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​Le report de l'obligation vaccinale accueilli fraîchement


Tahiti, le 15 octobre 2021 – Une échéance qui "s'éloigne" mais un problème non résolu pour les syndicats de salariés et certains syndicats enseignants. Une reculade difficile à comprendre pour le Medef… Les réactions sont restées mitigées cette semaine à l'annonce du report de l'application de la loi sur l'obligation vaccinale…
 
A l'origine d'un des recours contre la loi du Pays sur l'obligation vaccinale, rejeté en référé et toujours en cours sur le fond, le syndicat enseignant Stip-AEP –majoritaire dans le premier degré– dit avoir accueilli de façon mitigée l'annonce du report de l'application du texte de deux mois supplémentaires par Edouard Fritch mercredi. "Pour le moment ça calme un peu parce que ça éloigne l'échéance, mais pour nous le combat n'est pas terminé. On a préféré la voie légale, c'est celle qui va régler la question une fois pour toutes. Mais nous regrettons que l'on continue à vouloir imposer cette loi, sans nous avoir consulté", explique la secrétaire générale du Stip-AEP, Diana Yieng Kow. "Il y a une difficulté sur la confidentialité de l'état d'un collègue. Pas plus qu'hier, une note de service sur une sortie scolaire  a circulé en demandant aux accompagnants d'enfants de présenter un schéma vaccinal complet. Légalement, nous estimons que l'éducation ne peut pas demander ce genre de chose au personnel sans violer le secret médical."
 
Du côté de la fédération des syndicats enseignants Unsa Education, le secrétaire général en Polynésie française, Thierry Barrère, explique que la position de la fédération au niveau national est favorable à cette obligation vaccinale. Il précise que les syndicats autonomes membres de l'Unsa, comme le Stip-AEP, peuvent néanmoins agir contre la loi mais sous leur seule bannière. Thierry Barrère qui juge tout de même la décision d'Edouard Fritch "sage" dans la mesure "où pour l'instant il n'y a pas beaucoup de visibilité et où les contours de l'application de cette loi ne sont pas bien nets".
 
Le Medef refroidi
 
Côté entreprises, la décision d'Edouard Fritch a également été accueillie avec une certaine fraîcheur. Le Medef Polynésie, très actif sur ces questions de l'application du texte sur l'obligation vaccinale, voit toujours ses questions de mises en œuvre déposées à l'Arass non résolues. Le président de l'organisation patronale, Frédéric Dock, s'interroge ouvertement sur la stratégie sanitaire du Pays. "Alors qu'on avait tous compris qu'une course contre la montre s'était enclenchée contre le virus, on décale ce texte de deux mois… Dont acte", lâche le patron du Medef Polynésie. Frédéric Dock affirme également que les entreprises polynésiennes ont moyennement goûté de se retrouver "clouées au pilori" sur "l'incompréhension" du texte, alors qu'elles sont "les premières à avoir joué le jeu de l'accélération de la vaccination" en "facilitant l'accès de nos salariés à la vaccination", et alors qu'elles ont "toujours été proactives pour demander des informations au Pays" sur cet épineux sujet.
 
Côté syndicats de salariés, le leader de la CSTP-FO, Patrick Galenon, a confirmé jeudi à TNTV qu'un préavis de grève générale contre la loi du Pays sur l'obligation vaccinale couvait ces derniers jours. Et comme le Stip-AEP, Patrick Galenon estime que le problème de cette loi du Pays demeure et qu'il n'a été "que" repoussé à la fin décembre.
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Vendredi 15 Octobre 2021 à 18:51 | Lu 3290 fois