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​Près de 1 000 cas actifs aux Raromatai


À l'hôpital de Uturoa, l'unité Covid est saturée avec 18 patients pour 16 places.
À l'hôpital de Uturoa, l'unité Covid est saturée avec 18 patients pour 16 places.
Tahiti, le 16 août 2021- Les Raromatai comptaient lundi près de 1 000 cas actifs positifs au Covid-19. À l'hôpital de Raiatea, l'unité Covid est saturée avec plus de patients que de places. L'intégralité de ces patients n'est pas vaccinée. Les services médicaux se réorganisent pour faire face à cette situation inédite. C'est ce que nous a expliqué le médecin Thierry Beylier en charge de la cellule santé des îles Sous-le-Vent.
 
 
Avec plus de 350 cas actifs à Huahine et 300 à Raiatea, les deux îles sont les plus durement touchées des Raromatai qui en comptent près de 1 000 au total. L'unité Covid de l'hôpital de Raiatea est saturée avec 18 patients pour 16 places comme nous le précise Thierry Beylier, médecin subdivisionnaire des îles Sous-le-Vent, responsable de la cellule santé des Raromatai. Et ses précisions sont sans appel : “L'intégralité des patients Covid hospitalisés sont non vaccinés, essentiellement des personnes âgées et ou atteintes de comorbidités”.
 
L'hôpital de Uturoa n'a pas de  service de réanimation et les patients, en fonction de la gravité de leur cas, sont évasanés vers le CHPF. Pour pallier le problème de saturation, l'hôpital essaie d'organiser des sorties “précoces” pour des patients stables, quand c'est possible, vers des centres communautaires ou bien à domicile s'ils ne sont plus infectés. Ces malades restent sous concentration d'oxygène et sous la surveillance d'une infirmière libérale, avec la possibilité de retourner à l'hôpital si leur état le nécessite.
 
Des centres communautaires ont été ouverts dans les îles afin de permettre à des patients de s'isoler quand ils ne peuvent pas le faire à domicile, ils accueillent également les élèves internes qui ne peuvent pas rentrer dans leur île. Après un premier centre de 20 places, Raiatea en a ouvert un deuxième de 14 places, lundi. L'ouverture d'un troisième est envisagée dans la semaine si la situation le requiert.
 
Séparer les patients Covid des autres
 
À ce stade de l'épidémie, c'est tout le système des centres médicaux des Raromatai qui est en train d'être réorganisé. Comme nous l'explique le docteur Beylier, la fréquentation des centres médicaux est “parasitée” avec 150 à 200 personnes qui viennent se faire tester chaque jour auxquelles s'ajoutent les personnes qui reçoivent un vaccin (dont le nombre a doublé voire triplé certains jours). Et les patients Covid ne sont pas les seuls à avoir besoin de soins. D'autre part, il est tout naturellement préférable que “les malades potentiels du Covid ne contaminent pas les bien portants”.  
 
À cette problématique, deux solutions sont envisagées : la première serait d'abandonner les prélèvements et de préconiser l'isolement à toutes personnes qui ont des signes évocateurs du Covid avec une prise en charge uniquement des malades qui souffrent et qui ont des risques de complications. L'autre solution est d'éloigner les patients Covid des autres, au niveau de leur accueil et de leur parcours. Ainsi, il est envisagé de déplacer les soins de santé primaire tels que le suivi des nouveau-nés et de leur maman “hors les murs”.
 
En attente de renforts infirmiers
 
Cependant cette mesure se heurte à un problème désormais récurent de ressources humaines. Car le personnel médical, en plus de soigner les patients Covid doit aussi dépister, vacciner et bien sûr suivre les autres malades. Au moment même où une partie de ce personnel, “très exposé aux risques de contamination, est lui aussi covidé”.
 
Le docteur Beylier précise que des renforts infirmiers sont prévus mais pas encore arrivés. La réserve sanitaire qui a rejoint le fenua lundi est prioritairement destinée au CHPF, mais le taote espère bien que les hôpitaux périphériques, “qui souffrent beaucoup”, recevront eux-aussi du renfort.
 
 
Vaccination dans les lycées de Bora Bora et Raiatea
 
Le médecin rappelle l'importance de la vaccination. D'ailleurs dès cette semaine les lycéens de Raiatea et Bora Bora pourront se faire vacciner dans leur établissement, une opération mise en place avec la collaboration de la DGEE. Effectivement, depuis lundi l'autorisation parentale n'est plus requise pour les mineurs de 16 ans et plus qui souhaitent se faire vacciner. La vaccination, qui se fera en libre consentement éclairé de l'élève, sera organisée par les infirmiers scolaires.
 
Dans le reste des îles Sous-le-Vent, Bora Bora enregistrait lundi 125 cas actifs, Taha'a 100 et Maupiti 4. Des chiffres “minimalistes” puisqu'ils sont par définition évolutifs mais surtout parce qu'ils ne représentent que les résultats de tests antigéniques effectués sur place. À l'exception de Raiatea, les analyses RT-PCR sont effectuées à Tahiti par l'institut Louis Malardé (ILM), il faut donc attendre leurs résultats donnés trois à cinq jours plus tard.
 

Rédigé par Julie Barnac le Lundi 16 Août 2021 à 17:06 | Lu 2621 fois