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​Quand l'alcool “détruit la vie de couple”


Tahiti, le 19 avril 2024 – Un retraité de 57 ans a été jugé jeudi en comparution immédiate pour répondre de violences commises sur son ex-compagne sur fond d'alcoolisation commune. Le quinquagénaire, qui souffre de bipolarité, a été condamné à 15 mois de prison dont six avec sursis. 
 
Lors de l'audience de comparutions immédiates qui s'est déroulée jeudi après-midi, le tribunal a jugé un ancien agent de la fonction publique territoriale âgé de 57 ans qui était poursuivi pour des violences conjugales commises sur sa compagne, une femme de 20 ans sa cadette. Le 19 mars dernier à Paea, le couple avait commencé à se disputer car la victime reprochait à son compagnon d'avoir bu deux bières qu'elle avait achetées. Après des échanges virulents, l'homme avait fini par tirer les cheveux de sa conjointe et lui avait assené plusieurs coups. Ce n'est que le lendemain matin que la jeune femme avait pu appeler les secours. 
 
Jugé en l'absence de la victime jeudi, le prévenu a difficilement reconnu les faits en expliquant que c'était elle qui l'incitait à boire durant les six mois de leur relation. Alors que le président du tribunal lui rappelait que le certificat médical de la jeune femme faisait état de très nombreuses ecchymoses, le quinquagénaire lui a opposé qu'elle était tout de même restée à son domicile après les faits. Le retraité, déjà condamné pour des violences conjugales et des conduites sous l'empire d'un état alcoolique, a ensuite assuré qu'il était un homme “pas violent”.
 
Violences multiformes
 
Face à ces aveux en demi-teinte, le procureur de la République s'est dit très inquiet du fait que le prévenu fasse porter la responsabilité des violences à sa compagne. “Nous sommes face à des violences répétées et multiformes qui ont été portées sur tout son corps et je rappelle qu'avant cette relation, monsieur avait déjà été condamnés pour des faits liés à l'alcool.” Considérant qu'il fallait tenir compte de la “gravité” des violences, le représentant du ministère public a finalement requis 15 mois de prison dont six avec sursis assortis du maintien en détention. 
 
Aux yeux de l'avocat du prévenu, Me Gilles Jourdainne, c'est surtout la “maladie” de l'alcoolisme qui a détruit la vie du couple. Lors de sa plaidoirie, l'homme de loi a en effet rappelé que la dispute avait commencé car la victime se plaignait de ne plus avoir d'alcool. Il a plus largement fait allusion au récent rapport de la Cour des comptes qui a dressé un constat inquiétant sur les violences conjugales en Polynésie et en Nouvelle-Calédonie en affirmant que si l'État “fait son travail par le biais de la répression”, il y a cependant une “absence de fonds pour mettre en place des actions de prévention”. Après en avoir délibéré, le tribunal a finalement suivi les réquisitions du parquet.  
 

Rédigé par Garance Colbert le Vendredi 19 Avril 2024 à 09:52 | Lu 1790 fois