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Mieux comprendre : La brigade nautique, les "experts" sous-marins




PAPEETE, le 19 septembre 2016 - La brigade nautique est peu connue du grand public, mais elle est toujours sur le pont. Ces gendarmes de l'eau, contrôlent les plaisanciers sur les côtes de Tahiti. Ils participent à la sécurité des événements sur l'eau mais, surtout, ce sont eux, qui mènent les investigations sous l'eau que ce soit en mer ou dans les rivières.

C'est à Faa'a, en bord de mer, que la brigade nautique a installé ses bureaux. Le cadre de travail idéal pour ces gendarmes de l'eau. Que ce soit sur les rivières ou en mer, de jour comme de nuit, la brigade nautique (BN) est sur le pont.

La BN de Papeete est la seule unité spécialisée du commandement de gendarmerie de Polynésie française (COMGENDPF) en matière d'investigation subaquatique et de secours en mer pour l'ensemble de la Polynésie française dont la superficie est l'équivalent de l'Europe. Composée de cinq plongeurs et d'un pilote, elle patrouille sur les côtes de Tahiti. En effet, c'est elle qui est intervenue dans les recherches des corps du crash d'Air Moorea, mais aussi dans les recherches du jeune Matariki début mai. Ce sont les plongeurs de la BN qui ont retrouvé le corps du jeune homme. Une mission qui les a particulièrement marqués, "ça a été très dur, on l'a cherché. Le plus dur c'est qu'on s'est identifié, ça aurait pu être notre fils, notre cousin, neveu. Ce ne sont pas des missions faciles psychologiquement. C'est éprouvant" raconte le commandant de la BN, Frédéric Miel.

La BN exerce également son activité autour de la plaisance. "Nous sommes les gendarmes sur et sous l'eau", en effet les plongeurs de la BN font des contrôles des plaisanciers, mais ils prêtent main-forte à l'association Mata Tohora pour faire respecter les règles d'approche des baleines. Il peut aussi leur arriver de faire des contrôles sous l'eau," nous contrôlons l'activité des écoles de plongée et des plongeurs, pour voir s'ils respectent les règles de sécurité".

Les officiers de la brigade nautique exercent, par ailleurs, des missions de contrôle sur les fermes perlières, la pêche côtière et les bateaux de commerce. Ils interviennent en marge que grandes manifestations nautiques comme la compétition Billabong Pro, ou encore l'Hawaiki nui vaa'a et s'assurer que tout se déroule sans accrocs.

Il ne faut surtout pas confondre la brigade nautique et la gendarmerie maritime. La BN patrouille surtout à Tahiti et Moorea.

Tous les officiers de police judiciare qui la composent sont des plongeurs qualifiés qui savent évoluer en lagon, en mer comme en rivière ou en fleuve. Ils sont, aussi, amenés à intervenir dans les piscines privées en cas de noyade. La brigade nautique est la seule brigade de Polynésie à pouvoir faire des actes d'enquête en investigations subaquatiques. Ainsi, que ce soit en zone gendarmerie ou en zone police la BN est la seule à pouvoir intervenir. La brigade est dotée de matériels spécifiques pour faire des prélèvements, des tracés et des zones de marquage sous l'eau.

La brigade nautique travaille étroitement avec le JRCC "Joint Rescue Coordination Center" plus connu sous le nom de MRCC. "C'est en général le MRCC qui nous appelle quand ils ont besoin d'un coup de main dans les recherches en mer.", indique l'officier nautique Bernard Bastian.


Le métier de plongeur étant risqué, les membres de la brigade nautique sont soumis à des contrôles médicaux réguliers. Par ailleurs, en Polynésie ils sont amenés, tous les quatre ans, à faire un stage au Centre national d'instruction nautique d'Antibes. En métropole, ce stage doit se faire une fois par an. Par ailleurs, tous les quatre ans, les plongeurs doivent également passer une grosse visite médicale, avec toute une batterie de tests dont le résultat conditionne leur séjour et le fait qu'ils puissent continuer sur le terrain.

Par ailleurs, les plongeurs de la brigade nautique font au moins deux entraînements par semaine. Ils s'exercent aux prises de vue photo, aux interventions secours plongée. Ils sont tous formés au secourisme notamment afin de pouvoir intervenir rapidement et secourir un de leurs collègues en cas d'accident de plongée.

