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​La culture sous toutes ses formes


Les talents de deux anciennes élèves pour l’artisanat (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Les talents de deux anciennes élèves pour l’artisanat (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 23 mars 2026 – ‘A hi’o tō mou’a, regarde ta montagne : c’était le thème de la journée polynésienne organisée vendredi au lycée Taiarapu Nui de Taravao. Une cinquantaine d’ateliers ont rythmé la matinée pour encourager les élèves à connaître “leur langue, leur culture et leur histoire”.
 

Le lycée polyvalent Taiarapu Nui de Taravao était en fête, vendredi, à l’occasion de l’incontournable journée polynésienne. L’ensemble des élèves et du personnel était mobilisé dès le début de la matinée. Positionné à l’entrée de l’établissement, l’orchestre traditionnel a donné le coup d’envoi d’une cinquantaine d’ateliers. Sport, jeux, artisanat, danses, environnement, gastronomie, de nombreux sujets ont été abordés autour du thème central : ‘A hi’o tō mou’a.
 
“Regarde ta montagne, c’est une expression qui nous encourage, chacun d’entre nous, à nous souvenir d’où nous venons, à la fois nos origines et ce que nos ancêtres nous ont laissé en héritage. Dans le lycée, nous avons des élèves issus de tous les archipels, et notamment des Tuamotu : c’est une vraie richesse ! Comme je leur dit toujours : en tant que Polynésiens, ils doivent connaître leur langue, leur culture et leur histoire”, souligne Vanina Parau, professeure de reo mā’ohi, membre du comité organisateur de l’événement avec plusieurs collègues, dont Tumatarii Becher, professeure d’économie-gestion : “Nous encourageons nos élèves à tenir des ateliers pour partager leurs savoirs. Ils sont souvent volontaires. Nous faisons aussi appel à des intervenants aux nombreux talents”.
 


​“Transmettre cet héritage à nos jeunes”


Parmi les personnes-ressources impliquées, Maeva Manarii avait fait le déplacement depuis la commune voisine de Teva i Uta pour encourager les jeunes à s’intéresser au hīmene tārava. “Ça fait partie de notre langue, de notre histoire et de notre culture !”, insiste la référente, qui avait opté pour un chant sur le Motu Ovini de Papeari. “Je suis heureuse de transmettre cet héritage à nos jeunes, parce qu’avec la disparition de nos anciens, ça se perd. On fait tout notre possible pour faire revivre le tārava à travers nos enfants”.
 
Le parcours professionnel de deux anciennes élèves a également été mis à l’honneur : il s’agit de Hei-iti Tematahotoa-Matai, 23 ans, et Hereiti Tabanou, 25 ans, qui ont animé un atelier manuel autour du tifaifai et des coquillages. Une façon d’initier les lycéens à l’artisanat, voire de les inspirer. “L’artisanat, c’est un domaine qui nous plaît et qui nous donne envie de travailler. On utilise les ressources locales en apportant une touche de modernité. Ce n’est pas forcément un métier de grand-mère : c’est un domaine d’activité où on peut laisser libre cours à notre créativité”, confient les deux jeunes femmes.
 
La journée a été rythmée par plusieurs temps forts, du ‘ōrero d’accueil à l’ouverture du ‘ahimā’a, en passant par la visite de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des Sports et de la Jeunesse, en charge de l’Artisanat, Kainuu Temauri. Dans l’après-midi, les ateliers ont laissé place à des danses interprétées par les élèves internes et la troupe Teva i Tai ; un rassemblement marqué par le discours franco-tahitien du proviseur, Jérôme Le Guillou, chargé en émotions à l’approche de son départ.
 
Les festivités se sont poursuivies samedi à l’occasion de la journée portes-ouvertes du lycée, organisée à l’intention des élèves de 3e et de leurs familles.
 




Rédigé par Anne-Charlotte Lehartel le Lundi 23 Mars 2026 à 08:13 | Lu 271 fois