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​Mises en cause pour homicide à La Dépêche


Tahiti, le 30 novembre 2021 - Quatre dirigeants de la société La Dépêche de Tahiti devaient être jugés mardi pour homicide involontaire après le décès, en janvier 2018, d’une employée de l’ex-imprimerie du groupe de presse. Le procès est renvoyé au 21 juin prochain faute de représentant légal à l’audience de la société en liquidation Rotative La Dépêche, elle-même poursuivie en tant que personne morale.
 
Le 27 janvier 2018, une employée de l’ex-imprimerie de la Dépêche de Tahiti, la société Rotative La Dépêche, était décédée d’un infarctus durant ses heures de travail. La victime était employée de nuit depuis des années et se trouvait en déficit de congés, faute d’effectif pour la remplacer à son poste de manutention. Parallèlement à l’époque, son employeur n’organisait plus depuis trois ans les visites de médecine du travail prévues par la règlementation. Or, le poste qu’occupait la défunte aurait justifié une visite annuelle. Dans les jours qui ont suivi le drame, le médecin légiste a établi un lien direct entre les efforts liés à la charge de travail de la défunte et son décès.

La société Rotative La Dépêche avait été mise en liquidation deux mois plus tard. Mais Dominique Auroy, Pierre Marchesini, Manina Kilian et Michel Yonker, les quatre dirigeants qui se sont succédé à la tête de la société durant la période de prévention sont aujourd’hui inquiétés pour homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité. Un chef de prévention qui engage aussi la société en tant que personne morale. L’affaire devait être instruite mardi matin à l’audience.
 
Problème de représentation
 
Le procès n’a cependant pu avoir lieu, à défaut de mandataire judiciaire pour représenter la société Rotative La Dépêche. Le liquidateur judiciaire en charge de la société a en effet décliné la responsabilité d’être le représentant légal de la Sarl au procès. Le tribunal a ordonné un renvoi au 21 juin 2022. Il devra d’ici-là nommer un mandataire judiciaire ad hoc pour représenter au procès la société en liquidation.
En cas de condamnation dans cette affaire, les prévenus risquent une peine d’emprisonnement de trois ans, assortie de 225 000 euros d’amende. La société en liquidation Rotative La Dépêche encourt quant à elle une peine maximale de 375 000 euros assortie de l’obligation d’affichage et de diffusion d’une éventuelle condamnation.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Mardi 30 Novembre 2021 à 11:16 | Lu 4751 fois