nouveau ministre de l'Éducation, Ronny Teriipaia, a présenté les chiffres de la rentrée scolaire 2023 depuis la présidence, jeudi matin.
 
Une semaine après avoir envoyé aux enseignants sa lettre de rentrée de neuf pages, le ministre de l'Éducation s'est présenté à la presse, jeudi à la présidence, pour annoncer les grandes lignes de la rentrée 2023-2024.
 
Cette année, ce sont 48 000 élèves du primaire et du secondaire (dans l'enseignement public) qui retrouvent les bancs des écoles. Un chiffre en repli d'environ 500 élèves par rapport à l'année précédente ; la faute à une natalité qui décroît d'année en année en Polynésie française. 5 243 personnels d'éducation accompagneront ces enfants contre 5 170 l'année passée.
 
Le credo du nouveau ministre se situe entre modernité et tradition. Modernité tout d'abord avec la liste des établissements qui bénéficient, ou vont bénéficier, de travaux de rajeunissement, mais aussi l'adaptation des réformes avec, en classe de 6e, du soutien et de l'approfondissement en français et mathématiques avec inscription de plages horaires dédiées aux “devoirs faits” dans l’emploi du temps.
 
Cette mise en œuvre est accompagnée, à l'échelle nationale et donc décidée par l'ancien ministre de l'Éducation à Paris, Pap Ndiaye, d'une revalorisation des rémunérations et paiement des missions nouvelles.
 
Autres nouveautés pour le pays, l'ouverture d'un CPAP “gestion et exploitation en milieu marin (GEMM)” au Cetad de Rangiroa, la mise en place du CPGE “adaptation technicien supérieur (ATS) en ingénierie industrielle” au lycée Diadème, une seconde pro “métiers du sport” et la mention complémentaire “encadrement du secteur sportif” au LP de Faa'a.

La culture mā’ohi s'impose par petites touches

Comme annoncé lors de sa lettre de rentrée, publiée la semaine dernière par Tahiti Infos, le ministre de l'Éducation a décidé, alternance politique oblige, de rehausser le curseur de l'apprentissage de la culture polynésienne dans les établissements scolaires. Rentrée en musique – et bien entendu pas du Kenji Girac –, amélioration des connaissances et de la pratique de la langue polynésienne, amélioration des connaissances de l'histoire et de la géographie polynésiennes, tout en conservant l'essentiel pour la réussite des enfants dans une société globalisée, le soutien et l'approfondissement en français et mathématiques en 6e.

Ronny Teriipaia
Ministre de l'Éducation
 
“Outiller les profs pour enseigner les langues”
 
“Si l'élève prend du plaisir à venir à l'école et qu'il est enthousiaste, cela ne peut être que bénéfique dans son parcours. Cela peut apaiser cette violence qui est là tous les jours, mais aussi essayer d'installer une meilleure communication entre tous les partenaires de la communauté éducative. Pour être simple, si on est gentil avec les élèves, les élèves sont gentils avec les profs, et on ne peut obtenir que de bons résultats. (…) Avec la DGEE, nous allons rouvrir le pôle d'enseignement polynésien. Ce pôle va contribuer à fournir des éléments qui peuvent outiller les enseignants qui ont des difficultés à enseigner le reo tahiti. (…) Enfin, pour les transports scolaires, chaque année, il y a des difficultés. Nous sommes en train de travailler dessus. Un dialogue est entamé avec les différentes sociétés pour essayer justement de régler les problèmes. Nous devons rappeler aux sociétés de transport que nos enfants sont importants et il faut leur donner tous les moyens pour que notre société avance, avec eux.”

La bonne idée dans la précipitation
 
Afin d'avoir une action à présenter pour le bilan des 100 jours, le ministère de la Santé, sous la houlette de Cédric Mercadal, a lancé l'idée récemment de faire délivrer tous les matins des petits déjeuners équilibrés dans quatre écoles primaires de Tahiti. Selon nos informations, il s'agirait d'environ 700 petits déjeuners servis tous les matins dans des écoles tests pour une valeur unitaire d'environ 200 francs. Une opération santé dans les écoles, qui est évidemment louable, mais à peine préparée, et qui pose bien des problèmes dans son organisation.
 
Jeudi, ce projet a été effleuré presque par mégarde lors de la conférence de presse de rentrée du ministre de l'Éducation, Ronny Teriipaia. Mais il est désormais acquis qu'il ne verra pas le jour tout de suite.
 
Toujours selon nos informations, la volonté de Cédric Mercadal d'injecter 7 millions de francs dans ce projet afin d'offrir des petits déjeuners jusque fin décembre se heurte aux compétences communales. La mise en place de ce dispositif implique nécessairement que c'est aux communes que revient son organisation. Qui va faire les petits déjeuners ? Qui va les servir ? Qui va s'occuper des achats pour les faire ?
 
Des questions sans réponses qui lèvent le voile sur une autre complication : les services de l'éducation seraient d'accord pour mettre un tel dispositif en place, mais hors temps scolaire. Les écoles publiques n'ont la responsabilité des élèves que dix minutes avant le début des cours. Pas plus. Les associations de parents d'élèves pourraient être aussi sollicitées… mais tous les établissements n'en disposent pas.
 
La mairie de Pirae, qui travaille sur un dispositif similaire sur sa commune, a lancé l'idée il y a près d'un an et devrait la concrétiser en janvier 2024.
 
Le ministère de la Santé propose là une bonne idée, mais qui ne va pas se concrétiser de suite.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Jeudi 10 Août 2023 à 18:07 | Lu 2824 fois