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​La réforme RNS revient en séance


Tahiti, le 4 novembre 2026 - Il sera beaucoup question de santé et de financement de la protection sociale généralisée ce jeudi à l’assemblée de la Polynésie française. Dans une séance lors de laquelle quatre dossiers seront étudiés (dont deux projets de résolution et un rapport de la Chambre territoriale des comptes), ce sont certainement les questions orales qui risquent fort de retenir l’attention du public, mais aussi des élus.
 
Alors que le mouvement social vient d’être mis en pause à la Direction de la santé, à l’Arass ainsi que chez les personnels hospitaliers, la problématique de la santé court toujours dans les travées de Tarahoi.
 
La première banderille sur le sujet sera plantée par la représentante Tapura, Tepuaraurii Teriitahi, au sujet de la promulgation de la loi d’abrogation de la réforme du RNS. Cette réforme avait animé l’hémicycle, les syndicats patronaux et de salariés, ainsi que les tribunaux tout au long de 2026. Votée en septembre 2025, amputée par le Conseil d’État deux mois plus tard, mise en route en février 2026 avec de nombreux ratés, puis finalement abrogée par deux votes majoritaires à l’assemblée de la Polynésie française, la loi visant à redresser les comptes et augmenter les ressources de la Caisse de prévoyance sociale (CPS) tout en instaurant une plus grande équité fiscale entre salariés et patentés existe toujours. Du moins sur le papier, puisque Moetai Brotherson n’a jamais ratifié l’acte d’abrogation pris par l’assemblée, le temps que tous les recours sur le dossier soient étudiés.
 
La loi, qui visait à garantir la contribution de chacun à la protection sociale et faire cotiser dans les deux régimes (RGS et RNS) les salariés détenteurs d’une patente complémentaire, avait été soutenue par le Tavini, avant d’être cassée par le même parti avec l’appui du Tapura et des non-inscrits. Un acte qui devait provoquer quelque temps plus tard la formation du groupe A Fano Ti’a dans l’hémicycle puis le départ de l’ancien ministre de la Santé, Cédric Mercadal, lessivé par ce combat. “Ce fut un désaveu politique majeur pour votre gouvernement”, rappelle la représentante Tapura qui poursuit : “L'assemblée a tranché il y a plus de trois mois maintenant.  (…) Le délai règlementaire est désormais effectif et, conformément à la loi, appelle la promulgation de l’abrogation. Pouvez-vous vous engager devant cette assemblée à garantir, dans les meilleurs délais, la promulgation de la loi d’abrogation, et à apporter toutes les garanties nécessaires aux ressortissants du RNS concernant leurs cotisations réglées durant cette période de transition de trois mois ?”
 
La réponse de Moetai Brotherson sera très attendue sur le sujet.

Un pôle de santé à Papara

Santé toujours, mais au niveau de l’organisation des soins cette fois-ci. Alors que Cathy Puchon interrogera la ministre de la Santé, Raihei Ansquer, sur la prévention de la santé et la généralisation d’une alimentation plus saine et portée par les produits locaux, Béatrice Le Gayic, pour le groupe A Fano Ti’a, interpellera la ministre sur l’accès aux soins pour les habitants de la côte sud-ouest.

“De Paea à Taravao, près de 44 000 habitants veulent savoir où ils seront soignés demain”, interpellera-t-elle, tout en proposant le développement du dispensaire de Papara en un pôle de santé publique. “Ce pôle servirait d'abord les plus fragiles. Les 60 ans et plus représentaient 9 % de la population en 2007 et 15 % en 2022, ils seront 25 % en 2040. Plus d'un Polynésien sur quatre vit sous le seuil de pauvreté, et l'avance de frais comme le transport éloigne trop de familles des soins”, évoque-t-elle.

Une question qui risque de se heurter cependant aux projets de déconcentration du Pays vers Taravao, ainsi qu’à la multiplication des Fare Ora.

Pas assez de logements pour les étudiants
 
La problématique du logement sera aussi étudiée demain lors des questions orales via deux questions. L’une sur la précarité étudiante, l’autre sur la difficulté de se loger et sur l’efficacité des mesures prises pour tenter d’y remédier.
 
Ainsi, Marielle Kohumoetini, pour le groupe A Fano Ti’a, va demander à la ministre de l’Éducation, Samantha Bonet-Tirao, quelles mesures concrètes le gouvernement entend prendre, dès la rentrée 2027, pour garantir aux étudiants des archipels, boursiers ou non, un logement, un transport et des bourses versées à temps. Le problème selon la représentante, ce sont les 300 logements manquants pour les étudiants polynésiens qui font la demande chaque année. 466 places en 2024 pour 730 demandes. “Plus de quatre étudiants sur dix vivant seuls paient plus de 70 000 francs de loyer”, alerte Marielle Kohumoetini, qui rappelle aussi que, contrairement aux étudiants qui partent du Fenua pour étudier ailleurs, aucun billet d’avion n’est pris en charge pour un étudiant des Marquises faisant ses études à Tahiti.
 
Autre question sur le logement, celle de Cliff Loussan sur la stratégie du ministère de Oraihoomana Teururai, “pour augmenter concrètement l’offre de logements et permettre aux familles polynésiennes, en particulier celles dont les revenus du travail ne suffisent plus à se loger dignement, d’accéder durablement à un logement à un coût compatible avec leurs ressources”.

Le falcata inquiète avant la saison cyclonique

Alors que la saison cyclonique approche, si on s’inquiète du désert médical sur la côte ouest, c’est la sécurité de la route de la côte est qui est évoquée en question orale par le représentant Tavini Vincent Maono. En cause, le falcata, peste végétale menaçant la biodiversité au Fenua, mais aussi les routes et les lignes électriques puisqu’il “fragilise les pentes et favorise les glissements de terrain”, explique le représentant.
 
Aussi s’adresse-t-il directement au président du Pays pour lui demander si “le Pays dispose, pour la côte est, d’un recensement des arbres menaçant la route de ceinture, les habitations et les réseaux, indiquant pour chaque site le statut du terrain – privé, communal ou propriété du Pays – et si une opération identifiée et chiffrée d’abattage des espèces d’arbres envahissants est inscrite au projet de budget primitif 2027.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 4 Novembre 2026 à 19:03 | Lu 469 fois