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​Du ferme pour le SDF ultraviolent


Tahiti, le 16 mai 2022 – Un homme de 33 ans, inconnu de la justice, a été présenté en comparution immédiate lundi et jugé pour des violences commises à l'encontre de nombreuses personnes dont une infirmière et la propriétaire d'une galerie d'art. Ce sans-abri, qui a mis les faits sur le compte d'une "maladie psychologique", a été condamné à 30 mois de prison ferme dont six avec sursis.
 
Tel que l'a précisé le procureur de la République lundi lors de l'audience des comparutions immédiates, le tribunal correctionnel devait examiner des faits "extrêmement violents et spectaculaires". Un sans domicile fixe de 33 ans, jusque-là inconnu de la justice, était en effet jugé pour plusieurs épisodes de violences commises à l'encontre de six personnes entre mai 2021 et le mois d'avril dernier.
 
Le 12 mai 2021, l'homme s'était présenté au CHPF en demandant à se faire interner. Face au refus du corps médical, il s'en était pris à un psychiatre en lui lançant un thermomètre à la figure. Rebelote deux jours plus tard. Le sans domicile fixe s'en était cette fois pris à une infirmière en lui lançant une imprimante de sept kilos qu'elle avait heureusement réussi à éviter. La victime, traumatisée, avait bénéficié d'une incapacité totale de travail (ITT) de 28 jours. Le 12 février dernier, l'homme avait suivi une femme de 76 ans non loin de la clinique Paofai. Il l'avait insultée, menacée avant de lui donner un coup sur la nuque. Enfin, en avril, il avait agressé un couple, propriétaire d'une galerie d'art sur le front de mer, en lançant, à trois reprises, un caillou sur leur vitrine.
 
Absence de maladie psychiatrique
 
C'est donc pour cette série de violences gratuites que l'intéressé a été jugé lundi par le tribunal correctionnel. Alors que les différents experts s'étant prononcés sur son cas n'ont jamais relevé de pathologie psychiatrique en assurant plutôt que le prévenu était intolérant à la frustration, ce dernier a expliqué à la barre qu'il était "bipolaire" et "schizophrène". Comme l'a rappelé la présidente du tribunal, le sans domicile fixe fait tout de même l'objet d'une tutelle et son tuteur l'a décrit comme un gros consommateur de paka qui se prostitue parfois.
 
Pas d'altération du discernement du prévenu pour le procureur de la République selon lequel l'homme a commis des "passages à l'acte" avec un certain "acharnement". Au regard du "risque de réitération", le représentant du ministère public a requis 36 mois de prison dont 12 avec sursis. En défense pour le prévenu, Me Hayoun a demandé au tribunal de "tenir compte" du fait que son client se dit malade. L'avocate a par ailleurs expliqué que le trentenaire avait eu une enfance difficile marquée par l'absence de son père.
 
Après en avoir délibéré, le tribunal a condamné le prévenu à 30 mois de prison dont six avec sursis. Il a par ailleurs prononcé le maintien en détention.
 

Rédigé par Garance Colbert le Lundi 16 Mai 2022 à 19:48 | Lu 2845 fois