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​Les produits de la mer exportés reculent en 2025


Tahiti le 09 septembre 2026 - En 2025, les exportations de produits de la mer, hors coquilles, reculent de 31,4 % en valeur sur un an, pour totaliser 1,6 milliard de francs, soit 11,4 % de la recette totale des exportations de produits locaux de la Polynésie française, explique le dernier rapport produit par l’Institut de la statistique en Polynésie française publié ce mercredi. Tous les chiffres sont à la baisse. Le volume des exportations de produits de la mer diminue de 19,9 % par rapport à l’année précédente. Les coquilles exportées ont rapporté 145 millions de francs soit 11,2 % de moins qu’en 2024.

 
En 2025, les produits de la mer en Polynésie française ont tous reculé de façon drastique à l’export, note le dernier rapport de l’ISPF publié hier sur son site Internet. Ainsi, les exportations de poissons du large reculent de 33,5 % en valeur pour totaliser 1,4 milliard de francs, soit 722 millions de francs de moins que l’année précédente. Les volumes exportés baissent de 20,6 % pour enregistrer le plus faible niveau depuis 2018 avec 1 380 tonnes. Le prix au kilogramme diminue aussi de 16,3 % sur un an et se situe à 1 039 francs, après avoir atteint 1 418 francs en 2022.
 

​Le thon fait grise mine

“Ce résultat s’explique principalement par la forte contraction des exportations de thon jaune qui était l’espèce la plus exportée en 2024”, analyse l’ISPF. “Sa valeur et ses volumes ont été divisés par trois sur un an, pour atteindre 328 millions de francs et 267 tonnes.” Son prix au kilogramme est en retrait pour la quatrième année consécutive (- 12,0 %) et s’établit à 1 228 francs.
 
Avec la chute du cours du thon jaune, c’est le thon obèse qui retrouve sa place de premier produit exporté en 2025. Si ses volumes exportés (452 tonnes) sont supérieurs à l’année précédente (+ 9,3 %), la contraction de son prix au kilogramme (- 16,1 %) fait reculer le niveau de ses recettes de 8,2 % pour totaliser 555 millions de francs. Son prix au kilogramme est identique à celui du thon jaune à 1 228 francs.
 
Enfin, les exportations de thon blanc se replient de 27,4 % en valeur et de 23,0 % en volume. Ses recettes atteignent 103 millions de francs pour un volume de 152 tonnes et un prix au kilogramme qui s’établit à 676 francs (- 5,7 %). Les autres espèces de poissons du large sont aussi en retrait en valeur (- 10,8 %), pour totaliser 126 millions de francs. Les volumes diminuent moins fortement (- 7,0 %) pour se situer juste au-dessus du thon blanc avec 154 tonnes. Les prix au kilogramme sont plus stables (- 4,1 %) à 821 francs.
 
Seule éclaircie dans ces chiffres moroses, les exportations de poissons entiers congelés reprennent. En effet, “les exportations issues de la filière des poissons transformés (filets et chairs réfrigérés ou congelés) progressent fortement et sont entièrement portées par le rebond des exportations de poissons congelés. Les recettes et les volumes sont respectivement supérieurs de 30,2 % et de 54,9 % par rapport à 2024. Cette filière constitue environ un quart des exportations de poissons du large avec un prix au kilogramme qui se replie de 15,9 % pour atteindre 905 francs”, note l’ISPF.

​Un effet Trump sur l’export aux USA ?

“Premier pays importateur de poissons du large, les États-Unis diminuent leurs achats en valeur (- 41,6 %) et en volume (- 31,6 %) pour totaliser 1,2 milliard de francs et 1 132 tonnes”, explique l’ISPF. Il s’agit du plus faible niveau enregistré en valeur depuis 2017 et en volume depuis 2014. Un mauvais résultat expliqué partiellement par le repli des importations de thon jaune réfrigéré qui contribue pour - 36,3 points à la valeur et pour - 30,8 points au volume de leurs importations annuelles en poissons du large.
 
Cette baisse de l’export vers le pays de l’Oncle Sam est compensé par les exportations vers l’Europe (y compris la France) qui n’ont jamais été aussi élevées depuis dix ans avec la reprise des exportations de filets et chairs de poissons congelés. “La valeur et le volume globaux exportés vers l’Europe ont été multipliés par quatre et représentent respectivement 13,2 % et 16,4 % des exportations annuelles de poissons du large”, poursuit le rapport. Une augmentation d’un côté qui ne compense en revanche pas les pertes de l’autre. Les exportations vers le Pacifique (y compris l’Australie et la Nouvelle-Zélande) se contractent elles aussi de 6,8 % en valeur et de 18,0 % en volume.
 
Cette baisse est aussi notable dans les mêmes proportions concernant les poissons vivants. Pour la seconde année consécutive, les exportations de poissons vivants se replient en valeur (- 4,5 %) après avoir été multipliées par trois entre 2018 et 2023 (41 millions de francs en 2018). Les recettes représentent 115 millions de francs en 2025 pour un volume global de 66 tonnes (- 7,5 %). En revanche, le prix au kilogramme n’a jamais été aussi élevé et s’établit à 1 740 francs (+ 3,3 %), soit 740 francs de plus qu’en 2018. Les exportations vers les États-Unis qui représentent la moitié du total baissent de 24,3% en valeur et de 17,8 % en volume. À l’inverse, les exportations vers l’Asie ont été multipliées par trois en valeur et par une fois et demie en volume.

​Léger rebond des mollusques

Composée à 99 % de bénitiers, la production lagonaire de mollusques augmente d’un tiers en valeur, après trois années en retrait, pour totaliser 24 millions de francs. Une hausse qui ne compense cependant pas la baisse de ces dernières années puisque cela représente moitié moins qu’en 2021. Les volumes progressent de 14,2 % avec le rebond des exportations de bénitiers (+ 13,5 %). La production lagonaire reste malgré tout assez confidentielle puisqu’elle ne représente que 1,4 % du volume global des exportations de produits de la mer sur l’année.

Rédigé par Bertrand PREVOST le Mercredi 9 Septembre 2026 à 16:42 | Lu 227 fois