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​Cinq jours pour honorer Matari’i i raro


Le Pays, la Maison de la culture et Tahiti Tourisme ont dévoilé cette semaine le programme des célébrations de Matari’i i raro (Crédit : DR).
Le Pays, la Maison de la culture et Tahiti Tourisme ont dévoilé cette semaine le programme des célébrations de Matari’i i raro (Crédit : DR).
Tahiti, le 24 avril 2026 - Après l’abondance de Matari’i i ni’a, place à la saison du repos, du retour à l’essentiel et de l’introspection avec Matari’i i raro. Plusieurs animations articulées autour de la transmission des savoirs sont programmées du 19 au 23 mai à l’intention des scolaires et du grand public, complétées par quatre conférences thématiques dès le 28 avril. La disparition des Pléiades dans le ciel nocturne polynésien sera marquée par une cérémonie culturelle, le 20 mai, dans les jardins de Paofai.
 

“Matari’i i raro est une saison, une pause, un temps pour nourrir son esprit, pour se projeter, pour préserver la vie”, partagent Merehau Teavai Anastas et Kurt Opeta dans une composition musicale dédiée à cette période de l’année où les Pléiades disparaissent du ciel nocturne polynésien. Un cycle immuable, marqué dans les prochains mois par une période de repos pour la nature, mais aussi de préparation, de transmission et d’ancrage.
 
En complémentarité avec les festivités du 20 novembre férié pour Matari’i i ni’a, place à la sobriété pour Matari’i i raro. Artisanat traditionnel, ressources marines, culture et patrimoine, plusieurs directions, services et ministères sont mobilisés autour de la Maison de la culture et Tahiti Tourisme. Rendez-vous est fixé du 19 au 23 mai entre les jardins de Paofai, Te Fare Tauhiti Nui, l’esplanade basse de To’ata et le Musée de Tahiti et des îles, où se tiendront des animations gratuites et ouvertes à tous.
 

​Plusieurs temps forts


La cérémonie d’ouverture se tiendra le 20 mai, en fin de journée, en présence du gouvernement et avec la participation du Conservatoire artistique de la Polynésie française. Animés par des intervenants spécialisés, des ateliers de médiation culturelle seront proposés aux scolaires et au grand public en faveur de la transmission des savoirs (contes et légendes, vivo, hīmene, artisanat, art, généalogie des étoiles, calendrier lunaire, etc.). Des ateliers ciblés sur la conservation des aliments, la médecine traditionnelle, l’oralité et l’archéologie sont également au programme, qui inclut une session dédiée à des personnes identifiées par les antennes de la DSFE de Papeete, Arue, Pirae et Faa’a pour “favoriser l’inclusion sociale et l’accès à la culture”.
 
Une exposition artisanale est également prévue avec une vingtaine de participants, complétée par des ateliers et démonstrations qui mettront à l’honneur le pae’ore, le revareva, le nī’au blanc et le tīfaifai, mais aussi le rāhui et la pêche. Ce sera également l’occasion de découvrir le jeu de société Tere o te rima’i et d’écouter Teiho Tetoofa en concert acoustique. D’autres temps forts sont prévus avec une soirée littéraire sur la poésie en Polynésie française et une projection interactive inédite de La légende de Pipiri mā, contée par Karine Teraipoia Taea. Intégrée à l’événement, la Nuit des musées viendra clore ces célébrations ayant pour thématique “fa’a’ī”, c’est-à-dire “remplir” la tête, le corps et l’esprit de connaissances, d’expériences et de sagesse.
 
Pour ceux qui n’auraient pas la possibilité de se déplacer, plusieurs contenus pédagogiques seront diffusés ou accessibles en ligne, dont cinq vidéos thématiques sur les repères célestes de Matari’i i raro, le calendrier saisonnier marquisien basé sur le cycle du ‘uru ou encore la signification des unu dans les pratiques culturelles.
 

Le programme

Mercredi 20 mai : cérémonie officielle (17 heures)
Du 28 avril au 22 mai : cycle de conférences (18 heures)
Du 19 au 23 mai : ateliers pédagogiques
Jeudi 21 mai : soirée littéraire (18 heures)
Samedi 23 mai : projection du film interactif en plein air (17h30) et Nuit des musées (18 à 21 heures)
Le programme complet est disponible sur www.matarii.pf

​Un logo sur mesure

Le logo orangé de Matari’i i raro fait écho à celui bleuté de Matari’i i ni’a. Au-delà du cycle, plusieurs éléments emblématiques de cette saison sont représentés, comme le unu abaissé. Socle culturel, le va’a, aussi symbole d’harmonie avec l’environnement, est doté d’une voile tressée en pae’ore qui illustre la transmission intergénérationnelle. Les racines sont explicites, de même que les feuilles jaunies des tubercules pour l’alternance des productions, sans oublier les ‘atae, dont la floraison coïncide avec l’arrivée des baleines dans les eaux polynésiennes. On retrouve également des références à la constellation du Scorpion (Te Pāuma a Hiro) et à la restriction des ressources à des fins de régénération et d’équilibre (rāhui).

​Quatre conférences thématiques

En marge des animations, un cycle de conférences débutera dès la semaine prochaine, à partir de 18 heures au Musée de Tahiti et des îles. Mardi 28 avril, Edgar Tetahiotupa interrogera le lien entre les connaissances de la tradition orale et les enjeux collectifs actuels. Jeudi 7 mai, Christine Briant se penchera sur le rôle des corps célestes dans l’organisation du temps polynésien. Mercredi 13 mai, Tamatoa Bambridge interviendra sur la résurgence du rāhui. Et vendredi 22 mai, Johann Hironui Bouit présentera l’association Haururu et les rituels spécifiques à Matari’i i raro. 

Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Vendredi 24 Avril 2026 à 13:07 | Lu 252 fois