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Municipales à Paris: dernier jour de campagne sous tension avant un match très incertain


Crédit Thibaud MORITZ / AFP
Crédit Thibaud MORITZ / AFP
Paris, France | AFP | vendredi 20/03/2026 - Emmanuel Grégoire et Rachida Dati jettent vendredi leurs dernières forces dans la bataille pour Paris dans un climat fébrile, avant un match à trois hautement incertain même si le candidat de la gauche hors LFI garde l'avantage face à sa rivale de droite.

Trois sondages d'entre-deux-tours donnent le député PS gagnant face à la candidate de la droite et du centre, avec un écart de un à sept points (entre 48% et 45,5% contre 44,5 à 41%).

L'Insoumise LFI Sophia Chikirou est elle créditée de 10 à 11% des intentions de vote, autant que son score au premier tour.

La marge d'erreur étant de trois points, l'issue de cette triangulaire s'annonce très indécise tant elle dépend de reports de voix difficiles à prédire, notent les experts.

A commencer par le comportement de l'électorat de l'ex-candidat Horizons et Renaissance Pierre-Yves Bournazel, qui a fusionné sa liste avec Rachida Dati tout en se retirant personnellement de la course.

"Notre enquête montre que les reports des électeurs de Bournazel vers Dati sont plus élevés (56%) que dans les sondages d'avant le premier tour (45%)", décrypte pour l'AFP Bernard Sananès, président de l'institut Elabe.

Un "gros tiers" voterait pour Emmanuel Grégoire, détaille le sondeur. La question clé étant, selon Philippe Moreau-Chevrolet, professeur en communication à Sciences Po, de savoir si "le désir de changement présent dans l'électorat de centre-droit et macroniste l'emportera sur son hostilité à Rachida Dati", notamment renvoyée en procès en septembre pour corruption et trafic d'influence.

Autre facteur déterminant: le choix de l'électorat de Sophia Chikirou, qui a maintenu sa candidature après le "refus" de son concurrent socialiste de faire alliance comme dans d'autres villes dont Lyon, Toulouse et Nantes.

Quatre électeurs Insoumis sur dix se disant indécis, "la question du vote utile à gauche va beaucoup se poser pour eux", anticipe Philippe Moreau-Chevrolet.

Le report "massif" des électeurs de l'ex-candidate d'extrême droite Sarah Knafo vers Rachida Dati, fait en revanche peu de doute.

- "Capitulation" -

"Mme Dati n'a aucune chance de gagner si elle n'est pas soutenue par l'extrême droite", a dénoncé vendredi sur France 2 Emmanuel Grégoire, accusant son adversaire de "capitulation au regard des valeurs que portait la droite parisienne" de Jacques Chirac. 

"Pour la première fois, l'extrême droite était en capacité de se maintenir (avec un score de 10%, NDLR). Et par une sorte de gentillesse spontanée vis-à-vis de Rachida Dati, ils choisissent de se retirer", a-t-il développé.

L'ex-premier adjoint d'Anne Hidalgo avait accusé jeudi Emmanuel Macron d'être "personnellement intervenu" pour aider au retrait de Sarah Knafo, ce que l'intéressé a démenti aussitôt.

Selon Le Monde, "plusieurs sources proches de l’Elysée et au sein de l’équipe de campagne d’Emmanuel Grégoire" ont "certifié" que le chef de l'Etat avait joué un rôle dans l'entre-deux-tours en téléphonant à son ancienne ministre de la Culture, puis à Edouard Philippe, le patron d'Horizons qui a poussé Pierre-Yves Bournazel à la fusion.

Le journal affirme aussi que M. Macron aurait appelé le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, dont les médias avaient propulsé la candidature d'Eric Zemmour en 2022, pour tenter d'obtenir le retrait de la candidate Reconquête.

- Nouveau démenti de l'Elysée -

"Le chef de l'Etat n'est en aucune façon intervenu dans le retrait de Mme Knafo", a rétorqué à nouveau l'Elysée sur X.

Vendredi sur BFMTV, l'eurodéputée zemmouriste a relaté avoir été appelée par Mme Dati à la veille de son désistement, pour lui dire qu'Edouard Philippe avait "mis son véto" à une alliance, souhaitée par Mme Knafo au nom de "l'union des droites".

Cette déclaration "accrédite la thèse de Grégoire sur un complot pour le retrait de Knafo ", analyse le politologue Benjamin Morel. Même s'il lui semble "totalement illogique" que Mme Dati ait pu "envisager sérieusement" une telle alliance.

"C'est en tout cas un bon coup" à ses yeux pour le socialiste, dont les attaques à l'encontre d'Emmanuel Macron ont été perçues comme un signe de fébrilité, après une prestation au débat télévisé de mercredi qui n'a pas fait d'éclat.

"Un tiers de notre sondage a été réalisé après le débat et c'est la partie la moins favorable à Grégoire", analyse le directeur d'Elabe.

le Vendredi 20 Mars 2026 à 05:00 | Lu 301 fois