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​Sylviane Terooatea : “Je n’ai rien à craindre”


Tahiti, le 30 juin 2021 - Alors qu’une enquête pour prise illégale d'intérêt et favoritisme est ouverte contre Sylviane Terooatea et deux de ses ex-adjoints, l’ancienne tāvana de Uturoa assure n’avoir “rien à craindre, rien à cacher”. 
 
Ils peuvent mener leur enquête”, a lancé lundi l'ancienne tāvana de Uturoa, Sylviane Terooatea : “Je n’ai rien à craindre, rien à cacher”. Une enquête pour prise illégale d'intérêt et favoritisme a été ouverte à son encontre, comme nous l’avons révélé dimanche. Celle qui a dirigé Uturoa pendant 12 ans, de 2008 à 2020, n’avait pas souhaité réagir à cette information, dans un premier temps. Elle a finalement brisé le silence, en marge de l’élection à la mairie de son adversaire politique Matahi Brotherson. 

Sylviane Terooatea est soupçonnée d'avoir régulièrement fait louer par la commune, de 2017 à 2019, des chapiteaux à l'entreprise Manu location, détenue par son époux Emmanuel Terooatea. Fait qu’elle reconnait. Mais elle n’avait pas le choix, s’est-elle défendue lundi. D’abord, en raison d’un problème d’assurance, et surtout parce que “le seul prestataire sur l’île de Raiatea, c’est Manu Location”. 
 
“C’était la moins chère”
 
Deux de ses anciens adjoints sont également visés par cette enquête. Moeani Mou Kam Tse épouse Amaru est soupçonnée de favoritisme. Un de ses fils, Randy, aurait bénéficié du marché de l’entretien mécanique des véhicules municipaux entre 2014 à 2019, pour un montant total de 15 millions de Fcfp. Là encore, Sylviane Terooatea assure que les travaux d’entretien des véhicules et engins municipaux ont été attribués aux trois garagistes de la commune : “Tout ce qui est police municipales, on déposait chez Gilbert. Tout ce qui est véhicules de centrale, on déposait chez Freddy. Et tout ce qui est engins, camions et la voiture du maire, on déposait chez Randy. (…) On a partagé pour tous les garages.”

Rudolph Tchong Fong, ancien deuxième adjoint au maire est en outre soupçonné d'avoir fait bénéficier du marché des cocktails organisés par la mairie à son épouse, Rosalie, pour un montant de près de 2 millions de Fcfp. “Effectivement, elle est prestataire pour les cocktails. Mais nous n’avons pas travaillé qu’avec elle”, assure l’ancienne tāvana, tout en admettant une certaine régularité : “C’était la moins chère. Et surtout c’était la seule à accepter d’être payée par bons de commande. (…) Dans une commune il faut attendre deux-trois mois avant d’être payé. Tout le monde ne peut pas se permettre.
 
Quant à la plainte à l’origine de cette enquête, son origine ne fait pas mystère pour l’ancienne tāvana : elle a été déposée par l’équipe de Matahi Brotherson. Une information démentie par le nouveau maire de Uturoa.



Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Mercredi 30 Juin 2021 à 06:38 | Lu 1437 fois