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​Le Pays impose le vaccin à l'entrée


Tahiti, le 8 décembre 2021 – Pour barrer l'entrée du variant Omicron au fenua, le Pays a décidé mercredi en conseil des ministres d'imposer la vaccination obligatoire à tout voyageur souhaitant entrer sur le territoire de la Polynésie française. Les syndicats qui demandaient cette mesure depuis près d'un an jubilent, mais craignent que la mesure soit attaquée par le haut-commissariat.
 
La mesure serait presque passée inaperçue, glissée au milieu du compte-rendu du conseil des ministres. Le gouvernement a pris mercredi un arrêté imposant "un schéma vaccinal complet pour toute personne souhaitant se déplacer vers la Polynésie française". Une mesure prise "dans le contexte d’un développement extrêmement rapide d’un nouveau variant du SARS-CoV-2, dénommé Omicron" et qui vient s'ajouter aux "mesures déjà existantes telles que le test négatif préalable à l’embarquement et les tests à l’arrivée sur le territoire".
 
Le compte-rendu du conseil des ministres précise que cet arrêté, une première depuis l'apparition du virus au fenua, doit permettre de "limiter le plus possible le risque d’introduction de nouveau variant". Raison pour laquelle l'arrêté fixe également une obligation de "tests de surveillance aux quatrième et huitième jours suivant l'arrivée sur l'île de Tahiti" pour les voyageurs arrivant de "zones particulièrement à risque en raison de la circulation du variant Omicron".
 
Galenon applaudit
 
Demandée depuis plus d'un an par les organisations syndicales, cette vaccination obligatoire pour tous les voyageurs entrant sur le territoire est un pas osé du gouvernement. Le secrétaire général de la CSTP-FO, Patrick Galenon, ne cache pas sa satisfaction et explique que le sujet avait été évoqué avec le président du Pays lors des négociations sur la dernière grève générale. "Je suis content. C'était quelque chose qu'on demandait depuis longtemps. On avait 'checké' avec le président là dessus lors des négociations sur la grève générale. Je lui avais dit que je le soutiendrai dans cette démarche. Il l'a fait. Je lui ai même envoyé un petit mot pour le remercier."
 
Pour Patrick Galenon, cette mesure est importante pour deux raisons. D'une part, elle va permettre un meilleur "contrôle" à l'entrée sur le territoire. "S'il y a des gens qui arrivent, on ne pourra pas éviter totalement qu'ils soient contaminant, mais ils le seront beaucoup moins". Et si le passage par les Etats-Unis impose de fait aujourd'hui cette obligation vaccinale aux passagers, elle sera désormais également obligatoire pour les futurs arrivants de Nouvelle-Calédonie, Australie ou Nouvelle-Zélande lorsque les vols reprendront. D'autre part, Patrick Galenon affirme que cette décision va permettre de mieux faire passer le message de l'obligation vaccinale aux salariés. "L'obligation vaccinale doit être pour tout le monde ou personnes. Maintenant, ça va être plus facile pour nous de faire comprendre aux salariés qu'il y a une obligation vaccinale."
 
Mesure attaquable
 
Reste un bémol, affirme Patrick Galenon. La mesure semble bancale du point de vue de la compétence du Pays. "Visiblement, le haut-commissaire va attaquer parce que ce n'est pas de la compétence du territoire. Mais à ce moment là, ce sera de sa responsabilité. Avec le variant Omicron, le haut-commissaire prendra la responsabilité de la crise sanitaire, de la crise sociale et de la crise économique qui va arriver." Contactés, les services du haut-commissariat affirmaient mercredi "découvrir" cette mesure et confirmaient qu'une question juridique devrait être étudiée dans les jours à venir. La santé étant de compétence du Pays, mais les libertés publiques de compétence de l'Etat.
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Jeudi 9 Décembre 2021 à 16:14 | Lu 5362 fois