Tahiti, le 16 juin 2026 - Après trois ans et neuf mois à la tête du consulat général de Chine à Tahiti, Tian Lixiao s'apprête à quitter ses fonctions. Dans un entretien-bilan, le diplomate revient sur les temps forts de son mandat : sortie de crise sanitaire, renforcement des liens institutionnels, et développement des échanges commerciaux et touristiques avec la Chine. L'occasion de brosser le portrait d'une relation qu'il qualifie de stable et saine, avant de transmettre le relais à son successeur.
Quel regard portez-vous sur ces trois années passées en Polynésie française ? Et quelles sont vos plus grandes satisfactions ?
“Je me souviens encore très bien de mon arrivée sur le territoire. Nous sortions à peine de la crise sanitaire du Covid-19. Nous avons organisé une grande réception pour célébrer la fête nationale ainsi que ma prise de fonction. Une de mes plus grandes satisfactions, c'est que nous ayons pu travailler concomitamment avec les institutions polynésiennes pour sortir de cette crise sanitaire, du début de la pandémie en 2020 jusqu'à aujourd'hui. Parallèlement, pendant ces trois ans et neuf mois écoulés, nous avons pu travailler de manière très étroite avec le haut-commissariat, la présidence, l'assemblée de la Polynésie française ainsi qu'avec toutes les autres institutions. J'ai également eu la chance durant mon mandat de pouvoir effectuer plusieurs visites auprès des communes des îles éloignées, et j'ai été très honoré de pouvoir rencontrer les tāvana de la Polynésie française. Enfin, une de mes plus grandes satisfactions est d'avoir pu tisser des liens très forts avec la communauté chinoise locale.”
Quels ont été les principaux défis de votre mandat ?
“En réalité, toutes les coopérations entreprises ont été menées avec un grand succès. Sans parler de défis, je pourrais évoquer quelques difficultés : par exemple, à mon arrivée en Polynésie française, la plus grande difficulté a été l'inconnu. Je ne connaissais pas la civilisation polynésienne, et je maîtrisais mal la géographie du Fenua. Au fur et à mesure de mes contacts avec les gens ici et les institutions, cette difficulté s'est finalement dissipée. Parfois, je me suis aussi heurté à un manque de délimitation des compétences, avec des zones floues. Concrètement, il peut parfois être dur de savoir à qui s'adresser et de parvenir à déterminer à qui appartient telle ou telle compétence.”
Les relations entre la Chine et la Polynésie française ont-elles progressé durant votre mandat ? Dans quels domaines concrets ?
“Les relations entre la Chine et la Polynésie française ont toujours été qualifiées de stables et saines, et l'une de mes volontés était de maintenir cette bonne entente. Concrètement, oui, les relations entre la Chine et la Polynésie française ont évolué durant mon mandat. La Chine est un marché très important pour le développement touristique du Fenua. Elle constitue un véritable pilier pour son économie. Avant la crise du Covid-19, par exemple, la Chine était le premier débouché du marché pour la vente de perles noires polynésiennes. Parallèlement, dans le domaine de la construction et du BTP, beaucoup de constructeurs cherchent des fournisseurs en Chine pour importer des matériaux de construction.”
À terme, comment envisagez-vous l'évolution des échanges commerciaux et touristiques entre les deux territoires ?
“J'ai confiance dans les coopérations commerciales et touristiques entre la Chine et la Polynésie française aujourd'hui, mais aussi dans le futur. La Polynésie possède un grand potentiel, mais a besoin de se développer dans de nombreux domaines, comme le logement et la santé. Le territoire a également besoin d'importer massivement, notamment des matériaux de construction depuis la Chine. Avec l'essor des constructions, cette demande va s'intensifier. Pour répondre à cette sollicitation, la Chine est un partenaire de choix, et cette coopération est vouée à s'inscrire dans le temps. Sur le plan touristique, nous souhaitons établir un vol direct entre la Chine et Tahiti, par suite de la convention signée en 2014 à ce sujet. Maintenant, il faut que les compagnies aériennes puissent trouver des accords afin de faire aboutir le projet. La Polynésie française reste un territoire encore très méconnu de la population chinoise, cette ligne aérienne directe constitue donc un levier majeur de développement du tourisme au Fenua. L'idée est aussi d'élaborer des compagnies de charter qui réaliseraient des croisières en Polynésie française à destination des touristes chinois.”
Quel lien avez-vous entretenu avec la communauté chinoise locale ? Comment la voyez-vous évoluer ?
