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​Mareva Nui mise 1,3 milliard sur son nouveau cargo


Le Mareva Nui II pourra embarquer 1 300 tonnes de fret dont 80 tonnes en chambre froide. Il aura aussi la possibilité de transporter 12 passagers par voyage, avec un "confort amélioré".
Le Mareva Nui II pourra embarquer 1 300 tonnes de fret dont 80 tonnes en chambre froide. Il aura aussi la possibilité de transporter 12 passagers par voyage, avec un "confort amélioré".
Tahiti, le 8 septembre 2021 - L’armateur du Mareva Nui projette de renouveler son outil de travail avec un nouveau cargo attendu pour fin 2023. Un investissement de 1,3 milliard qui permet à cette entreprise de se projeter sur les 25 prochaines années.
 
"Aujourd’hui : galère !", soupire Viriamu Fougerouse. Le directeur d’exploitation du Mareva Nui est tout occupé au prochain départ du caboteur, prévu de Motu Uta ce lundi. Comme chaque quinzaine, ce cargo de 60 mètres doit effectuer le transport de marchandises sur sa route habituelle de Ahe à Makemo, avec des arrêts à Tikehau, Rangiroa, Manihi, Fakarava. 16 atolls, 900 tonnes embarquées. Une artère de communication entre Papeete et les Tuamotu de l’ouest et du centre. Mais, comme ailleurs, la crise Covid a tapé aveuglément dans les équipages. Avec trois cadres en arrêt actuellement, garantir le départ de lundi n’est pas gagné. "On se débrouille quand même", rassure optimiste et un brin taiseux Viriamu. A quai, le navire est en cours de chargement. Il partira.

​45 ans d’exploitation

Le Mareva Nui a été mis à l’eau en 1976. Après 45 d’exploitation la société Transport maritime des Tuamotu ouest prévoit de le remplacer d’ici 2023.
Le Mareva Nui a été mis à l’eau en 1976. Après 45 d’exploitation la société Transport maritime des Tuamotu ouest prévoit de le remplacer d’ici 2023.
Il opère actuellement ses dernières années de service. L’entreprise familiale Transport maritime des Tuamotu ouest (TMTO), armateur de ce caboteur, travaille en effet au renouvellement de son outil de travail. Ce sera avec le Mareva Nui II, pour une mise en service au plus tard le 31 décembre 2023. L’actuel cargo a été acquis d’occasion en 1997, par le fondateur de l’entreprise, Siméon Richmond. Sa première mise à l’eau, c’était en 1976. Et pour le maintenir en exploitation, se fondre dans l’obligation de service public pour la desserte maritime sur son secteur, la règlementation locale impose à l’armateur une visite annuelle de sécurité qui doit donner lieu à un feu vert du bureau Véritas : contrôle de l’état des générateurs électriques, des moteurs, de la structure du navire, de l’épaisseur de la coque… Avec 45 ans d’exploitation au compteur, le Mareva Nui réclame aujourd’hui des interventions techniques plus longues et coûteuses. "Habituellement, c’est deux à trois semaines par an", indique Viriamu. "Là, depuis cinq ans, on est plutôt sur des opérations qui durent entre un mois et demi et deux mois, pour l’entretien et les réparations. Ca génère un manque à gagner et des charges supplémentaires."

​1,3 milliard d’investissement

Confrontée à un état de vétusté problématique de son cargo et mue par la nécessité d’un investissement pour rester rentable, l’entreprise familiale mise aujourd’hui sur un souffle nouveau. Ce sera avec le Mareva Nui II. Un investissement de 1,3 milliard de Fcfp. Le navire est en projet depuis 3 ans. Il sera plus gros, plus fonctionnel et permet à l’armateur de se projeter durablement dans le temps. 

En version 'stéroïdée', le Mareva Nui II, offre la promesse d’une capacité d’embarquement de 1300 tonnes de marchandises dont 80 tonnes stockées dans 205 mètres cubes en chambre froide. Et toujours la possibilité de transporter 12 passagers par voyage, avec un "confort amélioré". En soute, ce futur cargo pourra embarquer 195 000 litres, pour le ravitaillement de carburant en vrac. Surtout, il disposera de deux grues d’une capacité de levage de 40 tonnes et 10 tonnes, là où l’actuel Mareva Nui est limité à 5. "On améliore beaucoup les conditions de travail. Ce sera un navire plus rapide et plus moderne", promet le directeur d’exploitation, petit-fils du fondateur de l’entreprise qui se dit au passage "fier de poursuivre cette aventure familiale " avec sa maman, Turia Richmond, gérante de la société.

Si le Mareva Nui II devrait être construit par le chantier naval vietnamien Wong Ha Ship Building, l’armateur doit encore boucler le plan de financement de cette opération. Ce sera en partie sur fonds propres et par emprunt bancaire. Mais surtout avec le soutien du dispositif polynésien d’exonération, puis une fois le navire achevé, avec une aide à l’investissement de l’État, sous l’égide de la défiscalisation nationale. "Il nous reste la réponse de la défisc’ locale", assure Viriamu Fougerouse, qui croit savoir qu’un agrément pourrait être accordé à ce projet d’investissement "d’ici le mois prochain". Si tout se passe comme prévu, la commande au chantier naval aura lieu en décembre. "Avec ce qui se passe en ce moment, ce n’est pas simple d’être sur un projet de plus d’un milliard. Mais il débouche sur un outil de travail qui nous permet de nous projeter sur 20 à 25 ans d’exploitation."
La construction du Mareva Nui II devrait débuter en fin d’année et durer entre 19 et 24 mois.
La construction du Mareva Nui II devrait débuter en fin d’année et durer entre 19 et 24 mois.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Mercredi 8 Septembre 2021 à 12:32 | Lu 4763 fois