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​Handicap : les premières Assises de l’inclusion veulent améliorer la visibilité des personnes handicapées


Minarii Chantal Galenon, Vice-présidente, Ministre des Solidarités, en charge de la Famille, de la Condition féminine, des Personnes non autonomes et des Relations avec les institutions
Minarii Chantal Galenon, Vice-présidente, Ministre des Solidarités, en charge de la Famille, de la Condition féminine, des Personnes non autonomes et des Relations avec les institutions
Tahiti, le 16 septembre 2026 - La présidence s’apprête à accueillir, vendredi, ses premières Assises de l’inclusion. Organisées de 7h30 à 17 heures sous le grand chapiteau, l’événement prévoit de s’intéresser aux freins rencontrés par les personnes en situation de handicap afin de trouver des solutions. Emploi, scolarité, mobilité, ou encore accompagnement des familles seront au cœur des échanges.
 
Ces Assises, auxquelles il est possible de participer sur inscription, s’inscrivent dans la feuille de route portée depuis 2023 par la ministre des Solidarités, Minarii Galenon, autour de la dignité humaine. Après le plan autisme lancé en août, le ministère poursuit son programme de grands rendez-vous. Après celles de l’inclusion, les Assises de l’enfance sont prévues en novembre, précédant une conférence sur les droits humains consacrée aux questions LGBT avant la fin de l’année.
 
L’objectif est affiché : faire remonter les difficultés du terrain, mais aussi mieux connaître la réalité du handicap en Polynésie. Lors de la mise en place du plan autisme, le ministère avait constaté le manque de données chiffrées. Un travail de collecte a depuis été engagé et doit permettre d’obtenir de nouveaux chiffres dans quelques semaines.
 
Vendredi, six thématiques doivent être abordées lors d’ateliers ou conférences : l’emploi des personnes en situation de handicap, la formation, le parcours scolaire et l’insertion, avec un focus particulier sur le TDAH, le sport et les activités adaptées, la place de la famille et le rôle des Aidants feti’i, le logement adapté et les solutions d’habitat, ainsi que l’accompagnement des personnes en situation de handicap lourd.

500 personnes attendues


Accès aux transports en commun, mobilité... des sujets qui constituent aussi l’un des principaux obstacles identifiés. Nathalie Salmon, déléguée interministérielle au handicap et à l’inclusion, rappelle que les chantiers lancés par le Pays ne couvrent pas l’ensemble du territoire. Et pour cause : “On a les routes territoriales, mais on ne va pas sur les routes municipales, qui représentent 90 %” des voies. C’est donc pour cette raison que les maires, les élus, les représentants de l’assemblée et les conseillers du Cesec ont été invités à participer aux échanges.
 
La question des personnes les plus éloignées de l’inclusion sera abordée. Il s’agit souvent de personnes résidant dans les archipels. C’est notamment au retour d’un séjour à Rangiroa que Minarii Galenon dit avoir pris pleinement conscience des difficultés rencontrées par les familles des Tuamotu et, globalement, des archipels. L’association “Je te vois mon amour”, fondée par Augustine Roa pour aider des jeunes atteint de TDAH à Rangiroa, sera notamment présente vendredi pour témoigner des difficultés auxquelles les familles des Tuamotu sont confrontées pour obtenir du soutien.
 
Le ministère des Solidarités souhaite désormais poursuivre cette dynamique dans les archipels, avec le développement du plan autisme à Bora Bora et Raiatea. Pour Minarii Galenon, l’enjeu est de ne plus penser uniquement l’accompagnement depuis Tahiti, mais de prendre en compte les réalités des familles qui vivent loin des services et des infrastructures.
 
Une quinzaine d’experts, des présidents d’associations, des médecins, des travailleurs sociaux, des familles et des représentants des îles sont attendus à cet événement vendredi. Entre 300 et 500 participants sont espérés. Déjà 150 personnes sont inscrites. Les inscriptions restent ouvertes jusqu'à vendredi 7 heures et permettront de constituer les différents groupes de travail.

Nathalie Salmon, déléguée interministérielle au handicap et à l’inclusion : “L’idée est vraiment que chacun puisse alimenter les discussions”

Pourquoi avoir choisi de travailler sur le handicap dans sa globalité ?
“Avec le plan autisme, on travaille sur une problématique particulière. Là, il était nécessaire de prendre le handicap dans sa globalité, parce qu’il y a beaucoup de handicaps différents et beaucoup de situations différentes.”
 
Vous souhaitez également faire évoluer le regard porté sur le handicap ?
“Le handicap, on le voit encore comme un ‘boulet à traîner’. Nous, on veut le prendre sous l’aspect de ce qu’il peut apporter à la société. C’est une richesse. Il faut prendre le temps de l’apprivoiser.”
 
Comment permettre aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer de participer aux Assises ?
“Il faut aussi permettre à celui qui ne peut pas se déplacer de poser des questions et de partager son vécu. Les travailleurs handicapés peuvent faire remonter leurs questions par leur direction, et les parents peuvent également demander à leur direction de venir échanger. L’idée est vraiment que chacun puisse alimenter les discussions.”
 
Quel est l'objectif à l'issue de ces Assises ?
“Il faut pouvoir faire remonter les difficultés et surtout trouver des réponses. On ne peut plus décider à la place des personnes concernées. Aujourd’hui, un tiers de la société décide à la place de la personne handicapée. Ce n’est plus possible.”

Rédigé par Violaine Broquet le Mercredi 16 Septembre 2026 à 17:44 | Lu 255 fois