“En tant que diplomate, j'ai pu tisser des liens très forts et très étroits avec la communauté chinoise ici. La population chinoise est très importante et très active en Polynésie française, elle contribue massivement au développement de l'économie locale, du commerce et de l'éducation. Elle alimente également la diversité culturelle et civilisationnelle du Fenua. Les ancêtres chinois sont arrivés en Polynésie il y a deux ou trois générations. Désormais la population est très insérée, autant socialement que professionnellement. On l'observe notamment durant les périodes de fête. Pour le Nouvel An chinois, l'événement est non seulement fêté par la communauté chinoise mais aussi par la communauté polynésienne. Preuve de son ancrage sur le territoire, et de la solidité des liens créés. C'est un axe primordial pour renforcer la diversité.”
Des programmes d'échanges éducatifs ou culturels entre la Polynésie et la Chine ont-ils été créés : bourses, enseignement du mandarin, coopération universitaire ?
“Trois échanges éducatifs ont été mis en place durant mon mandat entre des écoles polynésiennes et chinoises. Ces échanges permettent aux élèves d'améliorer leurs compétences linguistiques et de favoriser l'internationalisation des cursus, tout en resserrant les liens entre la Polynésie française et la Chine. Par ailleurs, au Fenua, de nombreux établissements enseignent le mandarin. Plusieurs fois par an, nous travaillons en partenariat avec les établissements scolaires pour organiser des concours de mandarin et d'autres activités et festivités de la culture chinoise. Nous apportons notre soutien pour mener à bien la réalisation de ces différents projets.”
Concernant la suite, quel dossier prioritaire laissez-vous à votre successeur ?
“La priorité pour mon successeur est de continuer à travailler dans le sens d'un renforcement des liens et de l'amitié entre la Chine et la Polynésie française. Dans un deuxième temps, il faut poursuivre les efforts de développement des échanges commerciaux, notamment avec l'importation de la perle noire en Chine, et l'exportation des matériaux de construction chinois en Polynésie. Enfin, le milieu touristique constitue un enjeu majeur pour mon successeur, pour lequel les efforts doivent être poursuivis.”
De manière plus générale, que retenez-vous de ces années en Polynésie française ?
“Ce qui m'a le plus marqué au Fenua, c'est indéniablement l'hospitalité et l'incroyable gentillesse du peuple polynésien. Lors de mes différentes visites officielles dans les archipels, j'ai toujours été accueilli très chaleureusement, autant par les populations locales que par les maires. Je pense notamment au maire de Moorea, de Huahine, de Raiatea, de Nuku Hiva, de Bora Bora ou encore de Rangiroa. Nous avons toujours pu échanger facilement et de manière très constructive. En tant que diplomate, il ne faut pas oublier qu'on travaille dans les différents pays où des missions nous sont confiées ; mais que l'on y vit aussi. La Polynésie française occupera toujours une place particulière dans mon cœur.”
Quel regard portez-vous sur ces trois années passées en Polynésie française ? Et quelles sont vos plus grandes satisfactions ?
“Je me souviens encore très bien de mon arrivée sur le territoire. Nous sortions à peine de la crise sanitaire du Covid-19. Nous avons organisé une grande réception pour célébrer la fête nationale ainsi que ma prise de fonction. Une de mes plus grandes satisfactions, c'est que nous ayons pu travailler concomitamment avec les institutions polynésiennes pour sortir de cette crise sanitaire, du début de la pandémie en 2020 jusqu'à aujourd'hui. Parallèlement, pendant ces trois ans et neuf mois écoulés, nous avons pu travailler de manière très étroite avec le haut-commissariat, la présidence, l'assemblée de la Polynésie française ainsi qu'avec toutes les autres institutions. J'ai également eu la chance durant mon mandat de pouvoir effectuer plusieurs visites auprès des communes des îles éloignées, et j'ai été très honoré de pouvoir rencontrer les tāvana de la Polynésie française. Enfin, une de mes plus grandes satisfactions est d'avoir pu tisser des liens très forts avec la communauté chinoise locale.”
Quels ont été les principaux défis de votre mandat ?
“En réalité, toutes les coopérations entreprises ont été menées avec un grand succès. Sans parler de défis, je pourrais évoquer quelques difficultés : par exemple, à mon arrivée en Polynésie française, la plus grande difficulté a été l'inconnu. Je ne connaissais pas la civilisation polynésienne, et je maîtrisais mal la géographie du Fenua. Au fur et à mesure de mes contacts avec les gens ici et les institutions, cette difficulté s'est finalement dissipée. Parfois, je me suis aussi heurté à un manque de délimitation des compétences, avec des zones floues. Concrètement, il peut parfois être dur de savoir à qui s'adresser et de parvenir à déterminer à qui appartient telle ou telle compétence.”
Les relations entre la Chine et la Polynésie française ont-elles progressé durant votre mandat ? Dans quels domaines concrets ?
