Tahiti Infos

​Sur les routes, l'heure est à la "tolérance zéro"


Tahiti, le 29 mars 2024 – Alors que huit personnes ont perdu la vie dans des accidents mortels depuis le début de l'année et 34 en 2023, d'importants contrôles routiers ont été mis en place jeudi par la police et la gendarmerie. Présent lors de cette opération, le ministre en charge des transports routiers, Jordy Chan, a assuré que la Direction des transports terrestres était actuellement en train d'établir un "diagnostic" qui débouchera sur un "plan d'action structuré".  
 
Les automobilistes ont dû prendre leur mal en patience. Dès 15 heures ce jeudi, à la veille de ce long week-end de Pâques, près de 45 gendarmes et policiers ont en effet instauré plusieurs points de contrôles routiers devant le stade Boris-Léontieff et la caserne Broche à Arue. À cette occasion, les autorités ont fait un bilan de l'année 2023 en matière de sécurité routière. Une année noire sur les routes du Fenua puisque 34 personnes ont perdu la vie et 186 blessés sont à déplorer. Des chiffres qui se situent dans le spectre haut de la décennie écoulée. 
 
Pour le commandant de la gendarmerie pour la Polynésie française, le colonel Grégoire Demézon, "plusieurs facteurs" expliquent ce lourd bilan : "Il y a à la fois des problématiques de comportement sur la route et le fait qu'un certain nombre de choses qui ont été mises en place en Métropole – qui ont eu un impact très fort sur la mortalité – ne sont pas en place ici. Je pense au permis à points, au contrôle technique des véhicules, au contrôle automatisé de la vitesse. Il y aussi l'état du réseau routier mais il n'y a pas de fatalité et les services conduisent donc à la fois une activité répressive très forte et une activité de prévention et d'éducation à la sécurité routière." Pour "combattre ce fléau de la mortalité sur la route", les forces de l'ordre essaient donc de "jouer sur tous les leviers" même si le message, "très clair", reste celui de la "tolérance zéro". Depuis le début de l'année, ce sont d'ailleurs 4 400 infractions qui ont déjà été relevées par la gendarmerie. 
 
"Diagnostic"
 
Alors qu'un chargé de sécurité routière vient d'être engagé à la Direction des transports terrestres, le ministre en charge des transports routiers, Jordy Chan, a expliqué lors de cette opération de contrôles, jeudi, qu'il n'était pas exclu que la réglementation – une compétence du Pays – évolue. "Nous sommes en train d'établir un diagnostic qui sera ensuite partagé avec les services de l'État pour pouvoir recueillir les principales mesures à mettre en œuvre afin d'améliorer nos actions. Une fois que ce diagnostic aura été établi, nous pourrons proposer un plan d'action structuré pour pouvoir mettre en place des améliorations". 
 
Du côté de l'État – représenté par la directrice de cabinet du haut-commissaire de la République, Emilia Havez – on soulignait jeudi que la situation était meilleure qu'il y a une "quinzaine d'années" même si l'on a passé un "palier" et que l'on n'arrive plus à "progresser". "Ces dernières années, malgré l'intensification des contrôles, nous avons tout de même des comportements qui sont systématiquement à l'origine des morts sur les routes. Aujourd'hui, très clairement, l'État est donc là pour montrer la fermeté qui est la sienne."
 


Rédigé par Garance Colbert le Vendredi 29 Mars 2024 à 17:46 | Lu 3439 fois