Tahiti, le 15 juin 2026 - Au quatrième jour du procès concernant la mort d’un homme à Mataiea, le 24 septembre 2023, lors d’une transaction d’ice qui avait mal tourné, l’émotion a envahi la salle d’audience des assises pour mineurs de Papeete. Avant les réquisitions attendues ce mardi matin, la cour a entendu les proches de la victime. Les deux avocats des parties civiles ont ensuite plaidé.
“En tant que mère, tu ne mets pas au monde un enfant pour que d’autres prennent sa vie.” C’est par ces mots que l’émotion est montée d’un cran dans la salle des assises. Près de trois ans après les faits, toute une famille est venue raconter le vide laissé par celui que la maman du défunt surnommait “Noa”. Pour rappel : “Noa ”, cet homme de 33 ans avait été retrouvé mort sur un terrain vague à Mataiea, les mains et les pieds ligotés, le visage tuméfié et recouvert d’un store en tissu. Le drame se serait noué lors d’une transaction d’ice qui aurait mal tourné, la victime étant soupçonnée d’avoir tenté de s’enfuir avec dix grammes de méthamphétamine sans les payer.
L’ex-compagne de la victime a évoqué le moment où elle a dû annoncer la mort de son père à leur petite fille, alors âgée de six ans. “Le plus dur, ça a été de l’annoncer à ma fille. Elle avait à peine six ans.” : “Je lui ai menti. Je lui ai dit qu’il était mort d’une maladie. Elle m’a répondu qu’il n’était pas malade.” Pendant plusieurs mois, elle n’a pas trouvé la force de lui révéler la vérité, témoigne-t-elle. “En octobre, je lui ai dit ce qu’il s’était réellement passé.”
Quelques instants plus tard, la jeune femme poursuit d’une voix brisée le regard tourné vers les accusés : “Leurs enfants, ils ont de la chance d’avoir leur papa. Ma fille, ce qu’elle voit aujourd’hui, c’est un mur.” Dans la salle, plusieurs jurés, ont versé discrètement quelques larmes.
Aujourd’hui âgée de neuf ans, la fillette était présente. Lorsque sa mère s’est effondrée à la barre, elle s’est levée pour venir la prendre dans ses bras. Une scène particulièrement forte dans cette salle des assises pour mineurs qui a ensuite suspendu l’audience. “Je n’ai que mes bras pour la serrer", glisse sa mère en évoquant les moments où l’enfant réclame son père ou demande à se rendre au cimetière.
“En tant que mère, tu ne mets pas au monde un enfant pour que d’autres prennent sa vie.” C’est par ces mots que l’émotion est montée d’un cran dans la salle des assises. Près de trois ans après les faits, toute une famille est venue raconter le vide laissé par celui que la maman du défunt surnommait “Noa”. Pour rappel : “Noa ”, cet homme de 33 ans avait été retrouvé mort sur un terrain vague à Mataiea, les mains et les pieds ligotés, le visage tuméfié et recouvert d’un store en tissu. Le drame se serait noué lors d’une transaction d’ice qui aurait mal tourné, la victime étant soupçonnée d’avoir tenté de s’enfuir avec dix grammes de méthamphétamine sans les payer.
L’ex-compagne de la victime a évoqué le moment où elle a dû annoncer la mort de son père à leur petite fille, alors âgée de six ans. “Le plus dur, ça a été de l’annoncer à ma fille. Elle avait à peine six ans.” : “Je lui ai menti. Je lui ai dit qu’il était mort d’une maladie. Elle m’a répondu qu’il n’était pas malade.” Pendant plusieurs mois, elle n’a pas trouvé la force de lui révéler la vérité, témoigne-t-elle. “En octobre, je lui ai dit ce qu’il s’était réellement passé.”
Quelques instants plus tard, la jeune femme poursuit d’une voix brisée le regard tourné vers les accusés : “Leurs enfants, ils ont de la chance d’avoir leur papa. Ma fille, ce qu’elle voit aujourd’hui, c’est un mur.” Dans la salle, plusieurs jurés, ont versé discrètement quelques larmes.
Aujourd’hui âgée de neuf ans, la fillette était présente. Lorsque sa mère s’est effondrée à la barre, elle s’est levée pour venir la prendre dans ses bras. Une scène particulièrement forte dans cette salle des assises pour mineurs qui a ensuite suspendu l’audience. “Je n’ai que mes bras pour la serrer", glisse sa mère en évoquant les moments où l’enfant réclame son père ou demande à se rendre au cimetière.
