À 89 ans, Jean-Claude Lirand met son expérience au service de la jeunesse (Crédit : Anne-Charlotte Lehartel).
Tahiti, le 24 mars 2026 - Retour sur les bancs de l’école pour une vingtaine de seniors de la commune de Teva i Uta invités à témoigner et à participer à des ateliers pratiques au collège Tinomana-Ebb. Au programme : empathie, solidarité et persévérance, sans oublier un voyage dans le temps captivant avec Jean-Claude Lirand, 89 ans, ancien instituteur et membre du premier conseil municipal.
Au collège Tinomana-Ebb de Teva i Uta, l’année est ponctuée d’initiatives solidaires. Ce mardi, une vingtaine d’élèves ont participé à la matinée “Empreintes et racines” marquée par l’intervention de plusieurs seniors de la commune. Pour favoriser le dialogue entre les générations, trois ateliers étaient au programme : souvenirs et légendes, arts plastiques et cuisine.
“Ça s’inscrit dans l’apprentissage du vivre-ensemble. Ça concerne aussi bien des jeunes qui ont brillé au niveau de leurs résultats scolaires que des élèves qui sont en situation de mal-être et qui ont besoin de développer l’esprit de persévérance”, explique la conseillère principale d’éducation de l’établissement, Anne-Yvonne Germé. “Ça répond à un besoin. C’est une démarche que j’ai développée au cours de ma carrière en Martinique et que je voulais partager suite à ma mutation en Polynésie, avec le soutien de l’équipe pédagogique et de la direction. L’objectif, c’est de développer l’empathie chez les jeunes, qu’ils soient plus à l’écoute les uns des autres pour avancer dans leur parcours de citoyen. Le Covid a eu pour effet de nous individualiser et il faut revenir à un état d’esprit plus collectif.”
Les élèves en situation de handicap de l’unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis O’Mamao) ont également bénéficié du dispositif. “Cet échange entre les générations est bénéfique pour l’adaptation de mes élèves. Ce sont des moments riches pour tout le monde”, souligne leur professeure référente, Nathalie Perez.
Au collège Tinomana-Ebb de Teva i Uta, l’année est ponctuée d’initiatives solidaires. Ce mardi, une vingtaine d’élèves ont participé à la matinée “Empreintes et racines” marquée par l’intervention de plusieurs seniors de la commune. Pour favoriser le dialogue entre les générations, trois ateliers étaient au programme : souvenirs et légendes, arts plastiques et cuisine.
“Ça s’inscrit dans l’apprentissage du vivre-ensemble. Ça concerne aussi bien des jeunes qui ont brillé au niveau de leurs résultats scolaires que des élèves qui sont en situation de mal-être et qui ont besoin de développer l’esprit de persévérance”, explique la conseillère principale d’éducation de l’établissement, Anne-Yvonne Germé. “Ça répond à un besoin. C’est une démarche que j’ai développée au cours de ma carrière en Martinique et que je voulais partager suite à ma mutation en Polynésie, avec le soutien de l’équipe pédagogique et de la direction. L’objectif, c’est de développer l’empathie chez les jeunes, qu’ils soient plus à l’écoute les uns des autres pour avancer dans leur parcours de citoyen. Le Covid a eu pour effet de nous individualiser et il faut revenir à un état d’esprit plus collectif.”
Les élèves en situation de handicap de l’unité localisée pour l’inclusion scolaire (Ulis O’Mamao) ont également bénéficié du dispositif. “Cet échange entre les générations est bénéfique pour l’adaptation de mes élèves. Ce sont des moments riches pour tout le monde”, souligne leur professeure référente, Nathalie Perez.
“On se sent utile”
Parmi les retraités présents, plusieurs personnes-ressources avaient fait le déplacement, ainsi que des élus municipaux. “Nos anciens viennent partager un bout de leur vie et de leur expérience à nos jeunes, qui sont très curieux ! Ils parlent de l’école d’autrefois, des liens familiaux et de notre commune. Les valeurs qu’ils partagent peuvent aider à poser un cadre”, remarque le maire de Teva i Uta, Tearii Alpha, venu écouter quelques témoignages.
