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​Derniers préparatifs avant la Toussaint


Le marché aux fleurs de Taravao va battre son plein de vendredi à dimanche (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Le marché aux fleurs de Taravao va battre son plein de vendredi à dimanche (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 29 octobre 2026 - À la veille de ce week-end de recueillement, les familles et les horticulteurs sont à pied d’œuvre pour embellir les tombes et honorer les défunts, comme nous l’avons constaté à Taravao. De quoi colorer les cimetières et réchauffer les cœurs, tout en contribuant à la vitalité économique du secteur primaire.
 


Malgré le temps pluvieux, plusieurs familles s’étaient donné rendez-vous au cimetière de Taravao ce jeudi. Seaux, balais, pelles, pinceaux et sable blanc étaient de sortie pour le grand nettoyage annuel des sépultures. “On vient prendre soin de toutes les tombes du côté maternel depuis plusieurs jours. On profite d’une éclaircie pour faire la deuxième couche de peinture. Ça me rappelle les anciens de ma famille, qui sont enterrés en métropole”, confie Nicolas, accompagné de son fils, Matehaunui. 
 
Sur la tombe de son fils décédé il y a tout juste sept mois, Aline ne cache pas son émotion : “Je l’entretiens toutes les semaines et j’y dépose des fleurs fraîches tous les jeudis, c’est important pour moi. Tous les ans, on s’occupe des tombes de mes parents et beaux-parents, mais cette année, ce sera une Toussaint particulière pour nous”.
 
Quant à Hiro, il est venu de Papeete pour épauler son frère John, résident de Faaone. “Tous les ans, c’est le rituel ! On balaie, on ratisse et on repeint. On reviendra pour déposer des fleurs et se recueillir en famille. Ce n’est pas une corvée : ça nous fait plaisir, car on pense à ceux qui nous ont quittés”, partagent-ils. Comme le veut la coutume, la bénédiction et l’illumination des tombes (Tūramara’a) se tiendront à partir de 17 heures, dimanche 1er novembre, au cimetière de Taravao.
 

Effervescence florale


D’ici là, les horticulteurs ne vont pas chômer. En cours d’installation depuis mardi, le marché aux fleurs de Taravao va battre son plein de vendredi à dimanche, dès 6 heures du matin. “Les clients sont déjà là, y compris ceux de la ville, des particuliers et des fleuristes”, précise Irina Tatarata-Firuu, présidente de l’association Tiare Ura no Faaone, qui regroupe cette année 82 familles du district et de toute la Presqu’île.
 
Compositions aux formes et tailles variées, mais aussi fleurs et feuillages en paquets, il y en a pour tous les goûts et pour tous les budgets. “Le temps n’était pas tellement favorable pour certaines fleurs, mais on a de quoi faire. On a même quelques ‘ōpuhi, qui sont le trésor des fleurs tahitiennes !”, se réjouit l’horticultrice issue d’une grande famille d’agriculteurs. “Ça reste une tradition importante de fleurir les tombes. Les Polynésiens gardent ce respect pour les morts. Je ne pense pas qu’ils apprécient tant que ça les fleurs artificielles, surtout qu’on est censé tendre vers moins de plastique... Avec toutes les belles fleurs que nous avons ! Certains sont réticents par rapport aux prix, mais je crois qu’ils ne se rendent pas compte du travail dans le fa’a’apu. Avec la fête des mères, la Toussaint fait partie des deux événements incontournables chaque année”, poursuit-elle, fidèle au rendez-vous depuis près de trente ans.
 
Du côté des producteurs de plantes en pots, une partie du rush de la Toussaint est passée. La pépinière de Mareva Hapairai, spécialiste des chrysanthèmes et des anthuriums, a été dévalisée : “La saison fraîche a duré longtemps et ne nous a pas facilité la tâche pour la floraison, mais on a quand même réussi à produire. Il reste quelques pots, mais les revendeurs ont déjà pris l’essentiel”. De quoi colorer les tombes et réchauffer les cœurs, tout en contribuant à la vitalité économique du secteur primaire.
 


Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Jeudi 29 Octobre 2026 à 15:49 | Lu 311 fois