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​Dialogue social et caisse chômage



Tahiti, le 3 mai 2020 - De l’avis du gouvernement comme des syndicats, le dialogue social a été « rétabli » vendredi à l’occasion de la traditionnelle rencontre du 1er mai. « Bonne nouvelle, ils sont prêts à étudier le principe d’une caisse de chômage », a lancé le secrétaire général de la CSTP-FO, Patrick Galenon, à l’issue de la rencontre, annonçant une nouvelle rencontre avec le Pays le 11 mai sur ce sujet.

C’est une tradition chaque 1er mai. Le président Édouard Fritch et son gouvernement ont reçu vendredi matin à la Présidence les organisations syndicales à l’occasion de la Fête du travail. Le gouvernement a d’abord rencontré A Ti’a i Mua, avant l’intersyndicale CSTP-FO, O Oe To Oe Rima, Otahi, CSIP et Syndicat de la fonction publique, notamment à l’origine du recours au Conseil d’État contre le revenu de solidarité exceptionnel. « Nous avons eu une discussion très ouverte ce matin », s’est réjoui le président du Pays. « Nous avons beaucoup parlé de la loi qui a été remise en question. Nous avons parlé des conséquences de la crise sur le monde salarial, post-confinement. Nous avons parlé de l’état de santé de la CPS, puisque comme vous le savez les recettes de la Caisse sont en train de baisser rapidement ».
 
La rencontre était notamment attendue pour permettre une reprise du dialogue entre le gouvernement et l’intersyndicale, à la suite des tensions de ces derniers jours cristallisées notamment par le dépôt du fameux recours. Et sur ce point, la Fête du travail a tenu ses promesses. « Nous sommes allés très vite et, bien sûr qu’aujourd’hui avec un peu de recul, nous regrettons la non concertation avec les partenaires sociaux », a concédé Édouard Fritch. « (Le dialogue) est rétabli. Nous sommes venus pour ça », a confirmé de son côté le secrétaire général de la CSTP-FO, Patrick Galenon. « Ils ont regretté et ils se sont excusés. Mme la ministre s’est excusée officiellement. Je la remercie officiellement pour ce geste. (…) Je crois que nous nous sommes compris. »
 
« Il ne faut pas être dans le déni »
 
Pourtant, le rétablissement du dialogue social n’était la seule nouveauté à inscrire au bilan de cette rencontre du 1er mai. Toujours selon Patrick Galenon, le gouvernement s’est dit « prêt à étudier le principe d’une caisse chômage ». Ceci pour permettre d’éviter aux salariés de payer le « lourd tribut » de la crise qui s’annonce. Le secrétaire général de la première confédération syndicale de Polynésie s’attend à « 22 000 à 25 000 » emplois perdus avec la crise qui s’annonce. « Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Il ne faut pas être dans le déni », s’est résigné le syndicaliste, qui estime qu’il faut maintenant mener « une réforme profonde de la PSG sur la maladie » et se focaliser sur les « emplois endogènes ». Lesquels ? « Il n’y en a pas 36. Il y a l’agriculture. Il y a la pêche… »
 
Avant cela, les partenaires sociaux et le Pays ont prévu une prochaine rencontre le 11 mai prochain avec le gouvernement. Justement pour évoquer les modalités de cette hypothétique caisse chômage…

Edouard Fritch, président du Pays : « Il fallait aller vite »

« Nous sommes allés très vite et, bien sûr qu’aujourd’hui avec un peu de recul, nous regrettons la non concertation avec les partenaires sociaux. Mais, vous savez, je leur ai dit que pendant tout ce mois, nous n’avons pas respecté les procédures. À l’assemblée, les commissions se sont réunies la veille pour le lendemain… Il fallait aller vite pour être efficace. S’il fallait s’occuper des procédures, s’il fallait s’occuper des lois, nous n’en serions pas là aujourd’hui. (…) Je leur ai dit mon sentiment. Si on veut attaquer le sixième article de la loi du Pays, la loi entière va tomber. Mais il n’est pas question non plus d’aller réclamer à ceux qui vivent avec ces 100 000 Fcfp aujourd’hui. On va au devant d’une crise sociale sans nom. Pas au sens des syndicats et du patronat, mais au sens réel du social avec des familles qui ne s’en sortiront pas. Donc, je ne sais pas ce qui va se passer. On doit se rencontrer lundi 11 mai. On va rouvrir le dialogue et on ne va pas se fâcher. »

​Patrick Galenon, secrétaire général de la CSTP-FO : « Le tribut des salariés est lourd »

« En 2008, il y avait eu entre 12 000 à 15 000 emplois perdus. Je pense qu’aujourd’hui on va vers près du double. Les 6 000 emplois directs du tourisme vont être perdus... Mais en tout, ça va être 22 000 à 25 000. Il faut savoir que le salaire moyen dans le privé, c’est 228 000 Fcfp. Vous comprenez qu’avec 22 000 à 25 000 emplois perdus, ça fait 50 milliards. Donc le tribut des salariés est lourd. Je crois que le gouvernement l’avait mal compris. Et, bonne nouvelle, ils sont prêts à étudier le principe d’une caisse de chômage. Ça c’est une bonne nouvelle pour nous. Je les remercie d’avoir pris en compte cet aspect. (…) Qui va financer ? Justement, c’est la problématique dont on doit parler le 11 mai. Il est prévu qu’on travaille dessus. Qui ? Forcément les employés, le territoire, les salariés… Mais il faut le définir. Et pourquoi pas l’État… »

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun et Antoine Samoyeau le Lundi 4 Mai 2020 à 00:15 | Lu 1520 fois




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