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​L’Hôtel Puunui l’emporte, trop tard pour les Jeux


​L’Hôtel Puunui l’emporte, trop tard pour les Jeux
Tahiti le 28 novembre 2023 - Contesté par l’État, le permis de construire pour la rénovation et l'extension de l'hôtel Puunui à Taiarapu-Ouest est finalement validée. C’est une décision du tribunal administratif rendue ce mardi qui donne finalement raison à l’homme d’affaires à qui l’État reprochait, lors du dépôt de permis de construire, l’absence de notice d’impact environnementale avant le début des terrassements.
 

L’hôtel Puunui qui devait, au tout début du projet d’accueil des épreuves olympiques de surf des Jeux 2024, servir de village des athlètes a raté le coche. La faute à des travaux qui n’ont pas pu être menés sur le site après que l’État a attaqué la délivrance du permis de construire. En novembre 2022, une convention d’objectifs était même signée avec le comité organisateur de Paris 2024, dans laquelle le Pays s’engageait à produire “ses meilleurs efforts afin que l’hôtel Puunui soit réhabilité dans des délais compatibles avec la bonne organisation et les besoins de Jeux” avec notamment la nécessité “d’encadrer et de suivre les opérations de réhabilitation”.

Le permis de construire avait même été accordé deux mois avant la signature de convention. L’établissement est en effet fermé depuis 1994 et devait être réhabilité afin de pouvoir offrir à terme une soixantaine de chambres, deux restaurants et un espace bien-être.

Mais le haut-commissaire était frileux sur le sujet et a pointé du doigt l’absence de notice d’impact alors que 3 000 m³ de déblais et remblais étaient nécessaires aux travaux. Un chiffre bien supérieur au seuil de 2 000 m³ au-delà duquel une notice d’impact environnemental et une enquête publique sont nécessaires pour accorder le permis de construire.

Un premier jugement devait intervenir le 9 mai dernier, mais il a finalement été reporté à ce mois de novembre. Après régularisation par la société Hôtel Puunui, et un avis final de notice d’impact sur l’environnement délivré par la Direction de la construction et de l’aménagement le 31 août dernier, le tribunal a donné raison à la société contre l’État.

Une victoire à la Pyrrhus cependant puisque les Jeux olympiques passeront finalement sous le nez du futur hôtel qui revendique toujours que sans ce recours de l’État, c’est pour 100 millions de francs que les athlètes auraient pu être hébergés, et non 500 millions de francs via la location du cargo mixte Aranui.

Les travaux, même sans les Jeux olympiques, vont pouvoir reprendre mais l’hôtel ne sera jamais prêt pour la grande fête du surf.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mardi 28 Novembre 2023 à 17:40 | Lu 6059 fois