FENUACOMMUNICATION, Fare Ute, immeuble SAT NUI BP 40160 98 713 Papeete Polynésie Française. Tel:40 43 49 49

Les secrets du tiki révélés dans une exposition au Musée de Tahiti et des îles



Mi-homme, mi-dieu, Tiki est considéré comme un héros mythologique qui a donné naissance au premier homme, mais aussi à la sculpture et au tatouage.
Mi-homme, mi-dieu, Tiki est considéré comme un héros mythologique qui a donné naissance au premier homme, mais aussi à la sculpture et au tatouage.
PUNAAUIA, le 9 septembre 2016 - Du 15 septembre au 19 mars prochain, le Musée de Tahiti et des îles dévoilera l'exposition "Tiki", qui présentera une centaine de pièces d'art liées à cette icône sacrée de la culture marquisienne. Des historiens, anthropologues, linguistes et autres spécialistes ont tenté de remonter aux origines de cet objet emblématique et de nous éclairer sur son rapport avec le héros mythologique, créateur de l'Humanité.


Le Musée de Tahiti et des îles (MTI), sous l'égide du ministère de la Culture, présentera son nouvel événement intitulé "Tiki" dans la salle d'expositions temporaires, du 15 septembre 2016 au 19 mars 2017. L'établissement culturel se propose de mettre en lumière un objet phare de l'archipel des Marquises : le tiki. Les commissaires de l'exposition, Tara Hiquily et Christel Vieille-Ramseyer, respectivement chargé des collections ethnographiques et consultante en valorisation du patrimoine, se sont entourés d'experts afin de redonner un sens à cette figure emblématique.

Chercheurs, spécialistes, universitaires et acteurs locaux de la culture marquisienne se sont penchés sur une question à la fois simple et complexe : qu’est-ce que tiki ? Le mot désigne à la fois la statue anthropomorphe, le motif dérivé généralement de la figure humaine, et dans un contexte ésotérique, le phallus rejoignant une autre dimension, mythologique cette fois, celle du premier homme, personnification du sexe masculin et de la force procréatrice : Tiki.

Cette superbe exposition posera un regard interdisciplinaire sur le tiki, figure emblématique des îles Marquises. (Photo : Danee Hazama)
Cette superbe exposition posera un regard interdisciplinaire sur le tiki, figure emblématique des îles Marquises. (Photo : Danee Hazama)
TRADITION ORALE, MOTIF ET STATUE ANTHROPOMORPHE

L'exposition et l'ouvrage qui l'accompagne (coédité par le MTI et Au Vent des îles) vont explorer les différentes acceptions du mot tiki en les déclinant autour de trois axes : tradition orale, motif et statue anthropomorphe. L’ethnologie, la linguistique, la sociologie, l’archéologie et bien d'autres disciplines sont tour à tour convoquées pour tenter de redonner du sens au tiki et apporter un éclairage sur les liens qui l’unissent à Tiki. Ainsi, une centaine d’objets issus notamment des collections du MTI seront exposés dans un contexte qui en proposera une lecture différente.

Une journée d'échanges est par ailleurs prévue le 15 septembre, à la salle Matisse de l'hôtel Méridien Tahiti, puis des conférences se tiendront tous les mois sur un thème lié à l'exposition. Pendant l'événement, les visiteurs pourront en outre assister en direct à des performances d'artistes locaux. Venez à la rencontre de l'icône sacrée de la Terre des Hommes, inspirez-vous de son mana et partez à la (re)découverte de la culture polynésienne. Dominique Schmitt

Théano Jaillet, directrice du Musée de Tahiti et des îles
"Le thème du tiki est bien complet et plus complexe que ce nous pensions au début"


Quelle est la genèse de ce projet d'exposition ?
Après l'exposition "Mata Hoata - Arts et société aux îles Marquises", qui a eu lieu l'année dernière au Musée du Quai Branly (du 12 avril au 24 juillet 2015, ndlr) et dont nous étions au courant trois ans auparavant, puis le Festival des arts des Marquises (qui s'est tenu à Hiva Oa, du 15 au 19 décembre 2015, ndlr), nous souhaitions faire un lien, créer un pont entre ces deux événements. C'est pour cette raison que j'ai demandé à Tara Hiquily, l'un des deux commissaires de l'exposition "Tiki, d'en réaliser une nouvelle, sur le thème de son choix, mais toujours lié aux Marquises. Finalement, il a opté pour travailler sur le ti'i ou tiki, car c'est un sujet qui le passionne et pour lequel il a consacré beaucoup de recherches. Pour des questions de calendrier, nous n'avons pas pu tenir la date entre les deux autres événements comme nous le voulions. Nous avons donc préféré attendre que les 19 objets d'art issus de nos collections et prêtés à Paris reviennent afin de préparer tranquillement notre projet, bien qu'il mûrisse donc depuis fort longtemps. Les Marquises ont le vent en poupe, alors nous profitons de cette mise en lumière pour surfer sur la vague et montrer ce que nous avons de plus beau. Le thème du tiki qu'a choisi Tara Hiquily est bien complet et il s'est même avéré plus complexe que ce nous pensions au début. En effet, le tiki est absolument partout dans l'art marquisien et il a fallu faire une sélection.

