Tahiti, le 16 septembre 2026 - Cinq jeunes femmes accusent leur grand-père de viols et d’agressions sexuelles commis alors qu’elles étaient âgées de 6 à 16 ans, entre 2006 et 2017. Aujourd’hui âgé de 74 ans, l’accusé conteste la majorité des faits et livre une version dans laquelle il affirme notamment avoir été séduit par ses petites-filles. Au fil de l’audience, les récits des victimes et des proches font émerger le poids des années de silence, de l’emprise et des traumatismes laissés par ces accusations.
“J’ai toujours cru que ça n’arrive qu’aux autres, mais le diable était juste derrière nous, apparemment.” La phrase, lâchée par la mère des victimes à la barre, résume à elle seule la violence des témoignages entendus ce mercredi devant la cour d’assises.
Cinq jeunes femmes accusent leur grand-père de viols et d’agressions sexuelles commis entre 2006 et 2017. Au moment des faits, elles étaient âgées de 6 à 16 ans.Face à ces accusations, l’homme, aujourd’hui âgé de 74 ans, conteste la majorité des faits qui lui sont reprochés. Il affirme que ce sont les jeunes filles qui l’auraient séduit, allant jusqu’à soutenir que certaines l’auraient “forcé” à avoir des rapports sexuels contre de l’argent. Il explique leur avoir parfois donné en échange, quelques billets ou “des cadeaux”.
Photos et vidéos
L’affaire éclate après les confidences de l’une des victimes en 2017. Au téléphone, elle raconte à sa sœur, alors en métropole avec leur parent, qu’elle a subi des attouchements de la part de leur grand-père. La sœur lui révèle à son tour avoir été victime des mêmes agissements.
Le père est rapidement informé et rentre immédiatement de métropole suivi deux jours plus tard par sa femme et son autre fille. Il se rend à la gendarmerie et dépose plainte. L’enquête permet ensuite d’identifier trois autres victimes, elles aussi petites-filles du prévenu. Parmi elles figure la fille de l’actuelle épouse de l’accusé, née d’une précédente union.
Dans leurs récits, plusieurs éléments se retrouvent. Les gestes ont commencé par des caresses et des baisers sur la bouche. Le grand-père a ensuite montré des vidéos pornographiques à certaines, leur demandant de “faire la même chose”. Selon leurs témoignages, ces gestes ont ensuite évolué vers des actes sexuels imposés, notamment des fellations et des rapports. L’accusé conteste ces faits. Une seule victime fait exception : celle qui témoigne ce mercredi devant la cour.
Une parole longtemps enfouie
La jeune femme raconte avoir été “dépucelée” par son grand-père dans la salle de bain. À l’audience, son audition réalisée à la gendarmerie est diffusée. Elle avait alors 16 ans. Dans cet enregistrement, l’adolescente décrit les scènes et affirme que son grand-père lui répétait régulièrement : “J’ai envie de toi”, “Tu me manques” ou encore “J’ai envie de te baiser”.
Lorsqu’elle revient sur le viol, l’émotion est lourde dans la salle. “J’ai fait des choses que je regrette. Chaque soir, chaque fois que je m’endors et que je ferme les yeux, je ne vois que ça”, dit-elle dans l’enregistrement. Puis, la jeune fille éclate en sanglots.
Aujourd’hui âgée de 25 ans, elle évoque également des pénétrations avec des objets. À cette même période, alors qu’elle est lycéenne, elle affirme avoir également subi des abus sexuels de la part d’un professeur, depuis écarté de la profession. Des accumulations qui “ont détruit une partie de [sa] vie”.
Une soi-disant “impuissance”
À la barre, sa mère peine elle aussi à contenir son émotion. Les larmes coulent alors qu’elle revient sur ce qu’ont vécu ses filles. “On ne fait pas d’enfants pour qu’ils servent d’objets ou de jeux sexuels”, lance-t-elle. Elle raconte notamment qu’elle demandait à sa fille d’appeler son grand-père lorsqu’il fallait aller la chercher à l’école. Une décision qu’elle porte maintenant comme une culpabilité.“Aujourd’hui, je m’en veux de les avoir jetées dans la gueule du loup”, déplore-t-elle.
