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​Explosion de réactions



Tahiti, le 9 mars 2021 – Les révélations du consortium de médias d'investigations réunis autour de l'enquête de Disclose sur la sous-évaluation de l'impact des essais nucléaires en Polynésie française a déclenché mardi une avalanche de réactions en Polynésie française, du gouvernement précautionneux, aux associations satisfaites de voir la vérité éclater, en passant par les sénateurs qui ont saisi la ministre des Armées.
 
L'enquête de deux ans menée par le média et ONG de journalisme d'investigation Disclose, Interprt, l'université de Princeton et les partenaires médias Mediapart, The Gardian, Le Soir, la cellule investigation de Radio France et La Dépêche de Tahiti a fait l'effet d'une bombe lundi soir en Polynésie française. Sur la base notamment de documents militaires déclassifiés en 2013, le consortium de médias a réévalué l'ampleur des retombées radioactives qui ont frappé la Polynésie à la suite des 46 essais nucléaires atmosphériques menés entre 1966 et 1974 à Morurua et Fangataufa. Les conclusions sont édifiantes et révèlent que les doses de radioactivité sont “deux à dix fois” plus importantes que celles établies en 2006 par le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), principalement en raison d'options de calculs qui minimisaient l'exposition des populations. Principal exemple cité par l'enquête, la consommation d'eau de pluie par les habitants des îles, écartée par le CEA.
 
Autre révélation de l'enquête de Disclose, l'Agence internationale à l'énergie atomique (AIEA) qui avait validé les calculs du CEA en 2010 n'avait pas accès aux données sources aujourd'hui déclassifiées. L'AIEA n'a donc fait que “regarder s'il n'y avait pas d'énormes erreurs”, a confié à Disclose une source de l'agence internationale ayant participé à la validation des calculs du CEA. Enfin, l'enquête révèle également l'existence d'un rapport de huit pages du Centre médical de suivi (CMS) en Polynésie française, daté de février 2020 et transmis au gouvernement polynésien, affirmant que 10 000 Polynésiens dont 600 enfants de moins de 15 ans vivant aux Gambier, à Tureia ou à Tahiti auraient reçu “une dose de radioactivité de 5 millisieverts (mSv), soit cinq fois plus que le seuil minimum (1 mSv) à partir duquel l’exposition est jugée dangereuse pour la santé humaine”. Un rapport qui indique également qu'un “cluster de cancers thyroïdiens focalisés au niveau des îles soumises à des retombées lors des tirs aériens, et notamment aux Gambier, laisse peu de doute sur le rôle des rayonnements ionisants, et notamment de l’exposition thyroïdienne à l’iode radioactif, dans la survenue de cet excès de cancers”.
 
Entre stupeur, satisfaction et précautions
 
Mardi matin, les réactions en Polynésie étaient nombreuses, oscillant entre précautions au gouvernement et stupeur chez les militants antinucléaires de longue date. A Taravao pour le chantier du Swac de l'hôpital, le président du Pays Édouard Fritch a surtout botté en touche, demandant “la vérité” mais exhortant surtout les journalistes présents à “attendre” que le gouvernement ait pu prendre connaissance des données pour les commenter. Et si la déléguée au suivi des conséquences des essais nucléaires, Yolande Vernaudon, était chargée d'étudier l'enquête toute la journée d'hier, impossible d'obtenir le moindre commentaire officiel de son côté. La communication du Pays ne devait passer que par la voix d'Édouard Fritch, expliquait-on à la présidence.
 
Dès mardi matin pourtant, les deux sénateurs Tapura, Lana Tetuanui et Teva Rohfritsch, ont adressé une question écrite à la ministre des Armées, Florence Parly, pour lui demander de faire “toute la lumière” sur ces révélations et pour répondre à “la stupeur et à l'indignation des Polynésiens”.
 
Si le député indépendantiste, Moetai Brotherson, a réagi avec virulence en dénonçant la “preuve éclatante” du mensonge d'État sur l'innocuité des essais nucléaires, les associations anti-nucléaires de leurs côtés n'ont pas caché une certaine “satisfaction” de voir leurs revendications confirmées et renforcées par cette enquête de Disclose. De 193 à Tamarii Morurua, en passant évidemment par Moruroa e tatou, les responsables associatifs ont tous exprimé le vœu que l'État tire les conséquences de ces révélations et “assume pleinement les conséquences d'une contamination à l'échelle d'une population”, pour reprendre les propos du Père Auguste. L'État qui, au niveau national comme au niveau local, n'avait toujours eu aucune réaction mardi soir.
 

Rédigé par Antoine Samoyeau le Mardi 9 Mars 2021 à 20:07 | Lu 2691 fois





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