Tahiti Infos

Les syndicats de l’OPT déposent un signalement au procureur


Tahiti le 19 mars 2026 – Les organisations syndicales et les représentants du personnel du groupe OPT ont déposé un signalement au procureur de la République pour des “infractions pénales, en matière de violation du code du travail polynésien et potentiellement de détournement de fonds publics” d’un des cadres de Fare Rata. Ils dénoncent le silence de la direction.
 
Les organisations syndicales, les représentants du personnel du groupe OPT ont saisi, ce jeudi, la procureure Solène Belaouar pour des faits qu’ils estiment être “constitutifs d’infractions pénales, notamment en matière de violation du code du travail polynésien et potentiellement de détournement de fonds publics ”.
 
Ces derniers ont également fait un signalement auprès du président de la Chambre territoriale des comptes de la Polynésie française (CTC) Jean-Luc Le Mercier pour dénoncer “des pratiques irrégulières au sein de la SAS Fare Rata”.
 
Ils s’appuient en effet sur un article de Tahiti infos publié en janvier 2025 où il est indiqué que plusieurs cadres ainsi que le directeur des ressources humaines de la société Fare Rata, Christian Maraetefau, “toujours salariés à ce jour” auraient perçus des indemnités compensatrices de congés payés en violation du code du travail, qui “n’autorise cette option qu’en cas de résiliation du contrat de travail”.
 
L’article constate également que deux fonctionnaires relevant du corps d’État de l’administration de la Polynésie française (CEAPF) ont également bénéficié de ces indemnités en dépit de la règlementation.
 
Les salariés avaient d’ailleurs dénoncé cette injustice puisque leur Direction des ressources humaines leur avait demandé d’apurer leurs congés sous peine de les perdre. 

Des indemnités “en dehors de la loi”

Le syndicaliste Sapot-CSIP Moana Pihatarioe indique avoir communiqué ce signalement au président de la Chambre territoriale des comptes de la Polynésie française (CTC) : “On respecte le groupe OPT. On respecte chaque filiale et on respecte aussi le taata tahiti et le fenua donc on a déposé un courrier ce matin pour signaler ces faits qui ne sont pas normaux (…) car c’est de l’argent public.” Le syndicaliste rappelle aussi qu’après une grève de dix jours au sien du groupe de télécommunications, un protocole d’accord vient tout juste d’être signé. “On nous parle de déficit, et là, je ne sais pas combien de milliers de francs, combien de millions de francs ont été engagés. Je ne sais pas… Mais là, on a oublié les déficits.” Selon lui, la direction n’a rien fait contre ces cadres qui ont pris des décisions “contraires aux dispositions réglementaires”.
 
Après le dépôt de ces signalements, les salariés du groupe OPT attendent “une réaction de la justice”. Car, selon le représentant syndical, il n’est pas juste que ces faits “ne soient pas punis par la loi”. Il rappelle que l’OPT bénéficie de subventions du Pays en vertu d’une délégation de service public, “et aujourd'hui, avec ce genre de faits (…) tout le monde reste dans le silence, on essaie un peu de camoufler, de ne rien dire, on ferme les yeux… et on vient nous dire que le groupe est en déficit”.
 
Le secrétaire général du syndicat Sapot, Reynald Chan, rappelle que, malgré tout, les salariés du groupe fournissent volontiers “des efforts, pour notre pays, c'est normal. Parce que si on n'a plus d'entreprise, on n'a plus de travail, on ne nourrit plus sa famille”. Mais regrette que le climat social au sein du groupe OPT soit “malsain car des personnes qui nous dirigent ont enfreint la réglementation, la loi. Comment veux-tu que les salariés aient confiance en leurs dirigeants (…) qui ont enfreint la loi ? C'est difficile”. 

Rédigé par Vaite Urarii Pambrun le Vendredi 20 Mars 2026 à 05:00 | Lu 603 fois