Pour réfuter, l’accusé avance notamment des arguments médicaux. Il affirme qu’une opération de l’oreille aurait entraîné un rétrécissement de son pénis. Il soutient également qu’environ “trois ou quatre ans” après la naissance de son dernier fils, en 1991, il souffrait “d’impuissance” et n’aurait donc pas été capable de commettre les actes qui lui sont reprochés.
La présidente lui rappelle alors les conclusions des médecins : “Les expertises médicales menées n’ont pas pu apporter de preuves de ce qu’il disait.”
“Je lui en voudrais jusqu’à ma mort”
En fin d’après-midi, un dernier témoignage vient bouleverser la salle. Le témoin est le cousin des victimes. Il raconte avoir, alors qu’il n’avait que 11 ans, surpris l’une de ses cousines en train de pratiquer une fellation sur son grand-père.
La scène, qu’il décrit comme profondément traumatisante, est restée gravée dans sa mémoire. Lorsque l’affaire éclate, il parvient à en parler aux gendarmes. Mais neuf ans plus tard, face à la cour, la parole est pourtant difficile. Aujourd’hui âgé de 23 ans, le jeune homme tremble. Il peine à répondre aux questions et ne parvient même plus, sous le coup de l’émotion, à se rappeler son âge. Une courte suspension est alors ordonnée.
À son retour dans la salle, la présidente cherche à comprendre ce qui provoque une telle réaction. Le jeune homme explique qu’il s’en veut encore de ne pas avoir réussi à défendre sa cousine ce jour-là. “Tu étais un enfant de 11 ans. Tu n’aurais rien pu faire”, lui répond la magistrate. Puis elle poursuit : “Ce n’est pas à toi d’avoir honte. Tu es courageux d’avoir témoigné à l’époque et d’être revenu aujourd’hui.”
Le jeune homme, devenu père de famille, reste marqué par cette scène survenue lorsqu’il était lui-même enfant. “Je lui en voudrais jusqu’à ma mort”,souffle-t-il.
“J’ai toujours cru que ça n’arrive qu’aux autres, mais le diable était juste derrière nous, apparemment.” La phrase, lâchée par la mère des victimes à la barre, résume à elle seule la violence des témoignages entendus ce mercredi devant la cour d’assises.
Cinq jeunes femmes accusent leur grand-père de viols et d’agressions sexuelles commis entre 2006 et 2017. Au moment des faits, elles étaient âgées de 6 à 16 ans.Face à ces accusations, l’homme, aujourd’hui âgé de 74 ans, conteste la majorité des faits qui lui sont reprochés. Il affirme que ce sont les jeunes filles qui l’auraient séduit, allant jusqu’à soutenir que certaines l’auraient “forcé” à avoir des rapports sexuels contre de l’argent. Il explique leur avoir parfois donné en échange, quelques billets ou “des cadeaux”.
Photos et vidéos
L’affaire éclate après les confidences de l’une des victimes en 2017. Au téléphone, elle raconte à sa sœur, alors en métropole avec leur parent, qu’elle a subi des attouchements de la part de leur grand-père. La sœur lui révèle à son tour avoir été victime des mêmes agissements.
Le père est rapidement informé et rentre immédiatement de métropole suivi deux jours plus tard par sa femme et son autre fille. Il se rend à la gendarmerie et dépose plainte. L’enquête permet ensuite d’identifier trois autres victimes, elles aussi petites-filles du prévenu. Parmi elles figure la fille de l’actuelle épouse de l’accusé, née d’une précédente union.
Dans leurs récits, plusieurs éléments se retrouvent. Les gestes ont commencé par des caresses et des baisers sur la bouche. Le grand-père a ensuite montré des vidéos pornographiques à certaines, leur demandant de “faire la même chose”. Selon leurs témoignages, ces gestes ont ensuite évolué vers des actes sexuels imposés, notamment des fellations et des rapports. L’accusé conteste ces faits. Une seule victime fait exception : celle qui témoigne ce mercredi devant la cour.
