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​Le livre fait salon à Raiatea


Raiatea, le 3 décembre 2021 – Depuis mercredi et jusqu'à demain se tient la septième édition du Salon du livre à la mairie de Uturoa. Diverses activités autour du livre et rencontres avec les auteurs sont au programme.
 
C’est la septième édition du Salon du livre de Raiatea qu’organise l’association Lire sous le vent. Ce rendez-vous bisannuel se déroule dans la lancée du Salon du livre à Tahiti qui s’est tenue du 18 au 21 novembre dernier à la Maison de la culture de Papeete.
 
Cette année, beaucoup d’auteurs, d’éditeurs et d’illustrateurs étaient rassemblés dans le hall de la mairie de Uturoa. Cela a été rendu possible grâce au soutient de l’association Lire en Polynésie, qui regroupe toutes les maisons d’éditions de Tahiti, ainsi que l’Association des auteurs, illustrateurs et compositeurs Tāparau qui regroupe et accompagne les indépendants.
Les auteurs de Raiatea, comme Claudine Goché ou Henri Theureau, étaient également présents.

​Une démarche pédagogique


En plus des rencontres et dédicaces avec les auteurs, une quarantaine d’ateliers étaient organisés pour les élèves de l’île. Au total, 700 élèves du lycée de Uturoa, du lycée professionnel de Uturoa, du lycée Anne Marie Javouhay, du collège de Faaroa et même du collège de Taha’a ont fait le déplacement.
 
L’illustratrice originaire de Moorea, Leia Chang Soi, a eu l’occasion de leur présenter son parcours et son métier. Formée à l’École supérieure privée des arts appliqués de Nantes, l’école Pivaut, elle est revenue en Polynésie pour promouvoir la culture. Depuis, elle est à l’origine de plusieurs illustrations de livres et contes pour enfants. Les élèves, intéressés par ce métier, ont ensuite pu suivre son cours de dessin.

​Ra’i Chaze, un exemple pour la jeunesse


Ra’i Chaze, première Polynésienne à publier un roman, était également invitée à Raiatea. L’écrivaine est en cours d’écriture de son 25e livre. Née à Tahiti, elle explique qu’il lui fut pourtant difficile à l’époque de s’imposer en tant qu’auteure. "J’ai très vite appris à lire et à écrire, et depuis petite j’écris des histoires. Mais je ne croyais pas en ce métier. Je me souviens d’un petit déjeuner en famille, avec un tonton qui demande : ‘Que voulez-vous faire plus tard ?’ Et quand j’ai répondu écrivain, tout le monde s’est foutu de moi. Ils m’ont fait comprendre que ce n’était pas pour nous les ta’ata tahiti, c’était pour les popa’a. Ça m’a cassé, pendant longtemps je ne croyais pas en moi. Je me suis réorientée, j’ai travaillé en tant que photographe de mode aux États-Unis. Puis c’est revenu quand j’étais enceinte et que le père de mes enfants est décédé. Je me suis retrouvée seule, et quelques semaines plus tard j’ai commencé à écrire mon livre. J’ai publié mon premier roman Vai, la rivière au ciel sans nuage, en 1990, c’était un roman intimiste. Quand mon éditeur a décidé de le publier, étant croyante, je me suis souvenue d’une prière que j’avais faite où je demandais ce qu’était mon talent. Depuis j’écris des recueils de poèmes, des contes pour enfants, avec toujours cette envie et ce besoin d’écrire. Les retours des parents et des enseignants m’enchantent, car mon but est de donner aux enfants et aux parents le rêve et le goût de la lecture. Moi c’est ce qui m’a sauvé."

Rédigé par V.Leroi le Vendredi 3 Décembre 2021 à 15:10 | Lu 778 fois