"Il est essentiel qu'il y ait une bonne ambiance et une complicité au sein de l'équipe. Nous dépendons tous les uns des autres, et nous devons être sûr de pouvoir compter sur l'autre en cas d'intervention, si jamais il y a un pépin", explique le commandant Miel. Et de conclure, "ici nous travaillons dans des conditions idéale, même si ce n'est pas toujours évident, une chose est sûre, pour faire notre métier, il faut aimer la mer, l'eau mais surtout être passionné."

Comment devenir Plongeur Enquêteur Subaquatique ?

Comment sont recrutés les enquêteurs subaquatiques ?

Ils sont recrutés parmi les sous-officiers et les officiers déjà en poste dans la gendarmerie et ayant moins de 35 ans au 1er janvier de l’année de formation initiale pour cette spécialisation. Ainsi pour devenir gendarme plongeur enquêteur il faut déjà être engagé dans la gendarmerie et avoir passé au moins le concours de sous-officier.

Il y a-t-il des concours à passer ?

Les gendarmes doivent présenter des épreuves de présélection et une visite médicale pour confirmer leur aptitude. Les candidats doivent passer des épreuves pratiques de nage, d'apnée et autres tests pour voir l'aisance du candidat dans l'eau.

Peut-on être formés dans n'importe quelle brigade ?

La formation se passe au centre national d’instruction nautique de la gendarmerie à Antibes. Elle dure cinq semaines et comprend une formation théorique et une formation pratique. Les gendarmes qui terminent avec succès cette formation initiale peuvent ensuite servir dans une brigade côtière ou fluviale pendant une durée d’un an et demi ou deux.

Ensuite les gendarmes doivent participer à une formation complémentaire après avoir terminé une période durant laquelle ils ont dû faire leurs preuves. Cette nouvelle formation s’étend sur quatre semaines. S’ils réussissent cette formation complémentaire, ils reçoivent le diplôme d’enquêteur subaquatique, et peuvent alors enquêter et diriger une équipe.

Composition de la brigade nautique de Tahiti

La brigade nautique de Tahiti est composée de :
6 membres dont,
5 sous-officiers plongeurs techniciens d'investigation subaquatique
1 gendarme adjoint volontaire, pilote
1 vedette de 27 pieds
2 jets ski

si vous souhaitez joindre la brigade nautique contacter le 40 80 37 00

L'officier nautique

L'officier nautique n’est pas forcément plongeur, il n’a pas besoin d’avoir fait partie de la brigade nautique. Il ne commande pas la brigade nautique, mais à plutôt une fonction de contrôle. En Polynésie, Bernard Bastian occupe cette fonction. « A l’origine, je n’ai aucune formation pour cela, nous avons été formés pendant une semaine, à l’école de plongée d’Antibes, puis après nous apprenons sur le terrain », indique-t-il.

Le rôle de l’officier nautique est d’exercer un contrôle sur leur activité, leurs entraînements, leur condition physique le matériel, leurs activités missionnelles. Il est aussi le conseiller technique auprès du colonel commandant de la gendarmerie.

L’officier nautique représente la brigade dans différentes réunions au niveau du haut-commissariat et d’autres administrations. Il a un rôle d'interface et de référent, contrôle de leur activité. « Nous sommes contrôlés, nous avons des prérogatives de plongée à respecter, nous avons du matériel qui permet de voir de récolter toutes les données de la plongée », indique le commandant Miel. « Si jamais, il y a un accident de plongée, l’officier nautique récolte les données pour l’enquête et définir s’il y a eu erreur humaine ou pas. »

Cela permet au commandant de la brigade de se concentrer sur son rôle de commandant de brigade, l'activité de plongeur au quotidien.

L’officier nautique a également pour mission de gérer la quinzaine d’embarcations de la gendarmerie sur le territoire polynésien. En effet, quelques brigades disposent de bateaux pour pouvoir intervenir sur les motus. « C’est mon rôle de gérer ces embarcations, de les mettre au bon endroit de suivre leur activité et leur entretien. »
En métropole, l’officier nautique est aussi en charge de tous les moyens spéciaux dont les chiens, les hélicos, officier nautique c’est une casquette supplémentaire sur des missions.