D'où proviennent justement la centaine d’objets ?
La majorité des pièces présentées proviennent des collections du Musée de Tahiti et des îles ; certaines se trouvaient dans nos réserves et n'ont même jamais été dévoilées au grand public, d'autres seulement quelque fois à l'occasion d'expositions temporaires. Nous avons retenu les objets les plus caractéristiques par rapport aux thèmes développés dans les différentes sections de l'exposition. Un collectionneur privé nous a prêté aussi quelques objets, ainsi que la commune de Ua Huka, dans l'archipel des Marquises.

Sur quels critères ont été sélectionnés les objets présentés ?
Tara Hiquily a choisi ceux qui correspondent le mieux au discours développé. Il y a ceux qui sont très beaux et qui ont une histoire, c'est toujours intéressant d'avoir des objets bien documentés ; et il y a en outre ce qui sont remarquables de par leurs motifs, leur aspect ancien, etc.

Quelles sont les tiki qui ont la plus grande valeur ?
Le fameux grand et rare tiki en bois (2,29 mètres, ndlr) a une très grande valeur patrimoniale, car il apparaît sur des photos des débuts de la Société des études océaniennes (la SEO a été fondée en 1917, ndlr) et qu'il n'a jamais été vu dans la salle d'expositions temporaires tellement c'est compliqué de le déplacer. Nous avons aussi plein de petits objets qui sont très beaux, mais dont la valeur est estimée uniquement pour les assurances, mais dont ne saurions dire combien ils sont vraiment précieux. Il y a également le tambour (pahu, ndlr) qui est parti au Musée du Quai Branly ; il vient tout juste d'être restauré et son fût sculpté est magnifique. D'autres ne sont pas forcément très anciens, mais possèdent déjà une facture très belle et ont une belle histoire… En fin de compte, nous avons plein d'œuvres qui auraient une valeur inestimable sur le marché de l'art, mais la question ne se pose pas car ce sont des collections de musée qui ne seront jamais revendues.

"L'intérêt de cette exposition est d'offrir la synthèse des sources et des ouvrages relatifs au tiki"

Combien d'experts ont planché sur le sujet ?
Il y a environ une vingtaine de personnes qui ont travaillé de concert pour l'exposition et le catalogue, dont une quinzaine de spécialistes. Ce sont des archéologues, des anthropologues, des historiens, des linguistes, d'origine polynésienne bien sûr, mais aussi de métropole et des États-Unis. Certains experts ont déjà étudié le tiki et d'autres non, ce qui a le mérite d'apporter un autre regard, différent.

Qu'ont-ils appris de leurs recherches ?
Ce que j'ai retenu pour ma part, c'est qu'il y a pas mal d'idées reçues, parfois reprises d'ouvrage en ouvrage. Or, lorsqu'on remonte aux sources, on s'aperçoit parfois que ce qui a été rapporté ou véhiculé par certains auteurs depuis longue date n'est pas juste, ou qu'il faut y apporter des nuances. Par exemple, on disait souvent que le gros ornement d'oreille (haakai ou hakakai, ndlr) était destiné aux hommes, mais un explorateur a rapporté le contraire lors de son arrivée aux îles Marquises ; mixte, il se porterait aussi bien par la gent masculine que par les femmes… Nous ne sommes jamais sûrs de ce qui s'est passé avant l'arrivée des Européens, certaines traditions orales ayant disparu. L'intérêt de cette exposition est justement d'offrir la synthèse des sources et des ouvrages relatifs au tiki pour pouvoir faire des comparaisons et recouper les informations.

Un ouvrage éponyme sera également en vente prochainement ?
Le tiki apparaissait souvent sur des catalogues lors de nos expositions ponctuelles. Là, c'est la première fois qu'il y a une exposition consacrée à la statue anthropomorphe marquisienne et son utilisation en tant que motif, c'est pourquoi nous avons un livre en préparation, coédité par le Musée de Tahiti et des îles (MTI) et Au Vent des îles. Il sera disponible en décembre à la vente au MTI, aux éditions Au Vent des îles et dans les librairies, et vous pouvez d'ores et déjà le commander au MTI par souscription.

