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​Présidentielle : après les violences, la droite plus décomplexée que jamais




Paris, France, le 21 octobre 2026. De Bruno Retailleau à Maud Bregeon, la droite et même une partie du bloc central jouent la surenchère après les violences du 17 octobre et n'hésitent plus à faire le lien entre pillages et immigration, sans pour autant faire de l'ombre au RN dans les sondages.


"Oui, il y a un lien entre une immigration massive qui crée des désordres sécuritaires et ce qui s'est passé", répète en boucle le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau. Il appelle le président de la République, Emmanuel Macron, à décréter l'Etat d'urgence sans attendre.

L'ancien ministre de l'Intérieur, qui avait créé la polémique l'an dernier en qualifiant de "barbares" les pilleurs qui ont déferlé sur les Champs-Elysées après la victoire du PSG, est allé encore plus loin, en dénonçant une "convergence entre l'extrême gauche et des racailles" issues de l'immigration.

Egalement candidat à l’Élysée, David Lisnard (ex-LR), président de l'Association des maires de France (AMF), affirme dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Le Point qu'il "faut être aveugle et sourd pour ne pas voir tous les drapeaux étrangers brandis lors de ces émeutes et les cris de haine à l’égard de la France proférés par ces voyous".

"Je m'en fous", a-t-il répondu lundi sur LCI, interrogé par une étudiante proche de La France insoumise sur le 17 octobre 1961, lorsque des dizaines d'Algériens furent tués et jetés dans la Seine par des policiers.

Cette tendance sémantique se retrouve jusque dans le bloc central, à l'image de la porte-parole du gouvernement Maud Brégeon, soutien d'Edouard Philippe à la présidentielle, qui a elle aussi repris le mot "racaille", évoquant "ce type de population-là" pour désigner les "délinquants".

Dans le même camp, l'ex-Premier ministre Gabriel Attal (Renaissance), avait évoqué dès lundi une "question civilisationnelle" sans aller plus loin.

Des propos qui auraient fait polémique il y a quelque temps, mais qui suscitent désormais peu de remous, comme l'explique Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean Jaurès.

Il évoque un déplacement de la dénommée "fenêtre d'Overton" qui indique le moment "où quelque chose qui n’était pas dicible dans l’espace public et politique le devient".

- "l'original à la copie" -

Ces déclarations très musclées contrastent avec les propos de Marine Le Pen (RN), qui n'a pas pointé du doigt l'immigration comme responsable des violences, préférant dénoncer "une menace sur la démocratie" et un pouvoir "à bout de souffle".

Au printemps dernier, en privé, elle avait déjà prévu que la droite durcirait le ton pendant la campagne, en allusion à son rival Bruno Retailleau, qui assume sa "radicalité" pour tenter de faire revenir au bercail les électeurs LR partis au RN.

"Il va se radicaliser" pendant la campagne comme "à chaque fois que quelqu'un se met en concurrence avec le RN", avait alors pronostiqué Marine Le Pen.

"Non seulement elle ne va pas aussi loin publiquement" que le candidat LR sur l'immigration, "mais elle a répété il y a quelques jours qu’il était possible d’être musulman et Français", souligne Jean-Yves Camus.

Doutant que le durcissement du discours de la droite lui permette de récolter des fruits dans les sondages où elle est à la peine, il rappelle l'argument de Jean-Marie Le Pen qui assurait que les électeurs préféraient toujours "l'original à la copie".

Mais si Mme Le Pen ne s'est pas avancée sur le terrain de l'immigration, le président du RN, Jordan Bardella, n'a pas hésiter à s'y aventurer, évoquant "une France des ultras et des +wallah+ mue par un sentiment de haine et de revanche".

Au micro de CNews, le maire de Nice, Eric Ciotti, qui s'est allié au RN il y a deux ans, n'a pas fait dans le détail pour dénoncer ouvertement une "intifada française (...) où se rejoignent les islamistes, les casseurs et les pilleurs."

Dans les sondages, le durcissement de la droite ne semble pas porter ses fruits, du moins pour l'instant : Bruno Retailleau et David Lisnard se situent entre 5 % et 8 %.

Eric Ciotti leur a d'ailleurs demandé d'abandonner "leurs candidatures de témoignages" et à se rassembler autour de celle de Marine Le Pen, "la seule qui peut gagner" à droite.

Rédigé par AFP le Mercredi 21 Octobre 2026 à 09:24 | Lu 68 fois


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