Tahiti le 15 octobre 2026. Soupçonné d'avoir favorisé l'attribution de 2,4 millions d'euros d'argent public à des sociétés de télémédecine gérées par ses anciens associés, l'ex-ministre polynésien de la Santé Jacques Raynal a rejeté toute "ingérence" jeudi, au premier jour de son procès à Paris.
Poursuivi pour "prise illégale d'intérêts" et "manquements aux obligations déclaratives", l'ancien ministre du gouvernement d'Édouard Fritch (2017-2023) comparaît devant la 32e chambre correctionnelle.
Il est jugé aux côtés d'Hervé Vergeaud et Élise Mourareau, cofondateurs du groupe médical Medex, poursuivis pour "recel", et d'Emmanuel Lakiere, ancien directeur administratif et financier au ministère de la Santé, visé pour "pantouflage".
L'affaire, déclenchée fin 2018 par une simple lettre anonyme, a fait l'objet d'une enquête préliminaire à Papeete avant d'être confiée fin 2021 au Parquet national financier (PNF).
Le tribunal a décortiqué jeudi la myriade de conventions signées au profit de la galaxie Medex: gestion d'une maison médicale de garde, fourniture de valises de télémédecine ou encore déploiement d'équipes de contrôle à l'aéroport de Tahiti.
Siégeant de droit au conseil d'administration de la Caisse de prévoyance sociale (CPS) de Polynésie, Jacques Raynal a soutenu les projets portés par Medex.
L'enquête du Groupe interministériel de recherches (GIR) évalue à près de 2,4 millions d'euros (296 millions de francs Pacifique) le montant des sommes versées au groupe.
Si Jacques Raynal a cédé ses parts sans contrepartie en janvier 2017 lors de sa nomination, le PNF estime que son "intérêt moral" est demeuré intact.
L'accusation pointe des "liens d'amitié" persistants et lui reproche une "participation directe" et "indirecte", via ses conseillers techniques, aux délibérations de la CPS.
Le tout "en dépit des interrogations publiquement soulevées" par l'administration sur de potentiels conflits d'intérêts, a relevé le président du tribunal, Samuel Gillis.
Les dirigeants de Medex auraient de leur côté bénéficié "d'informations sur leurs concurrents potentiels".
Poursuivi pour "prise illégale d'intérêts" et "manquements aux obligations déclaratives", l'ancien ministre du gouvernement d'Édouard Fritch (2017-2023) comparaît devant la 32e chambre correctionnelle.
Il est jugé aux côtés d'Hervé Vergeaud et Élise Mourareau, cofondateurs du groupe médical Medex, poursuivis pour "recel", et d'Emmanuel Lakiere, ancien directeur administratif et financier au ministère de la Santé, visé pour "pantouflage".
L'affaire, déclenchée fin 2018 par une simple lettre anonyme, a fait l'objet d'une enquête préliminaire à Papeete avant d'être confiée fin 2021 au Parquet national financier (PNF).
Le tribunal a décortiqué jeudi la myriade de conventions signées au profit de la galaxie Medex: gestion d'une maison médicale de garde, fourniture de valises de télémédecine ou encore déploiement d'équipes de contrôle à l'aéroport de Tahiti.
Siégeant de droit au conseil d'administration de la Caisse de prévoyance sociale (CPS) de Polynésie, Jacques Raynal a soutenu les projets portés par Medex.
L'enquête du Groupe interministériel de recherches (GIR) évalue à près de 2,4 millions d'euros (296 millions de francs Pacifique) le montant des sommes versées au groupe.
Si Jacques Raynal a cédé ses parts sans contrepartie en janvier 2017 lors de sa nomination, le PNF estime que son "intérêt moral" est demeuré intact.
L'accusation pointe des "liens d'amitié" persistants et lui reproche une "participation directe" et "indirecte", via ses conseillers techniques, aux délibérations de la CPS.
Le tout "en dépit des interrogations publiquement soulevées" par l'administration sur de potentiels conflits d'intérêts, a relevé le président du tribunal, Samuel Gillis.
Les dirigeants de Medex auraient de leur côté bénéficié "d'informations sur leurs concurrents potentiels".
'Malaise '
À la barre, l'élu de 74 ans s'est défaussé sur l'autonomie de sa directrice. Il a réaffirmé qu'il soutenait ces dossiers dans le seul intérêt du territoire, balayant tout conflit d'intérêts.
Mais le magistrat s'est attardé sur le "malaise" suscité par l'omniprésence de l'ex-ministre, rappelant les doutes d'anciens cadres face à un élu accusé de mettre ses "tripes" pour défendre les projets de ses anciens associés.
La défense a fait bloc. "Dans ce dossier, on voit que les décisions, ce n'est pas lui qui les prend", a plaidé Me Antoine Marchand, conseil des dirigeants de Medex. "Il n'y a pas de prise illégale d'intérêts parce qu'il n'y a pas de prise de décision."
Son confrère Me Antoine Maisonneuve, avocat de l'ex-ministre, a de son côté souligné qu'un tribunal administratif avait validé les procédures à l'époque.
La justice se penche également sur le patrimoine de l'ancien ministre. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a découvert qu'il n'avait pas déclaré dix comptes bancaires ni la revente de sa patientèle pour 142.000 euros. Il avait également sous-évalué trois appartements parisiens, déclarés pour 96.000 euros au lieu de 1,4 million.
L'enquête a enfin mis en lumière un "cas d'école de pantouflage": Emmanuel Lakiere a quitté l'administration fin 2020 pour fonder une société dont le premier client fut Medex.
Les débats se poursuivront lundi.
Mais le magistrat s'est attardé sur le "malaise" suscité par l'omniprésence de l'ex-ministre, rappelant les doutes d'anciens cadres face à un élu accusé de mettre ses "tripes" pour défendre les projets de ses anciens associés.
La défense a fait bloc. "Dans ce dossier, on voit que les décisions, ce n'est pas lui qui les prend", a plaidé Me Antoine Marchand, conseil des dirigeants de Medex. "Il n'y a pas de prise illégale d'intérêts parce qu'il n'y a pas de prise de décision."
Son confrère Me Antoine Maisonneuve, avocat de l'ex-ministre, a de son côté souligné qu'un tribunal administratif avait validé les procédures à l'époque.
La justice se penche également sur le patrimoine de l'ancien ministre. La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) a découvert qu'il n'avait pas déclaré dix comptes bancaires ni la revente de sa patientèle pour 142.000 euros. Il avait également sous-évalué trois appartements parisiens, déclarés pour 96.000 euros au lieu de 1,4 million.
L'enquête a enfin mis en lumière un "cas d'école de pantouflage": Emmanuel Lakiere a quitté l'administration fin 2020 pour fonder une société dont le premier client fut Medex.
Les débats se poursuivront lundi.

