Tamui Tuheiava, le seul plongeur polynésien de la gendarmerie

Tamui est plongeur à la brigade nautique de Faa’a depuis 2005, soit plus de onze ans. C’est le seul plongeur local des outremers. Contrairement à ces collègues missionnés pour trois ans sur le territoire, lui est là de façon permanente. « C’est un véritable atout, confie le commandant de la brigade nautique, quand on arrive on ne connaît pas le terrain. On ne navigue pas en lagon comme on navigue sur la Loire ou en méditerranée. Il connaît le lagon et nous apprend à naviguer ici. Si jamais on a un problème en mission, on l’appelle et en fonction des informations qu’on lui donne au téléphone, il va nous donner les conseils pour nous sortir d’une passe ou d’une situation de navigation fâcheuse. »

Tam comme l’appellent affectueusement ses confrères a 37 ans et un parcours unique à la brigade nautique. « Avant la brigade nautique, je n’avais jamais plongé en bouteille. Je chassais, je faisais de l’apnée. Ça s’apprend, ce n’est pas du tout rédhibitoire pour devenir plongeur ». Farceur, il n'hésite pas à charrier ses collègues et participe à l'ambiance bon enfant qui règne dans la brigade. Dès qu'il parle de son métier en revanche, il ne rigole plus, ses yeux brillent et il devient intarissable.

Originaire de Maupiti, il est entré dans la gendarmerie un peu par hasard. En 2000, il arrive à Tahiti pour passer le concours de gendarme adjoint, il réussit et se retrouve affecté à la brigade nautique comme pilote, « c’était un contrat de cinq ans renouvelables. J’étais pilote, j’ai appris le métier petit à petit. Au début, je ne savais même pas que la BN existait. J’ai découvert le métier de plongeur au contact des plongeurs de la BN, ça m’a plu et je me suis dit -c’est ça que je veux faire ! ».


En 2004 en suivant les conseils de ses collègues plongeurs, Tam passe le concours de sous-officier avec comme objectif en tête de revenir à Tahiti pour être plongeur à la BN. « Il a eu la chance que la gendarmerie de Polynésie accepte de payer sa formation. C’est grâce à ça qu’il est à la BN depuis onze ans, sinon il aurait dû faire des missions comme nous et quitter Tahiti. Il fait partie des derniers gendarmes polynésiens à être revenu cadre outre-mer» explique le commandant Miel.

Il a le concours et est envoyé en France en école de sous-officier, "c’était une grande première. Jusque-là le plus loin que j’avais été, était Tahiti. J’ai pris l’avion pour la métropole, je n’avais jamais été aussi loin de ma vie. En plus ma femme qui, elle aussi, est gendarme, avait également passé le concours, mais n’était pas dans la même école que moi. J’étais au Mans, elle à Montluçon".

Tam a les idées fixes. En école, il demande à passer le concours pour devenir plongeur, on lui en donne l’autorisation « c’est assez rare. En école en général on ne nous laisse pas passer le concours. Il faut attendre deux, trois ans avant de pouvoir se présenter. »

« Pour moi il n’y avait pas de possibilité d’échec. J’étais venu pour devenir plongeur, et donc j’allais devenir plongeur. J’aime mon métier. J’ai la chance de pouvoir faire quelque chose qui me passionne chez moi. Bien sûr ce n’est pas la joie tous les jours, il y a des moments durs, surtout quand on sort sur des missions pour récupérer des corps. J’aime la mer, j’ai grandi dans les îles au bord de l’eau, dans l’eau. J’ai toujours été en contact avec l’eau et j’ai la chance de pouvoir travailler là sur l’eau. Je me vois mal faire autre chose que ça », s’emballe Tamui. Il a fait partie des opérations de récupération des corps du crash Air Moorea, mais a aussi participé à la recherche du jeune Matariki, décédé en mer.

La gendarmerie compte entre 150 et 200 plongeurs, il est le seul plongeur polynésien. « Je ne dis pas que c’est évident. La formation était très dure, j’ai fait tous mes stages en hiver dans de l’eau à 6,7 degrés. Ça pique un peu, surtout quand on a grandi dans une eau à 25°. Mais il suffit de savoir que ce qu’on veut et d’avoir de la volonté. Ce n’est pas impossible la preuve j’y suis arrivé

Aux jeunes qui voudraient faire ce métier, il conseille de « travailler dur, être bons à l’école et avoir de la suite dans les idées. Il faut le vouloir, mais quand on y arrive on a tout gagné. »

« J’espère être plongeur encore longtemps, faire ma carrière ici et si possible prendre ma retraite à la BN », conclut-il en souriant.

Rédigé par Marie Caroline Carrère le Lundi 19 Septembre 2016 à 20:30 | Lu 20811 fois



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