Tahiti, le 6 novembre 2026 - Plus de 300 personnes au vernissage mardi 3 novembre, près de 400 visiteurs depuis : les sept tatoueurs de Burns Tattoo Shop ne s'attendaient pas à un tel succès pour leur première exposition. Ils ont investi la petite salle de à la médiathèque de la Maison de la culture, qui fermera ses portes ce samedi à 11 heures. Un pari pour ceux qui n'avaient jamais montré leur travail en dehors du salon.
L'idée vient du patron, Paul Burns, et elle traînait depuis un moment, faute de temps pour la concrétiser. C'est en début d'année que l'équipe s'y est vraiment mise, et Teatuanui Richert-Tefaatau, apprenti arrivé il y a trois mois, est tombé en pleins préparatifs : “Ils préparaient une expo pour novembre” et “je me suis dit que c'était bien que je produise aussi”. Il s'est impliqué “à fond” et signe cinq dessins au crayon à papier et au fusain, en noir et blanc. Des dessins si réalistes qu'on pourrait à première vue les prendre pour des photos. C'est justement ce qu'il cherche : “Donner l'impression que ce n'est pas qu'un dessin”. Le fusain, il l'a découvert en regardant ce qui se fait ailleurs sur internet, puis il a expérimenté seul chez lui, porté par le noir et blanc.
Pour ses collègues, pas de course contre la montre. Reva Rey, Ateanui Bouges, Mata Tuihagi et les autres produisent en permanence, si bien que certaines des quelque 80 œuvres accrochées ont trois ans et dormaient chez eux. Deux tatoueurs en présentent une vingtaine. Tout est mélangé, sans thème, “pour qu'aucun style ne domine”, et les pastilles rouges signalent les pièces déjà vendues.
Cette liberté vient de l'atelier lui-même. Entre deux clients, ou quand un rendez-vous est annulé, les tatoueurs dessinent, puis certains se sont mis à la peinture, “tombés amoureux de ça”, dit Teatuanui Richert-Tefaatau, “et une fois que tu sais peindre, tu fais ce que tu veux”. Résultat : un manga avec des tatouages marquisiens, un crabe à tête de mort ou encore une fresque de poissons avec toujours son lot de motifs de tattoo. “Ça part un peu dans tous les sens”, sourit Teatuanui Richert-Tefaatau.
Une exposition amenée à se pérenniser
Les motifs de tatouage reviennent pourtant presque partout, sans que personne ne l'ait demandé, parce que les tatoueurs “baignent tout le temps dedans” et ils “font partie de leur monde”. Ils savent aussi où les poser, “pas bêtement, mais intelligemment”, décrit Teatuanui Richert-Tefaatau en pointant du doigt une vague qui ne révèle les motifs qu'en s'approchant.
Cette approche colle à l'esprit du salon, fondé à Tahiti en 2021 et installé en centre-ville. Du patutiki traditionnel aux compositions modernes, du réalisme aux créations sur mesure, chaque projet y est traité comme une œuvre à part entière, avec le même souci du dessin, de la technique et du respect des symboles. L'exposition en est le prolongement, hors de la peau.
Les tatoueurs, souvent pris par leurs clients, se sont relayés sur place ces derniers jours, deux ou trois à la fois, le shop n'étant pas loin. Le public a suivi, même sans intention d'acheter : les visiteurs sont “épatés” par la diversité des couleurs et des créations. Des artistes confirmés, dont Teva Victor et Cronos, sont même venus saluer le travail.
À noter : un catalogue, avec les noms des artistes, des œuvres et les prix, est disponible sur place.
Bien qu’il soit écrit que l’heure de fin est fixée à 17 heures, ce vendredi 6 novembre, les tatoueurs devraient tous être présents de 16 à 18 heures (voire plus).
Reste à savoir ce que deviendront les œuvres invendues : une partie ira décorer le shop, l'autre retournera chez ses auteurs. Pour le groupe de tatoueurs, l'idée est désormais de faire une exposition chaque année.

































