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​Les grévistes des Carrefour mobilisés



Tahiti, le 22 décembre 2020 – La grève menée par l'intersyndicale CSTP-FO, CSIP, A Ti'a i Mua, O oe to oe Rima et Otahi a été suivie dans les quatre magasins Carrefour de Tahiti. La direction évoque 40% de grévistes et les syndicats entre 40 et 60% selon les enseignes. De nouvelles négociations devaient se tenir mardi soir.
 
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le premier jour de grève n'est pas passé inaperçu mardi dans les quatre magasins Carrefour de Tahiti. A l'appel de l'intersyndicale CSTP-FO, CSIP, A Ti'a i Mua, O oe to oe Rima et Otahi, les salariés grévistes se sont massivement postés à l'entrée des enseignes, avec banderoles et panneaux en carton, croisant les nombreux clients venus faire leurs dernières emplettes de Noël.
 
Côté mobilisation, la direction du groupe de grande distribution concède le chiffre moyen de 40% de grévistes dans les différentes entités de Punaauia, Faa'a, Arue et Taravao. "On est en mode dégradé comme c'était prévu", a réagi la directrice grande distribution du groupe, Nancy Wane, au micro de Radio 1. "Contrairement à ce qui était annoncé par les syndicats qui attendaient 80% de mobilisation du personnel, on est à 40% de mobilisation. Le service est un peu perturbé. Au niveau des caisses, il y a un peu d'attente. Mais en tous cas, au niveau du magasin on assure." Côté syndicats, on revendique 40 à 60% de grévistes, avec les taux les plus élevés à Punaauia et la plus faible mobilisation à Taravao.
 
"Le groupe n'a pas trop souffert"
 
Des négociations devaient se tenir mardi soir pour tenter de trouver une issue à un conflit dont le timing n'arrange vraiment les affaires du groupe Carrefour. Les revendications portent très majoritairement sur le maintien d'avantages acquis ces dernières années. Ce qui expliquait notamment la présence de nombreux salariés "anciens" sur les piquets de grève mardi. Mais le point bloquant concerne toujours la fameuse directrice des ressources humaines (DRH) du groupe. "On nous dit que la directrice des ressources humaines est Polynésienne et compétente. Mais depuis qu'elle est arrivée, elle cherche à retirer tous les acquis des salariés", pestait mardi matin le secrétaire général de O oe to oe Rima, Atonia Teriinohorai, devant Carrefour Faa'a mardi matin. "Le seul moyen de faire avancer les choses est de discuter avec Louis Wane. C'est lui qui a mis en place toute cette entreprise. Les salariés ont eu des acquis avec lui."
 
A ses côtés, le secrétaire général de la CSTP-FO, Patrick Galenon, brandissait une autre menace. Celle de l'extension de la grève aux autres sociétés du groupe, citant notamment les magasins Champion ou Easy Market. Pour le syndicaliste, les revendications sont un juste retour des choses, malgré le contexte de crise : "Il faut savoir que le prix de l'alimentation a augmenté de 3,4% et que le groupe n'a pas trop souffert. Il n'a perdu trop d'argent. Les salariés ont travaillé dans ce contexte anxiogène, quelque part il faut leur rendre un peu ce que la richesse a produit pour le groupe. Tout simplement."
 
Sans accord, la grève illimité peut se poursuivre mercredi et les jours suivant.
 

Atonia Teriinohorai, secrétaire général de O Oe To Oe rima : "C'est un avertissement"

"Il faut le groupe entende les salariés parce qu'il y a un sacré malaise. On nous dit que la directrice des ressources humaines est Polynésienne et compétente. Mais depuis qu'elle est arrivée, elle cherche à retirer tous les acquis des salariés. Leur travail c'est d'épauler les salariés et non pas de les convoquer et de faire une enquête interne. Il y a du harcèlement. Aujourd'hui, les différents directeurs se revoient la balle. Le seul moyen de faire avancer les choses est de discuter avec Louis Wane. C'est lui qui a mis en place toute cette entreprise. Les salariés ont eu des acquis avec lui. C'est un avertissement que nous lançons à l'ensemble du groupe Wane. On ne parle pas seulement des magasins Carrefour. Si jamais les discussions n'avancent pas, les autres sociétés appartenant au groupe Wane avec d'autres confédérations syndicales sont prêtes à suivre ce mouvement. On ne veut pas aller jusque-là. On demande juste que les accords qui ont été passés avec Louis Wane soient respectés."
 

​Patrick Galenon, secrétaire général de la CSTP-FO : "Je compte sur la sagesse de Louis et de Nancy"

La grève est plutôt suivie, c'est une satisfaction pour vous ?
 
"Ca aurait pu aller mieux si on n'avait pas fait grève, si on avait pu négocier. Ca dépend de la volonté des salariés. J'ai fait un tour à Punaauia et à Arue et c'est très très suivi. Mais c'est dommage d'en arriver là, parce que Louis Wane avait créé ça et était dans une entreprise solidaire. Aujourd'hui, on durcit de plus en plus le système et du coup les gens se crispent. S'ils pensent (le Medef, NDLR) que faire la grève c'est du chantage, je rappelle que toute l'année certains patrons nous font du chantage. Alors entre les deux, je préfère faire du chantage un ou deux jour plutôt que toute l'année.
 
Vous pensez que cette grève va durer ?
 
"Non, je ne pense pas que ce mouvement va durer, parce que je compte sur la sagesse de Louis et de Nancy. C'est dommage pour la qualité et la vision qu'on a du groupe qui a toujours été solidaire vis-à-vis des salariés, et qui a toujours évité les grèves. Ce que je regrette c'est qu'ils ont attendu le dernier jour, le dernier après-midi, pour accepter de négocier. Ce n'est pas sérieux. Il est vrai que sur les 16 revendications on peut discuter, mais pas en un après-midi. Leur stratégie c'était de dire qu'on n'irait jamais en grève, qu'il y aurait trop peu de monde. (…) Il faut savoir que le prix de l'alimentation a augmenté de 3,4% et que le groupe n'a pas trop souffert. Il n'a perdu trop d'argent. Les salariés ont travaillé dans ce contexte anxiogène, quelque part il faut leur rendre un peu ce que la richesse a produit pour le groupe. Tout simplement."
 


Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 22 Décembre 2020 à 19:47 | Lu 3797 fois





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