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​La parité au Cesec, bis repetita


Tahiti, le 23 janvier 2023 – Votée le 9 décembre dernier, la réforme destinée à instaurer la parité au sein du Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) va déjà repasser à l'assemblée sous une nouvelle mouture imposant davantage de restrictions aux organisations patronales du Medef et de la CPME.
 
Particulièrement longue à accoucher, la réforme instaurant la parité au Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec) votée le 9 décembre dernier à l'assemblée va déjà être remplacée par une nouvelle mouture du texte. Le conseil des ministres a annoncé mercredi dernier avoir transmis un nouveau projet de délibération à l'assemblée, un peu plus d'un mois après le vote très discuté d'une réforme de la parité qui ne s'appliquait qu'aux représentants des syndicats de salariés… C'est d'ailleurs ce constat, fait par le Cesec en début 2022 et largement pointé du doigt lors des débats en séance le 9 décembre dernier, qui a conduit le gouvernement à présenter un nouveau texte imposant cette fois-ci une parité pour trois autres organisations : Medef, CPME et Tahiti Tourisme.
 
Comme dévoilé par Radio 1 la semaine dernière, le projet de délibération transmis à l'assemblée regroupe les différents conseillers affiliés au Medef, à la CPME et à Tahiti Tourisme en trois entités constituées respectivement de six, trois et deux sièges. Sauf que si le projet de délibération laisse libre choix à ces organisations d'attribuer leurs sièges en respectant une parité homme-femme, il leur demande spécifiquement de “veiller à” les attribuer à certains secteurs individuellement ciblés par la délibération. Pour la CPME, qui s'étonne au passage de disposer d'une représentation deux fois inférieure à celle du Medef, cette nouvelle mouture du texte ne passe pas et devrait être déférée au Conseil d'État.
 
Enfin, sur l'objectif initial du texte d'instaurer la parité, le compte est toujours très loin d'y être. Par un calcul très bancal, l'exposé des motifs du projet de délibération explique que sa réforme “permettrait la désignation de 18 femmes sur 48 sièges” mais “en tenant compte des premiers retours d'information de certains organismes consultés et des sièges traditionnellement occupés par des femmes depuis des années au Cesec” (sic !). D'une part, avec ce calcul audacieux ces 18 femmes représenteraient à peine plus d'un tiers des conseillers de l'institution. D'autre part, le véritable chiffre de la représentation féminine minimale qui sera imposée par cette réforme est de… 7 femmes sur 48. Faiblard pour une réforme de la parité.
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Lundi 23 Janvier 2023 à 19:23 | Lu 945 fois