“Son visage était abîmé. Même sa petite fille ne l’aurait pas reconnu”
La mère de la victime a ensuite pris la parole. Elle parle d’un fils avec lequel elle entretenait une relation très proche. “Il n’y avait pas un jour où l’on ne se parlait pas”, glisse-t-elle. Souvent, elle parle encore de lui au présent. Elle raconte son passage dans l’armée de Terre, son retour en Polynésie après que sa compagne est tombée enceinte, son humour et sa passion pour la cuisine. “Le meilleur cuisinier après ma grand-mère”, avait écrit son frère dans une lettre lue à l’audience, ce dernier étant en France.
La maman émue a raconté leur dernier échange téléphonique. “On vivait en France chez ma fille à ce moment-là. Lors de notre dernier appel la veille, je lui apprenais que nous revenions en Polynésie.” La mère à également voulu raconté le jour où elle a vu son fils à la morgue, bien qu’on le lui ait déconseillé. “Son visage était abîmé. Même sa petite fille ne l’aurait pas reconnue avec le maquillage.” Puis est tombée la phrase qui devait plonger la salle dans le silence : “En tant que mère, tu ne mets pas au monde un enfant pour que d’autres prennent sa vie.” La sœur de la victime, qui vit en métropole, a également pris la parole, les yeux rouges, souhaitant élargir le débat au fléau de l’ice. “Il faut que l’on prenne conscience que l’ice est un fléau sur notre territoire”, avant d’ajouter : “On ne peut pas ligoter une personne comme un animal au nom de l’ice.”
Plus tôt dans la journée, l’expert psychiatre était revenu sur les effets de cette drogue de synthèse. Il a rappelé que ses effets pouvaient durer jusqu’à 24 heures. Les consommateurs peuvent ressentir un fort sentiment de bien-être, une confiance excessive en eux-mêmes, mais également devenir irritables, violents et incapables de contrôler certaines pulsions. Selon lui, l’association de l’ice et du cannabis accentue encore ces effets, avec notamment des phénomènes de paranoïa.
L’ex-compagne de la victime est revenue à la barre. Déjà très éprouvée lors du premier jour d’audience lorsque des photographies du défunt avaient été montrées. Elle a expliqué avoir mis fin à leur relation lorsque celui-ci avait commencé à consommer de l’ice, en 2018.
“On va affronter quelqu’un, pas faire une transaction”
Les avocats des parties civiles ont ensuite replacé ce drame dans un contexte plus large, celui de l’explosion de la consommation d’ice en Polynésie.
“Je représente des parents qui attendent depuis près de trois ans d’être éclairés sur les circonstances qui ont entraîné la mort de leur enfant”, a plaidé l’un d’eux. “Ils attendaient des réponses. Aujourd’hui, nous avons quelques réponses.”
Pour lui, ce dossier dépasse largement le cadre d’une transaction de stupéfiants qui aurait mal tourné. “La Polynésie n’est pas le paradis sur terre. C’est aussi le siège d’une violence importante, avec l’ice qui favorise la pauvreté matérielle et intellectuelle.”
Selon l’avocate de la mère de la victime, la consommation de stupéfiants a profondément transformé la vie de la victime. “Entre le Noa d’avant et celui du 24 septembre, il y a eu l’ice.”
Revenant sur le déroulement des faits, elle s’est interrogée sur les circonstances de cette transaction. “Pourquoi trois hommes pour un client unique ? Quand vous achetez du pain, vous n’êtes pas accueilli par six boulangers.” L’avocat rappelle également la présence d’une corde, d’une barre de fer et d’un fusil de pêche évoqués au cours des débats. Avec tout ce matériel, “on va affronter quelqu’un, pas faire une transaction.” Pour lui, les protagonistes savaient que la situation risquait de déraper. “Ils se sont réunis dans cette configuration en sachant que cela allait dégénérer.” Et de pointer avec conviction : “C’est un acte commis sur un homme malade dont la drogue avait pris le contrôle. Il part avec le produit, c’est un vol, mais une vente d’ice ratée n’est pas une raison de tuer.”
Au cours des premiers jours d’audience, il avait été rappelé que la victime était impliquée dans une autre procédure judiciaire et qu’elle se trouvait sous contrôle judiciaire au moment des faits. Plusieurs témoignages avaient également évoqué ses liens avec le milieu des stupéfiants.
Mais pour les parties civiles, rien ne justifie ce qui s’est produit ce soir-là. L’expert psychiatre a résumé ce qui ressort de nombreux interrogatoires réalisés dans ce dossier : “Chacun dit : j’ai été influencé par l’autre.” Avant de conclure : “Ils se renvoient un peu la balle.”
Les réquisitions du ministère public sont attendues mardi. Les peines encourues par les accusés vont jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.
