Une parole longtemps enfouie
La jeune femme raconte avoir été “dépucelée” par son grand-père dans la salle de bain. À l’audience, son audition réalisée à la gendarmerie est diffusée. Elle avait alors 16 ans. Dans cet enregistrement, l’adolescente décrit les scènes et affirme que son grand-père lui répétait régulièrement : “J’ai envie de toi”, “Tu me manques” ou encore “J’ai envie de te baiser”.
Lorsqu’elle revient sur le viol, l’émotion est lourde dans la salle. “J’ai fait des choses que je regrette. Chaque soir, chaque fois que je m’endors et que je ferme les yeux, je ne vois que ça”, dit-elle dans l’enregistrement. Puis, la jeune fille éclate en sanglots.
Aujourd’hui âgée de 25 ans, elle évoque également des pénétrations avec des objets. À cette même période, alors qu’elle est lycéenne, elle affirme avoir également subi des abus sexuels de la part d’un professeur, depuis écarté de la profession. Des accumulations qui “ont détruit une partie de [sa] vie”.
Une soi-disant “impuissance”
À la barre, sa mère peine elle aussi à contenir son émotion. Les larmes coulent alors qu’elle revient sur ce qu’ont vécu ses filles. “On ne fait pas d’enfants pour qu’ils servent d’objets ou de jeux sexuels”, lance-t-elle. Elle raconte notamment qu’elle demandait à sa fille d’appeler son grand-père lorsqu’il fallait aller la chercher à l’école. Une décision qu’elle porte maintenant comme une culpabilité.“Aujourd’hui, je m’en veux de les avoir jetées dans la gueule du loup”, déplore-t-elle.
Pour réfuter, l’accusé avance notamment des arguments médicaux. Il affirme qu’une opération de l’oreille aurait entraîné un rétrécissement de son pénis. Il soutient également qu’environ “trois ou quatre ans” après la naissance de son dernier fils, en 1991, il souffrait “d’impuissance” et n’aurait donc pas été capable de commettre les actes qui lui sont reprochés.
La présidente lui rappelle alors les conclusions des médecins : “Les expertises médicales menées n’ont pas pu apporter de preuves de ce qu’il disait.”
“Je lui en voudrais jusqu’à ma mort”
En fin d’après-midi, un dernier témoignage vient bouleverser la salle. Le témoin est le cousin des victimes. Il raconte avoir, alors qu’il n’avait que 11 ans, surpris l’une de ses cousines en train de pratiquer une fellation sur son grand-père.
La scène, qu’il décrit comme profondément traumatisante, est restée gravée dans sa mémoire. Lorsque l’affaire éclate, il parvient à en parler aux gendarmes. Mais neuf ans plus tard, face à la cour, la parole est pourtant difficile. Aujourd’hui âgé de 23 ans, le jeune homme tremble. Il peine à répondre aux questions et ne parvient même plus, sous le coup de l’émotion, à se rappeler son âge. Une courte suspension est alors ordonnée.
À son retour dans la salle, la présidente cherche à comprendre ce qui provoque une telle réaction. Le jeune homme explique qu’il s’en veut encore de ne pas avoir réussi à défendre sa cousine ce jour-là. “Tu étais un enfant de 11 ans. Tu n’aurais rien pu faire”, lui répond la magistrate. Puis elle poursuit : “Ce n’est pas à toi d’avoir honte. Tu es courageux d’avoir témoigné à l’époque et d’être revenu aujourd’hui.”
Le jeune homme, devenu père de famille, reste marqué par cette scène survenue lorsqu’il était lui-même enfant. “Je lui en voudrais jusqu’à ma mort”,souffle-t-il.


































