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​Papillomavirus : Ne pas oublier les autres vaccins


​Papillomavirus : Ne pas oublier les autres vaccins
Tahiti, le 13 août 2021 – Alors que la crise sanitaire du Covid 19 attire vers elle tous les regards, la ligue contre le cancer tient à promouvoir l'importance du dépistage des cancers en Polynésie française, notamment celui du col de l'utérus, qui affiche un taux de mortalité élevé au fenua alors qu'un vaccin efficace à 97% existe.
 
"Malgré la situation actuelle du Covid-19, d'autres sujets de santé comme le cancer du col de l'utérus sont toujours d'actualité", rappelle la ligue contre le cancer de Polynésie française. Le cancer du col de l'utérus est attribuable dans la grande majorité des cas à une infection persistante par un papillomavirus humain (HPV) à haut-risque. Une infection très fréquente transmissible par contact sexuel. Avec 39 femmes hospitalisées au fenua en 2019, "le cancer continue de prendre de l'ampleur" concède la présidente de la ligue contre le cancer en Polynésie française, Natacha Helme. Un bilan qui aurait doublé en l'espace de "quatre à cinq ans". Le cout de ces hospitalisations représente un montant de 96,4 millions de Fcfp.
 
Un dépistage tardif
 
Le cancer du col de l'utérus est susceptible de toucher les femmes très jeunes, dès leur premier rapport sexuel. Malheureusement, les femmes atteintes de ce cancer ne se font pas dépister et se rendent chez leur médecin dix ans après, lorsque le cancer se déclare. Il est alors souvent trop tard. Le taux de mortalité des femmes touchée par le cancer du col de l'utérus en Polynésie française affiche 70% contre 33% en métropole (3 000 cas par an pour 1 000 décès). Le cancer du col de l'utérus reste encore très peu connu au fenua, tout comme son vaccin, efficace à 97,4%.
 
Un vaccin pas encore remboursé
 
En métropole, le vaccin contre le cancer du col de l'utérus est actuellement remboursé à hauteur de 65% par l'assurance maladie. Des organismes complémentaires interviennent souvent pour compléter le remboursement, notamment pour les jeunes filles et garçons âgés de 11 à 14 ans. C'est à partir de cet âge que les premiers rapports sexuels peuvent débuter et que la contamination du col de l'utérus intervient. Cette vaccination a d'ailleurs été inscrite au calendrier 2020 et est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2021 en France métropolitaine.
 
En Polynésie française, ce même vaccin "est à la charge totale des familles et coute près de 13 200 Fcfp", rappelle le vice-président de la ligue contre le cancer au fenua, le médecin-radiologue Pierre Catteau. "Ici, nous avons un très gros problème avec le cancer du col de l'utérus alors qu'il existe une vaccination extrêmement efficace".
 
Un projet de vaccination dans les écoles
 
Natache Helme l'affirme : "Il faut que les femmes, mais aussi les hommes sachent que ce vaccin existe". Pour Pierre Catteau, "il faut vacciner les enfants de 11 à 14 ans. La meilleure campane sera de vacciner directement dans les établissements scolaires. La ministre de l'Éducation, Christelle Lehartel, comme le ministre de la Santé, Jacques Raynal,  se sont dits favorables à la mise en œuvre de cette campagne de vaccination". La ligue contre le cancer souhaite une vaccination de grande ampleur en milieu scolaire gratuite. Pour cela, elle a sollicité le Pays et l'État.
 
Une sollicitation de l'État
 
"Nous avons sollicité le haut-commissariat pour demander à l'État de contribuer financièrement à la mise en place de cette campagne de vaccination" explique le vice-président de la ligue. "Nous souhaitons aussi un remboursement de ce vaccin via une contribution de l'État comme en métropole". Aussi, le registre de la santé étant de compétence territoriale, la ligue contre le cancer "souhaite une décision du Pays incluant la vaccination du col de l'utérus dans le calendrier vaccinal obligatoire".
 

Rédigé par Etienne Dorin le Vendredi 13 Août 2021 à 19:51 | Lu 1625 fois