L'exposition voyagera-t-elle dans les îles ou en métropole ?
Nous avons d'ores et déjà en cours le site dématérialisé de l'exposition, afin d'offrir un portail aux personnes qui n'ont pas eu la chance d'être à Tahiti et de découvrir les objets sur la Toile. Ils pourront ainsi consulter le cartel des œuvres (le panonceau ou la petite étiquette sur laquelle apparaît la légende, ndlr) et le site sera enrichi au fur et à mesure. Par ailleurs, la présence de spécialistes de divers horizons sur cette exposition permettra probablement une ouverture sur d'autres manifestations et des échanges comme nous le faisons de notre côté. Nous pourrions prêter quelques-unes de nos œuvres aux musées qui le souhaitent afin de compléter leurs expositions en s'adaptant aux objets présentés. Propos recueillis par Dominique Schmitt

Journée d'échanges et conférences

Jeudi 15 septembre, une journée d'échanges se tiendra à la salle Matisse de l'hôtel Méridien Tahiti. Par ailleurs, tous les mois jusqu'en mars 2017, une conférence animée par des spécialistes sera organisée autour d'un thème lié à l'exposition.

9 heures : accueil marquisien par le groupe Toa Huhina
9h15 : mot de Bienvenue
Stéphane Martin, directeur du Musée du Quai Branly - Jacques Chirac
Heremoana Maamaatuaiahutapu, ministre de la Culture
9h25 : présentation de la journée
Théano Jaillet, directrice du Musée de Tahiti et des îles - Te Fare Manaha
9h30 : Stéphane Martin - Retour sur l'exposition Mata Hoata
9h45 : Nestor Ohu, maire de Ua Huka - Musée Te Tumu de Ua Huka
10 heures : Georges Teikiehuupoko - Académie marquisienne
10h15 : questions
10h30 : pause
10h45 : Hélène Guiot - Tiki et Maui
11 heures : Bruno Saura - Ti'i ou Tiki, premier humain dans les mythes polynésiens
11h15 : Edgar Tetahiotupa - Tiki, membre viril - Donnée ou évidence cachée, ou encore évidence révélée ?
11h30 : Michael J. Koch - Femmes, Tiki et le mythe de l'inceste
11h45 : questions
Midi : pause déjeuner
14 heures : Pierre et Marie-Noëlle Ottino-Garanger - Les tiki de Iipona - La diversité des positions et aspects des tiki dans l’art marquisien
14h30 : Teiki Huukena - La lecture du tiki dans le pétroglyphe, la sculpture et le tatouage
14h45 : questions
15 heures : pause
15h15 : Carol Ivory - Marquises : le contact et les changements qui en ont résulté sur l’objet Tiki
15h30 : Tara Hiquily - Origine du tiki ?
15h45 : débat et questions
16h30 : clôture

Infos pratiques

Du 15 septembre 2016 au 19 mars 2017
Musée de Tahiti et des îles, Punaauia
Ouvert tous les jours (sauf le lundi), de 9 à 17 heures
Entrée libre pour les étudiants et les moins de 18 ans
Tarifs : 800 Fcfp/pers. pour l'exposition "Tiki" ; 1 000 Fcfp pour l'entrée "all access" (exposition "Tiki" + collections du Musée de Tahiti et des îles)
Groupes à partir de dix personnes : 700 Fcfp/pers. ; 900 Fcfp pour l'entrée "all access"
Contact : 40 54 84 35
Site : www.museetahiti.pf
Facebook : Musée de Tahiti et des îles – Te Fare Manaha





Commentaires

1.Posté par ldpdt le 11/09/2016 17:56 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Ce qu'il est désagréable d'être obligé d'aller si loin pour voire ces magnifiques expositions, avec cette route dangereuse où presque tous les jours il y a un accident. Et pour les touristes quel problème et perte de temps .
Mais qu'attend donc le territoire pour remplacer cette affreuse structure de Toata par un magnifique bâtiment qui contiendrait ce musée , une salle de spectacle, des parqings, une allée commerciale permanent pour artisans, une magnifique terrasse avec restaurants etc.....Et Toata ? : la reconstruire sur le terrain du musée. Pour le peut de fois que cela sert, les gens vont bien jusque la bas pour d'autres représentations
Pas de sous!.... comment ça , et ces investisseurs locaux qui veulent placer leur argent au Mahana beach, et les Chinois, et puis pourquoi pas lancer une recherche d'investisseurs. Aller Président et Ministres concernés réfléchissez et décidez vous.

2.Posté par simone grand le 12/09/2016 09:37 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

ne pas oublier que les tikis ne commencèrent à être maléfiques que dans les discours missionnaires. ET comme ceux-ci furent très actifs à salir la mémoire polynésienne; je vois que certains continuent à les croire et à ne pas faire la différence entre l'Evangile et leurs remarques sur une population qui les accueillit et les nourrit.

Signaler un abus

Sports | SportLive | Parau Ha'uti | OPEN | La video de la semaine | En exclu sur TAHITI INFOS | Faire-parts | Décès | Mieux comprendre | La tribune politique | Expression libre | CCISM | Le savez-vous? | SERVICES | Archives | TIFO, la monarquenovela | programme TV | Evènement | Observatoire des Prix | Tiki