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​Le long chemin de la rééducation



(AFP, Suliane Favennec)
(AFP, Suliane Favennec)
Tahiti, le 13 septembre 2021 - AFP - Après la réanimation, il y a la rééducation. Ouvert en janvier 2020, le centre Ora Ora est un établissement en hospitalisation de jour qui s'est spécialisé dans la prise en charge en soins de suite et réadaptation pour les patients souffrant d'obésité et des co-morbidités en lien.
 
"Les gens ont été cassés. Ils ont vécu des jours, des semaines, de noyades." Dans un centre de rééducation de Papeete, les patients empruntent le long et difficile chemin de la reconstruction après avoir frôlé l'abîme à cause du Covid. Dans cette grande salle à Pirae, où des tapis de courses côtoient des vélos d'entraînement, se trouvent neuf patients du groupe de rééducation, dont sept ont eu le Covid et quatre restent dépendants pour respirer à l'aide de bouteilles d'oxygène plus ou moins lourdes selon leurs besoins.
 
Ouvert en janvier 2020, le centre Ora Ora est un établissement en hospitalisation de jour qui s'est spécialisé dans la prise en charge en soins de suite et réadaptation pour les patients souffrant d'obésité et des co-morbidités en lien. "Autour du Covid, la première co-morbidité, et assez souvent la seule, c'est l'obésité", rappelle le Dr Philippe Brugiroux, co-fondateur du centre Oro Ora, qui propose les services de diététiciens et de nutritionnistes en plus des kinésithérapeutes et autres ergothérapeutes.
 
L'établissement a rapidement accueilli des patients sortis de réanimation après l'arrivée de la première vague de l'épidémie de Covid-19 en 2020. Et il accueille depuis le 24 août ceux de la deuxième grande vague, liée au Delta, qui submerge la Polynésie depuis fin juillet. "On est au tout début, nous allons augmenter", assure le Dr Philippe Brugiroux, co-fondateur du centre. "Les patients post-Covid qui arrivent à Ora Ora ont entre 2 et 6 litres d'oxygène par minute", ce qui n'est pas grand chose par rapport aux 15 à 60 litres reçus en réanimation, et "notre objectif c'est d'arriver à un sevrage au repos et dans un deuxième temps un sevrage à l'effort", explique le Dr Brugiroux. Vaiana, une jeune femme passée par la réa, est sur la bonne voie. "C'est ma troisième semaine, et depuis déjà la deuxième, je n'ai plus besoin d'oxygène au repos", témoigne-t-elle.
 
"Je ne savais pas"
 
Walter Duvale, toujours dépendant de sa bouteille d'oxygène, souhaite, lui, retrouver rapidement ses capacités pulmonaires mais aussi ses fonctions cardiaques abimées par la maladie. Passé de 128 à 110 kg après son hospitalisation en réanimation, il a découvert avec les cours de la diététicienne que "tous les aliments que je mange, il y a du sel dedans, je ne savais pas", raconte-t-il ajoutant qu'il veut encore maigrir.
 
"Ce sont des gens qui ont eu une cure d'amaigrissement sans le chercher", ils ont perdu en moyenne durant l'hospitalisation "dix kilos, mais ce n'est pas que du gras, ce sont aussi des muscles", et le corps doit réapprendre à fonctionner, indique le Dr Brugiroux. "On a pu sortir les gens de réa, mais il faut les reconstruire", car des semaines après la fin de leur hospitalisation, les patients souffrent toujours "de fatigue, de tachycardie à l'effort et de maux de tête", assure le médecin qui va plus loin : "les gens ont été cassés. Ils ont vécu des jours, des semaines, de noyades, leur préoccupation c'était la prochaine respiration", cela peut aller jusqu'à déclencher "des syndromes post traumatique".
 
"Ceux qui étaient sous oxygène à haut débit conscients, ils vont voir que les voisins peuvent mourir, on va changer les malades, on est un peu dans une médecine de guerre", ajoute-t-il. Pour le co-gérant du centre, Daniel Monconduit, kinésithérapeute, psychologue et docteur en anthopologie, outre les soins physiques "il y a une souffrance spirituelle à prendre en compte" pour les patients polynésiens qui ont eu le Covid qui se demandent "qu'est ce que j'ai fait contre Dieu" pour vivre ça ?
 

(AFP, Suliane Favennec)
(AFP, Suliane Favennec)

Rédigé par Emmanuelle Trecolle, AFP le Lundi 13 Septembre 2021 à 18:23 | Lu 1503 fois





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