Pendant ce temps, au CDI, l’atelier créatif tournait à plein régime entre découpe, composition et collage. Grand-mère avertie, Betty Poroi, 80 ans, était aux petits soins de son équipe : “Je suis ravie d’être là, autant pour moi que pour les élèves, au lieu de rester à la maison... On se sent utile ! On essaie de les aider à se concentrer et à faire preuve de patience, mais aussi à travailler en équipe.”
Après une dégustation de “poisson cru” végétarien et de ‘īpō, la matinée s’est achevée par la touche finale à une fresque murale, où élèves et anciens ont laissé leurs empreintes. Lancée en décembre, cette initiative menée en petit comité sera reconduite en avril et en mai, voire dans les années à venir, pour toucher un maximum d’élèves.
Rencontre avec Jean-Claude Lirand
Ancien enseignant et directeur à Tahiti et dans les îles, également membre du premier conseil municipal de Teva i Uta, Jean-Claude Lirand, 89 ans, a captivé son jeune auditoire avec le récit de ses souvenirs ponctué d’une foule d’anecdotes. “La commune a été fondée en 1973. Avant, c’étaient des chefs, comme William Coppenrath qui recevait les gens chez lui pour régler les problèmes des uns et des autres avec une Bible posée sur la table. (...) Quand j’étais conseiller, on a voulu mettre en place le premier rāhui : les pêcheurs étaient d’accord, on a installé les bouées pour délimiter la zone de 500 m2 à Atimaono et deux semaines plus tard, ils avaient tout coupé car ils n’en voulaient plus ! (...) J’ai toujours été porté sur le sport. J’ai créé la première école primaire-maternelle de natation et le premier mur de grimpette à Vaitoare, à Taha’a. J’ai aussi monté un club de voile à Mataiea. Nos mercredis et vendredis après-midi, et nos samedis, c’était pour les enfants et c’était gratuit. (...) Je me souviens de l’arrivée des frigidaires à pétrole, qui nous ont permis de conserver le ma’a à la maison ; avant, on vivait au jour le jour. J’ai fait partie des premiers à avoir la télévision avec un groupe électrogène, mais il n’y avait pas des transmissions à longueur de journée comme aujourd’hui.”
Ce voyage dans le temps visait aussi à ancrer les adolescents dans le présent. Interrogé sur son point de vue sur la société polynésienne contemporaine, Jean-Claude Lirand, lui-même arrière-grand-père, a adressé quelques conseils à la nouvelle génération : “Aimez votre commune. Donnez de votre temps et informez-vous : assistez aux réunions, participez aux rencontres sportives et culturelles, etc. Vous êtes l’avenir de Mataiea ! Ne vous laissez pas influencer par les vendeurs de drogue qui veulent se faire de l’argent sur votre dos : restez vous-mêmes. Lâchez vos téléphones portables et les réseaux sociaux : conversez directement entre vous et faites attention les uns aux autres.”
Ce voyage dans le temps visait aussi à ancrer les adolescents dans le présent. Interrogé sur son point de vue sur la société polynésienne contemporaine, Jean-Claude Lirand, lui-même arrière-grand-père, a adressé quelques conseils à la nouvelle génération : “Aimez votre commune. Donnez de votre temps et informez-vous : assistez aux réunions, participez aux rencontres sportives et culturelles, etc. Vous êtes l’avenir de Mataiea ! Ne vous laissez pas influencer par les vendeurs de drogue qui veulent se faire de l’argent sur votre dos : restez vous-mêmes. Lâchez vos téléphones portables et les réseaux sociaux : conversez directement entre vous et faites attention les uns aux autres.”




























