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​Le va’a travaille à son accession aux Jeux


Tahiti, le 25 mars 2024 - À quelques mois des Jeux Olympiques, la discipline du va’a veut se voir attribuer les valeurs de l’olympisme. Pour cela, la Fédération tahitienne de va’a, avec le soutien des communes de Tereheamanu, lance dès cette année un programme de cohésion sociale, éducative, culturelle et environnementale pour la paix, un préalable indispensable avant de prétendre défendre les valeurs inscrites dans la charte olympique.
 
Sous la présidence du maire Tearii Alpha, la Communauté des communes Tereheamanu a invité ce dimanche dans ses locaux à Taravao, les représentants de la Fédération tahitienne de va’a, pour la présentation du programme de cohésion pour la paix, autour d’un bon mā’a tahiti. Comme l’a indiqué l’ancien ministre des Sports, Jean-Pierre Beaury, aujourd’hui porteur du projet, “c’est par respect des anciens que je suis allé à la rencontre de Tereheamanu qui est le berceau du va’a. Et le va’a c’est l’âme du sport polynésien”. La communauté se voit ravie aujourd’hui de pouvoir accueillir ce programme sur son terrain qui regroupe tout de même les deux tiers de l’île de Tahiti, “une toute première expérience qui permettra d’ajuster le dispositif avant de le présenter au gouvernement du Pays pour aller vers un processus olympique”, d’après Jean-Pierre Beaury. Pour sa part, Tearii Alpha, président de la Comcom Tereheamanu et maire de Teva i Uta, a rappelé que “les clubs qui ont marqué l’histoire du va’a et qui ont porté la création des fédérations depuis 50 ans, sont originaires des communes de Tautira, Teahupoo, Vairao, Papeari, Mataiea et Papara”. Aussi, a-t-il poursuivit : “il a donc été naturel pour nous, les élus de Tereheamanu, de soutenir l’histoire de notre fédération de va’a, de raviver le va’a dans nos communes, pour cet objectif d’excellence qu’est l’olympisme.”
 
Les autres communes de la Polynésie, où le va’a se pratique également, pourront ainsi s’en inspirer pour lancer leur propre programme de cohésion, sans pour autant viser les valeurs olympiques. “L’important c’est de montrer aux enfants, aux jeunes qui sont dans des situations sensibles que le sport développe des attitudes qui permettent de sortir de l’oisiveté et de l’incivisme”, estime Jean-Pierre Beaury.
 
Peace and sport
 
Pour prétendre aux valeurs olympiques, le va’a devra se voir attribuer le “label” de paix et se pratiquer dans les cinq continents du globe. Le dernier qui lui reste n’étant autre que l’Afrique, la Fédération de va’a tente de faire entrer la discipline au Maroc, grâce à des bénévoles du sport de haut niveau, comme Samir Azinami, moniteur de sky diplômé d’État ou encore Hinatea Bernadino, ambassadrice du sport pour la paix. Leur mission : représenter le va’a polynésien au forum “Peace and sport”, en décembre prochain à Monaco. Le rendez-vous doit permettre d’ouvrir des discussions diplomatiques avec les autorités du Maroc. “On y va pour regrouper plus de monde dans le va’a au niveau international, mais surtout pour toucher le continent africain. Mais pour cela on doit présenter nos actions sur de terrain avec ce programme de cohésion”, souligne Hinatea Bernadino.
 
Au plan local, le programme prévoit notamment pour toutes les communes de Tereheamanu, de développer la pratique du va’a chez les jeunes en dehors des périodes scolaires, de développer un tourisme sportif par le va’a, de sensibiliser aux causes environnementales, d’ouvrir et de promouvoir le Para-va’a, mais aussi d’organiser des rencontres, des compétitions, ou encore des échanges culturels. Un vaste programme à suivre.

Rédigé par Paora’i Raveino le Lundi 25 Mars 2024 à 15:29 | Lu 2033 fois