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​Il viole sa femme, elle lui pardonne



Tahiti, le 20 avril 2021 - Un homme de 38 ans a été condamné mardi à sept ans de prison dont cinq avec sursis pour avoir frappé sa concubine avant d’en abuser sexuellement, en 2019. Depuis, le couple s’est réconcilié.
 
 Les faits avaient été dénoncés par le centre hospitalier du Taaone, le 17 mai 2019. Une patiente était en observation depuis la veille avec un important traumatisme à l’épaule droite, le visage tuméfié par des coups et le nez cassé. La victime déclarait avoir été violée. L’auteur : son compagnon de vie depuis 17 ans, père de ses deux filles.
Dans l’après-midi la veille, le ton était monté au domicile conjugal entre les deux concubins. La femme avait bu. Dans un élan d’agacement, elle avait traité son compagnon de “violeur” avec l’intention de le piquer au vif ; de lui rappeler sa condamnation “difficile à avaler” pour l’agression sexuelle d’une nièce mineure en 2014. Depuis, les relations de couple s’étaient inexorablement détériorées, les rapports physiques réduits à peau de chagrin. Le jour des faits, le dernier datait de mars.
Ce jour-là j’ai pété les plombs”, avoue aujourd’hui à la barre le prévenu. Bourru, un bon 90 kilos sur la balance, il avait frappé sa compagne de six ans sa cadette et de trente kilos de moins, avant d’abuser d’elle : “Comme tu ne m’aimes pas, je vais te pénétrer et après j’irai à Nuutania”, avait-il crié. L’acte commis, quelques minutes plus tard, il avait repris son camion pour aller se calmer.
Il n’avait été placé en détention provisoire que sept jours plus tard. Il restera six mois à Nuutania. Entendu en garde à vue, il avait reconnu les faits. “C’est ma femme, je fais ce que je veux” dira-il.
 
Il y a péter les plombs et péter les plombs”, l’a interpellé le président Léger, mardi en audience. “Là, vous êtes à un stade avancé en matière de pétage de plombs : quatre coups de poings jusqu’à casser le nez. Et après vous la violez sur le lit ?” “J’ai pété un câble parce que je…”. Les derniers mots inaudibles prononcés en baissant la tête.
 
Libéré depuis un an et demi, il est sous contrôle judiciaire, vit chez sa mère et s’est rabiboché avec sa compagne. Il lui fait régulièrement des travaux à la maison et paye l’essentiel de ses factures. Ils ont eu un nouvel enfant aussi. Le ton a changé depuis 2019 : “Je demande pardon”, dit-il aujourd’hui. “Je veux retrouver ma famille.” La violence des faits semble s’être estompée aussi dans l’esprit de la victime. “Je l’aime”, explique-t-elle maintenant. “J’ai mis du temps à lui pardonner. On a travaillé dessus. On discute beaucoup. J’ai vu qu’il était notre pilier. Je suis retombée amoureuse de lui”. Son avocate, Me Solenne Rebeyrol, a demandé la clémence du tribunal pour permettre au couple de prolonger “cette dynamique”.
 
Difficile à entendre pour la représente du ministère public alors que la justice doit statuer sur cette affaire de “viol conjugal”. Un crime passible de 8 à 12 ans de réclusion devant une cour d’assises. “Il s’autorisait un droit de cuissage sur madame…”, en profitant de ce que la procureure a qualifié d’emprise économique alors que la victime dépendait de son conjoint pour l’argent. La magistrate a requis huit ans de prison avec un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans, l’interdiction d’approcher sa victime et l’inscription de la condamnation au fichier des auteurs d’agression sexuelle.
Me Etienne Chapoulie, l’avocat du prévenu a plaidé en faveur d’un maintien en liberté assorti d’un suivi psychologique et d’un contrôle judiciaire renforcé. Pour lui, “l’ancienneté des faits nous donne un certain recul. Il a changé depuis. Le renvoyer en prison, c’est le priver de revenu et condamner sa famille”.
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le prévenu “compte tenu de la gravité des faits” à sept ans de prison dont cinq avec sursis. L’homme devra résider hors du domicile conjugal. 

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Mardi 20 Avril 2021 à 19:26 | Lu 2965 fois





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