“Les relations entre la Chine et la Polynésie française ont toujours été qualifiées de stables et saines, et l'une de mes volontés était de maintenir cette bonne entente. Concrètement, oui, les relations entre la Chine et la Polynésie française ont évolué durant mon mandat. La Chine est un marché très important pour le développement touristique du Fenua. Elle constitue un véritable pilier pour son économie. Avant la crise du Covid-19, par exemple, la Chine était le premier débouché du marché pour la vente de perles noires polynésiennes. Parallèlement, dans le domaine de la construction et du BTP, beaucoup de constructeurs cherchent des fournisseurs en Chine pour importer des matériaux de construction.”
À terme, comment envisagez-vous l'évolution des échanges commerciaux et touristiques entre les deux territoires ?
“J'ai confiance dans les coopérations commerciales et touristiques entre la Chine et la Polynésie française aujourd'hui, mais aussi dans le futur. La Polynésie possède un grand potentiel, mais a besoin de se développer dans de nombreux domaines, comme le logement et la santé. Le territoire a également besoin d'importer massivement, notamment des matériaux de construction depuis la Chine. Avec l'essor des constructions, cette demande va s'intensifier. Pour répondre à cette sollicitation, la Chine est un partenaire de choix, et cette coopération est vouée à s'inscrire dans le temps. Sur le plan touristique, nous souhaitons établir un vol direct entre la Chine et Tahiti, par suite de la convention signée en 2014 à ce sujet. Maintenant, il faut que les compagnies aériennes puissent trouver des accords afin de faire aboutir le projet. La Polynésie française reste un territoire encore très méconnu de la population chinoise, cette ligne aérienne directe constitue donc un levier majeur de développement du tourisme au Fenua. L'idée est aussi d'élaborer des compagnies de charter qui réaliseraient des croisières en Polynésie française à destination des touristes chinois.”
Quel lien avez-vous entretenu avec la communauté chinoise locale ? Comment la voyez-vous évoluer ?
“En tant que diplomate, j'ai pu tisser des liens très forts et très étroits avec la communauté chinoise ici. La population chinoise est très importante et très active en Polynésie française, elle contribue massivement au développement de l'économie locale, du commerce et de l'éducation. Elle alimente également la diversité culturelle et civilisationnelle du Fenua. Les ancêtres chinois sont arrivés en Polynésie il y a deux ou trois générations. Désormais la population est très insérée, autant socialement que professionnellement. On l'observe notamment durant les périodes de fête. Pour le Nouvel An chinois, l'événement est non seulement fêté par la communauté chinoise mais aussi par la communauté polynésienne. Preuve de son ancrage sur le territoire, et de la solidité des liens créés. C'est un axe primordial pour renforcer la diversité.”
Des programmes d'échanges éducatifs ou culturels entre la Polynésie et la Chine ont-ils été créés : bourses, enseignement du mandarin, coopération universitaire ?
“Trois échanges éducatifs ont été mis en place durant mon mandat entre des écoles polynésiennes et chinoises. Ces échanges permettent aux élèves d'améliorer leurs compétences linguistiques et de favoriser l'internationalisation des cursus, tout en resserrant les liens entre la Polynésie française et la Chine. Par ailleurs, au Fenua, de nombreux établissements enseignent le mandarin. Plusieurs fois par an, nous travaillons en partenariat avec les établissements scolaires pour organiser des concours de mandarin et d'autres activités et festivités de la culture chinoise. Nous apportons notre soutien pour mener à bien la réalisation de ces différents projets.”
Concernant la suite, quel dossier prioritaire laissez-vous à votre successeur ?
“La priorité pour mon successeur est de continuer à travailler dans le sens d'un renforcement des liens et de l'amitié entre la Chine et la Polynésie française. Dans un deuxième temps, il faut poursuivre les efforts de développement des échanges commerciaux, notamment avec l'importation de la perle noire en Chine, et l'exportation des matériaux de construction chinois en Polynésie. Enfin, le milieu touristique constitue un enjeu majeur pour mon successeur, pour lequel les efforts doivent être poursuivis.”
De manière plus générale, que retenez-vous de ces années en Polynésie française ?
“Ce qui m'a le plus marqué au Fenua, c'est indéniablement l'hospitalité et l'incroyable gentillesse du peuple polynésien. Lors de mes différentes visites officielles dans les archipels, j'ai toujours été accueilli très chaleureusement, autant par les populations locales que par les maires. Je pense notamment au maire de Moorea, de Huahine, de Raiatea, de Nuku Hiva, de Bora Bora ou encore de Rangiroa. Nous avons toujours pu échanger facilement et de manière très constructive. En tant que diplomate, il ne faut pas oublier qu'on travaille dans les différents pays où des missions nous sont confiées ; mais que l'on y vit aussi. La Polynésie française occupera toujours une place particulière dans mon cœur.”

































